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Kenya: Les petits agriculteurs sont satisfaits de l’agriculture biologique (par Pius Sawa pour Agro Radio Hebdo au Kenya)

Quand Michael Gitau travaillait en tant qu’ingénieur à Nairobi, il n’avait aucun intérêt pour l’agriculture. Après vingt ans de travail, il pensait avoir assez d’argent pour nourrir sa famille et éduquer ses enfants. Mais après la retraite, cet homme de 70 ans qui vit à Gatundu, dans le centre du Kenya, trouvait que sa pension n’était pas suffisante pour supporter sa famille. Il voulait rester actif après la retraite et se disait que l’agriculture serait une bonne activité génératrice de revenus.

Il explique: « Je cultive des bananes, des ananas, des courges musquées, des citrouilles, des aubergines et des légumes comme le poivron vert, les épinards et le chou. C’est aussi mon entreprise parce que c’est en vendant mes produits que j’arrive à payer mes repas et mes dépenses quotidiennes. »

Mais la ferme de M. Gitau est quelque peu différente de beaucoup d’autres fermes. Il pratique l’agriculture biologique et est certifié par l’ENSET, un organisme de certification africain basé à Nairobi. Il a une parcelle d’un hectare, qui comprend un petit espace boisé. M. Gitau dit que l’agriculture biologique est meilleure que l’agriculture conventionnelle, car il n’a pas besoin d’utiliser de produits chimiques. Il peut faire son propre compost. Il croit aussi que les produits biologiques gardent le corps sain et réduisent les risques de maladie.

Ses principaux acheteurs sont les hôtels et les organisations internationales comme l’ICIPE, qui achètent des produits biologiques pour des ateliers et des formations. Il dit: « Elles me payent bien. C’est d’elles que je reçois de l’argent pour éduquer mes enfants et régler mes problèmes à la maison. »

Samuel Ndungu est conseiller pour le développement du marché national du Réseau de l’agriculture biologique au Kenya. Il dit que la hausse de la demande mondiale pour les produits biologiques dans le monde a créé des opportunités pour les petits agriculteurs du Kenya. On estime que 12 000 agriculteurs sont impliqués dans la production biologique certifiée et l’exportation, tandis que quelques 200 000 autres agriculteurs cultivent des denrées pour le marché intérieur.

Selon M. Ndungu, les Kenyans ont de plus en plus envie d’acheter des produits biologiques et tous les vendeurs de produits agricoles veulent commencer une section organique dans leur boutique. Le secteur biologique du Kenya est évalué à 10,5 millions de dollars par an, la plupart des produits biologiques étant destinés à l’Europe. Le marché intérieur a une valeur d’environ un million de dollars par an.

Cela fait presque six ans que M. Gitau a reçu la certification biologique. Il dit qu’il gagne deux fois plus que ce qu’il obtenait avec l’agriculture conventionnelle. Il dit : « Si le prix est bon pour le produit, de quoi d’autre avez-vous besoin? Pourquoi avez-vous besoin d’un emploi? »

M. Gitau est également le président de la Central Organic Farmers and Consumer Organization. L’organisation compte plus de 5000 membres agriculteurs à petite échelle, répartis en 28 groupes. Afin de maintenir l’offre tout au long de l’année, les agriculteurs cultivent la terre par intervalles, de sorte que lorsque certaines cultures sont récoltées, d’autres arrivent à maturité, tandis que d’autres sont plantées.

Les agriculteurs de l’organisation sont heureux de gérer une entreprise d’agriculture biologique. Ils ont éliminé les intermédiaires afin de faire le maximum de profits. M. Gitau dit qu’autrefois certains agriculteurs de l’organisation faisaient de la recherche d’emploi. Mais maintenant, beaucoup de ces agriculteurs sont retournés à leurs petites parcelles et comptent sur l’agriculture biologique pour gagner leur vie.

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Afrique du Sud: Les petits agriculteurs défendent les systèmes de semences traditionnelles (IPS)

Selinah Mncwango ouvre un grand sac en plastique et en sort plusieurs petit sachets. Chacun contient un type différent de semences : sorgho, haricot, courge et maïs. Les semences sont sa fierté, sa richesse, et le « pilier de ma famille », affirme l’agricultrice du KwaZulu-Natal, une région de l’est de l’Afrique du Sud.

Âgée de soixante-cinq ans, Mme Mncwango vient d’une famille de petits agriculteurs du village d’Ingwawuma. Les cultures qu’elle fait pousser aujourd’hui proviennent de semences qui ont été transmises de génération en génération. D’autres semences proviennent d’échanges avec les agriculteurs de son voisinage. Elle dit : « Mes semences sont très importantes pour moi. J’espère que je ne verrai jamais le jour où je devrai acheter des semences dans un magasin. » Ses cinq enfants et huit petits-enfants dépendent en grande partie de ses récoltes.

