Kenya: Un groupe de soutien pour personnes VIH-positives trouve le succès grâce à un projet d’aviculture (par Sawa Pius, pour Agro Radio Hebdo au Kenya)
Date publiée: 12 décembre 2011
Roselyne Rajwero a vécu heureuse avec sa famille durant de nombreuses années. Mais en 2003, elle a perdu son mari suite à une maladie liée au sida. Elle ne connaissait pas son propre statut vis-à -vis du VIH. Après le décès de son mari, elle a décidé d’aller se faire tester. On a trouvé qu’elle était VIH-positive. L’hôpital lui a conseillé de commencer à prendre des médicaments antirétroviraux (ARVs).
Mme Rajwero a complètement perdu espoir. Sa vie est devenue encore plus pénible quand les gens de sa communauté ont appris qu’elle était VIH-positive. Elle explique: « Ma vie n’a plus jamais été la même. J’ai subi la stigmatisation peu de temps après que mon test VIH est revenu positif. » Mme Rajwero fait de l’agriculture à petite échelle dans le district de Samia, près de la frontière Kenya-Ouganda.
Mme Rajwero pensait qu’elle était la seule personne de sa communauté à prendre des ARVs. Mais un jour, elle a rencontré certains de ses voisins à l’hôpital, alors qu’ils venaient chercher leurs médicaments. Quand elle a réalisé que ses voisins vivaient des difficultés similaires, elle a décidé de former un groupe. Bien qu’elle trouvât qu’approcher les voisins était une tâche difficile, un jour, elle en a trouvé le courage. Ils se sont baptisés Groupe de Soutien Vumilia. Vumilia est un mot swahili qui veut dire « soit patient ».
Avec le temps, le groupe s’est agrandi jusqu’à compter 27 membres. Ils on commencé à générer des revenus par le biais de différentes activités. Une de leurs premières activités consistaient travailler à la pièce pour d’autres agriculteurs. Ils gagnaient de l’argent grâce à leurs emplois en agriculture mais cela nécessitait beaucoup d’énergie de leur part.
Le temps a passé et le groupe a épargné assez d’argent pour démarrer un projet avicole. Mme Rajwero dit: « Nous avons constaté que notre niveau d’énergie baissait, alors, en 2007, nous avons démarré un projet avicole et décidé d’abandonner l’idée de travailler dans [les] fermes des gens et de nous concentrer sur l’aviculture. »
Les membres élèvent des poulets de façon collective, dans une aire commune. Chaque membre apporte à manger pour les poulets. Les poulets exotiques ou hybrides sont nourris au kale et au maïs. Les poulets locaux sont soumis au système de stabulation libre. Les membres se partagent un certain nombre d’Å“ufs pour les consommer chez eux, et ils vendent d’autres Å“ufs qui sont payés en argent comptant.
La stratégie d’affaires du groupe consiste à vendre les poulets en décembre. Les prix sont alors très hauts, vu que c’est la période des fêtes. Les membres se partagent une partie de l’argent venant de la vente des poulets, pour acheter des choses pour Noël.
Le Groupe de Soutien Vumilia se rend aussi dans d’autres villages. Les membres encouragent les femmes à aller faire le test du VIH afin qu’elles puissent commencer à prendre des médicaments dans les meilleurs délais, si elles sont VIH-positives. Elle ajoute que le nombre de membres, dans le groupe, demeure 27. Quand un membre meurt, un nouveau membre est recruté.
Mme Rajwero dit que, bien que les membres améliorent leur qualité de vie, ils font encore face à des difficultés. Il n’est pas facile de maintenir un bon régime alimentaire pour toute la famille, tout en suivant une thérapie ARV et en trouvant le temps de gagner de l’argent. Elle ajoute: « Quand mes enfant finiront l’école primaire, ils resteront à la maison parce que je n’ai pas d’argent pour les envoyer à l’école secondaire. »



13 décembre 2011 à 2:52
D’abord il faut reconnaître que le facteur qui ralentit la prévention au VIH est beaucoup plus le regard et les causeries basses de l’entourage. Mais la vie est privée avant d’être collective. Que les individus aient le courage de braver les médisances des personnes qui ne savent souvent pas que est leur statut sérologique. Bravo à Roselyne. Elle est l’expression formidable du combat que doit mener une PVVIH pour briser le ycle de l’incapacité, de la mendicité et de la mort comme conséquence. Son action a sauvé plusieurs autres PVVIH. Plus nombreux, on est toujours plus fort.
17 décembre 2011 à 5:58
Courage a tous qui aujourd’hui se font tester pour connaitre leur statut serologique.
A nos en afrique la medisance, la peur de qu’en dira t-on, de que faire si je suis porteur, contribuent enormement a la propagation du vih et a la mort lie au sida. Merci Sawa pur cette contribution. C’est un pas en avant et encourage les personnes vivant avec le vih.