Kenya: Les petits agriculteurs sont satisfaits de l’agriculture biologique (par Pius Sawa pour Agro Radio Hebdo au Kenya)
Date publiée: 30 avril, 2012
Quand Michael Gitau travaillait en tant qu’ingénieur à Nairobi, il n’avait aucun intérêt pour l’agriculture. Après vingt ans de travail, il pensait avoir assez d’argent pour nourrir sa famille et éduquer ses enfants. Mais après la retraite, cet homme de 70 ans qui vit à Gatundu, dans le centre du Kenya, trouvait que sa pension n’était pas suffisante pour supporter sa famille. Il voulait rester actif après la retraite et se disait que l’agriculture serait une bonne activité génératrice de revenus.
Il explique: « Je cultive des bananes, des ananas, des courges musquées, des citrouilles, des aubergines et des légumes comme le poivron vert, les épinards et le chou. C’est aussi mon entreprise parce que c’est en vendant mes produits que j’arrive à payer mes repas et mes dépenses quotidiennes. »
Mais la ferme de M. Gitau est quelque peu différente de beaucoup d’autres fermes. Il pratique l’agriculture biologique et est certifié par l’ENSET, un organisme de certification africain basé à Nairobi. Il a une parcelle d’un hectare, qui comprend un petit espace boisé. M. Gitau dit que l’agriculture biologique est meilleure que l’agriculture conventionnelle, car il n’a pas besoin d’utiliser de produits chimiques. Il peut faire son propre compost. Il croit aussi que les produits biologiques gardent le corps sain et réduisent les risques de maladie.
Ses principaux acheteurs sont les hôtels et les organisations internationales comme l’ICIPE, qui achètent des produits biologiques pour des ateliers et des formations. Il dit: « Elles me payent bien. C’est d’elles que je reçois de l’argent pour éduquer mes enfants et régler mes problèmes à la maison. »
Samuel Ndungu est conseiller pour le développement du marché national du Réseau de l’agriculture biologique au Kenya. Il dit que la hausse de la demande mondiale pour les produits biologiques dans le monde a créé des opportunités pour les petits agriculteurs du Kenya. On estime que 12 000 agriculteurs sont impliqués dans la production biologique certifiée et l’exportation, tandis que quelques 200 000 autres agriculteurs cultivent des denrées pour le marché intérieur.
Selon M. Ndungu, les Kenyans ont de plus en plus envie d’acheter des produits biologiques et tous les vendeurs de produits agricoles veulent commencer une section organique dans leur boutique. Le secteur biologique du Kenya est évalué à 10,5 millions de dollars par an, la plupart des produits biologiques étant destinés à l’Europe. Le marché intérieur a une valeur d’environ un million de dollars par an.
Cela fait presque six ans que M. Gitau a reçu la certification biologique. Il dit qu’il gagne deux fois plus que ce qu’il obtenait avec l’agriculture conventionnelle. Il dit : « Si le prix est bon pour le produit, de quoi d’autre avez-vous besoin? Pourquoi avez-vous besoin d’un emploi? »
M. Gitau est également le président de la Central Organic Farmers and Consumer Organization. L’organisation compte plus de 5000 membres agriculteurs à petite échelle, répartis en 28 groupes. Afin de maintenir l’offre tout au long de l’année, les agriculteurs cultivent la terre par intervalles, de sorte que lorsque certaines cultures sont récoltées, d’autres arrivent à maturité, tandis que d’autres sont plantées.
Les agriculteurs de l’organisation sont heureux de gérer une entreprise d’agriculture biologique. Ils ont éliminé les intermédiaires afin de faire le maximum de profits. M. Gitau dit qu’autrefois certains agriculteurs de l’organisation faisaient de la recherche d’emploi. Mais maintenant, beaucoup de ces agriculteurs sont retournés à leurs petites parcelles et comptent sur l’agriculture biologique pour gagner leur vie.