Mme Mncwango est parfaitement consciente que la conservation, le stockage et l’échange de semences favorisent la diversité des cultures, sont plus économiques, et offrent aux petits exploitants un filet de sécurité en cas de mauvaises récoltes. Mais elle estime que les politiques de son gouvernement conduiront à la fin des méthodes traditionnelles d’agriculture et de conservation de semences. Elle explique : « Le gouvernement ne cesse de nous imposer des semences. Nous préférerions avoir un appui en termes de matériel agricole et un meilleur accès aux marchés. »

Les agriculteurs comme elles disent au gouvernement qu’ils ne veulent pas les semences qu’on leur donne. Mais elle ajoute : «… ils n’écoutent tout simplement pas. »

Rachel Wynberg est analyste des politiques à l’Unité d’évaluation environnementale de l’Université du Cap, en Afrique du Sud. Elle dit: « Le secteur est dominé par les entreprises de semences commerciales et industrielles faisant de la grande production agricole. » Elle estime que les petits agriculteurs ont été systématiquement chassés du système par ceux qui placent le profit avant la sécurité alimentaire et la biodiversité. Elle ajoute : « Il y a une mauvaise compréhension des droits des petits agriculteurs. Les pratiques agricoles traditionnelles ont donc été érodées au fil des décennies. »

En 2006, l’Organisation des Nations Unies a élaboré un traité international pour protéger les connaissances autochtones des agriculteurs, les récompenser pour leur contribution au maintien de la diversité des cultures, assurer leur participation à la prise de décisions concernant les ressources génétiques, et garantir leur droit de conserver, d’utiliser, d’échanger et de vendre les semences. Cependant, l’Afrique du Sud et de nombreux autres États africains membres de l’ONU n’ont pas signé le traité.

Rachel Wynberg poursuit : « Le cadre politique de l’Afrique du Sud sur les droits des agriculteurs n’est pas clair. Les programmes commerciaux qui sont promus contredisent et sapent les pratiques agricoles traditionnelles. » Selon Wynberg, le soutien du gouvernement aux petits agriculteurs manque de moyens financiers, manque de ressources humaines et ignore souvent les besoins des agriculteurs.

Les petits agriculteurs sont d’accord avec ça. Mme Mncwango est consternée par que le fait que le gouvernement sud-africain veuille les écarter. Elle s’indigne : « Le Ministère de l’Agriculture vient régulièrement donner des ateliers. Il distribue des semences GM et hybrides et nous dit de jeter nos semences traditionnelles. »

Selon Mncwango, les agriculteurs se rendent souvent compte trop tard que les semences génétiquement modifiées ne peuvent pas être sauvegardés pour la saison suivante, et qu’elles contaminent les semences traditionnelles. Les agriculteurs ont dû apprendre à leurs dépends que les semences hybrides sont de qualité inférieure. Elle dit : « Elles ne se conservent pas bien, pourrissent facilement et ont une moindre valeur nutritionnelle. »

Le département de l’Agriculture d’Afrique du Sud nie ces accusations. Julian Jaftha est directeur du département des ressources génétiques. Il dit : « Le remplacement de semences traditionnelles par des variétés commerciales n’est pas une politique officielle du gouvernement. » Il dit que le Ministère de l’Agriculture prend en charge les méthodes agricoles traditionnelles et commerciales.

M. Jaftha reconnaît cependant que la politique nationale n’a pas toujours été mise en œuvre correctement. Il dit: « Malheureusement, il arrive qu’au niveau provincial les agriculteurs n’aient pas le choix. Nous savons qu’il y a encore beaucoup de travail à entreprendre. »

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Cameroun: Les agriculteurs ne se laissent pas affecter par les faibles précipitations (IPS)

Olivier Forgha Koumbou lave des carottes fraîchement cueillies dans un petit ruisseau et les mange avec délectation. Son exploitation agricole, située dans le nord-ouest du Cameroun, semble être un miracle, vu que tant de légumes ont flétri et sont morts dans les fermes environnantes.

Il y a eu quelques précipitations ici au début mars, mais elles n’ont pas été suffisantes pour empêcher les cultures de mourir. Les méthodes traditionnelles d’irrigation ont échoué en raison des faibles précipitations. Cette année, la région a reçu seulement une fraction des précipitations qu’elle reçoit normalement.

Tembene Tangwan est un agriculteur de 43 ans; il dit que sa ferme lui a fait faux bond cette année. En raison des faibles précipitations, il ne peut pas utiliser sa méthode habituelle pour irriguer ses cultures. Il explique : « Nous avions l’habitude d’acheminer de l’eau de zones plus en hauteur vers nos fermes, et nous utilisions des arroseurs pour l’irrigation. Mais maintenant, les sources d’eau tarissent, et la basse pression dans le système ne permet pas d’acheminer l’eau dans les tuyaux. Nous ne pouvons que prier pour que la saison des pluies revienne. »

Mais son voisin de 32 ans, M. Koumbou, ne fait pas que prier. M. Koumbou a commencé à récupérer l’eau de pluie. Il explique : « J’ai découvert que, durant la nuit, le volume d’eau est en hausse dans les cours d’eau des alentours. J’ai donc acheté des conteneurs pour stocker l’eau et le soir mes ouvriers agricoles m’aident à la collecter. L’eau est ensuite utilisée pendant la journée, pour irriguer les cultures. »

D’autres agriculteurs commencent maintenant à suivre ses méthodes. Christopher Neba en est un exemple. « C’est le seul moyen de s’en sortir, dit-il. »

M. Koumbou cultive des légumes depuis maintenant 25 ans. Sa mère l’a initié à l’agriculture à un jeune âge. Il se souvient : « Lorsque j’avais sept ans, j’ai commencé à accompagner mes parents à la ferme. Je suis resté agriculteur depuis. »

Aujourd’hui, il fait des bénéfices moyens annuels d’un peu moins de 5000 dollars américains. Il s’attend à faire de meilleurs profits cette année. Il explique : « Vu que de nombreux agriculteurs ont perdu espoir et ont abandonné leurs fermes, les prix vont augmenter considérablement cette année, ce qui signifie plus de profits pour moi. Je compatis avec mes voisins, mais c’est ainsi que sont les choses pour le moment. »

Cletus Awah est le délégué régional de la région nord-ouest pour l’agriculture. Il considère que les pénuries d’eau résultent de pratiques agricoles imprudentes. Il explique: « Nous avons dit aux agriculteurs de délimiter leurs terres à au moins 15 mètres d’une source d’eau. Mais très souvent, la ferme se trouve directement sur le lit des rivières, détruisant la végétation qui protège ces sources d’eau … ainsi, les niveaux d’eau vont inévitablement chutés. »

M. Awah croit que le problème de l’approvisionnement en eau -qui se fait de plus en plus rare- se règlera quand les agriculteurs commenceront à protéger leurs sources d’eau. Il ajoute : « Les agriculteurs doivent immédiatement cesser de mener des activités agricoles trop près des cours d’eau, des ruisseaux ou des zones humides. »

M. Koumbou a répondu à l’appel et admet que les agriculteurs ont leur part de responsabilité dans l’assèchement des sources d’eau. Il dit : « Nous avons découvert que les terres marécageuses d’ici étaient si fertiles que nous les avons cultivées sans penser aux conséquences. Peu à peu, l’eau s’est retirée, et maintenant nous en payons le prix. Cette année, je n’ai pas cultivé la terre marécageuse située sur ma ferme, et c’est pourquoi j’ai encore un peu d’eau. »

Le département régional de l’agriculture soutient que la collecte des eaux de pluie est une solution à court terme. M. Awah explique : « Étant donné que c’est une question urgente, nous prévoyons construire des installations de stockage d’eau de sorte que la petite quantité d’eau disponible puisse être collectée, stockée, et mise à la disposition des agriculteurs pour l’irrigation de leurs cultures. » Il ajoute qu’une stratégie à long terme est de planter des arbres qui puissent aider à protéger les sources d’eau.

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Notes aux radiodiffuseurs sur l’agriculture biologique

Il est bien connu que l’agriculture biologique n’utilise pas des intrants comme les engrais chimiques ou les pesticides. En outre, les agriculteurs bio utilisent des pratiques qui respectent la santé et la dignité des animaux, et maximisent l’utilisation des ressources de la ferme afin de maximiser la fertilité des sols et le contrôle naturel des ravageurs.

Beaucoup d’agriculteurs d’Afrique cultivent des denrées alimentaires biologiques, tout simplement parce qu’ils n’ont pas accès à des intrants non-organiques ou ne peuvent pas se permettre d’en acheter. Cependant, certains agriculteurs produisent de manière biologique par choix: ils ne veulent pas utiliser de produits chimiques sur leurs sols et leurs plantes, et croient que l’agriculture biologique est moins néfaste pour l’environnement naturel. Beaucoup pensent que les produits biologiques ont meilleur goût et sont plus sains. Des alternatives aux produits chimiques existent. Bon nombre d’entre elles ne coûtent pas cher et sont faciles à produire à partir de matériaux souvent disponibles autour des maisons. Des exemples incluent les pulvérisations contre les ravageurs faites à base de savon ou de piment, et le fumier animal ou le compost comme alternatives aux engrais chimiques. Lorsqu’ils utilisent ces méthodes en combinaison avec d’autres pratiques biologiques, de nombreux agriculteurs constatent qu’ils n’ont plus besoin d’intrants chimiques pour obtenir de bons rendements.

Pour de plus amples informations sur l’agriculture biologique en Afrique, visitez le site Web de l’International Federation of Organic Agriculture Movement: http://www.ifoam.org/about_ifoam/around_world/aosc_pages/Key_statistics_on_OA_in_Africa.html

Cette brochure en format pdf présente des informations pour les organisations paysannes désireuses d’entrer sur le marché d’exportation des produits biologiques: http://www.agromisa.org/index.php?PageId=141&PerformAction=ShowDetail&RecordId=336

Certains pays d’Afrique australe et de l’ouest ont des organisations d’agriculture biologique et des réseaux auprès desquels vous pouvez obtenir de plus amples renseignements et des contacts:

Afrique australe : http://www.africanorganics.org/progsum.html

Kenya : http://www.koan.co.ke/

Tanzanie : http://www.kilimohai.org/

Zambie : http://www.oppaz.org.zm/

Ouganda : http://www.nogamu.org.ug/

Namibie : http://www.noa.org.na/

Pour avoir une liste des organisations affiliées à la Fédération internationale des mouvements d’agriculture biologique, classées par pays, voir : http://www.ifoam.org/organic_world/directory/index.html

Vous pouvez aussi vous référer aux textes radiophoniques suivants, publiés par Radios Rurales Internationales, au sujet de l’agriculture biologique et des pratiques connexes :

-Du thé pour le sol: comment le fumier à base de « thé » nourrit le sol (Pochette 91, Numéro 3, juillet 2010) http://farmradio.org/francais/radio-scripts/91-3script_fr.asp

-Améliorer le fumier pour faire un meilleur engrais (Pochette 91, Numéro 7, juillet 2010) http://farmradio.org/francais/radio-scripts/91-7script_fr.asp

-Les agriculteurs peuvent gagner un revenu en produisant du compost Pochette 80, Numéro 3, mars 2007) http://farmradio.org/francais/radio-scripts/80-3script_fr.asp

-Un agriculteur kenyan utilise des méthodes de culture biologique (Pochette 75, Numéro 7, juin 2005) http://farmradio.org/francais/radio-scripts/75-7script_fr.asp

-Une tranchée de fertilité conserve l’eau dans les sols secs (Pochette 44, Numéro 1, avril 1997) http://farmradio.org/francais/radio-scripts/44-1script_fr.asp

L’agriculture biologique est un sujet débattu avec passion entre les agriculteurs, les chercheurs et les consommateurs. Vous pourriez transposer certains aspects de ce débat à une émission de radio, et peut-être aussi organiser une table ronde ou une émission questions et réponses. Invitez des personnes qui représentent une variété de points de vue, par exemple, un agriculteur biologique, un agriculteur qui pratique l’agriculture conventionnelle, un commerçant, un employé d’ONG ou un chercheur agricole. Renseignez-vous sur les avantages qu’il y a à être certifié en tant qu’agriculteur biologique, mais assurez-vous d’expliquer les défis aussi. Informez-vous pour déterminer s’il y a un marché local ou national pour les aliments biologiques et, le cas échéant, si la hausse des prix est justifiée. Essayez de déterminer quelle proportion de l’agriculture biologique pratiquée dans votre région est biologique par défaut ou par choix, et de demander quelle différence ces deux approches engendrent en termes de commercialisation, de prix et de profit. Préparez-vous à une discussion animée!

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Notes aux radiodiffuseurs sur les semences:

L’agriculteur dans l’histoire de cette semaine dit que les semences sont le pilier de sa famille. Les semences sont essentielles à sa famille et assurent continuité et sécurité. Les semences sont les premiers liens dans la chaîne alimentaire et donc dans la sécurité alimentaire des communautés et des familles. La qualité, l’accessibilité et la variété des semences à planter sont des éléments essentiels qui déterminent le succès qu’aura un agriculteur avec sa culture.

Certains commentateurs estiment que les organismes génétiquement modifiés apportent une réponse. Pour d’autres, ce sont les semences traditionnelles à haut rendement et le matériel végétal qui sont les meilleures solutions. Mais avec des facteurs tels que le changement climatique, beaucoup pensent que les efforts de recherche, d’investissement et de valorisation doivent passer par des semences développées localement, une diversité de cultures locales et les connaissances qui l’accompagnent.

La plupart des petits agriculteurs africains utilisent leurs propres semences, surtout les cultures de bases. Dans certains pays africains, on estime que seulement 5% des agriculteurs achètent des semences produites par des institutions formelles. Mais pour les cultures comme le maïs, jusqu’à 80% achètent des semences améliorées. Ces chiffres représentent de nombreux agriculteurs qui dépendent encore de leurs propres semences. Ils indiquent également la taille potentielle du marché pour les entreprises de semences. Les entreprises de semences mettent régulièrement des brevets sur des variétés de cultures, et aimeraient avoir un plus grand contrôle sur les variétés de semences utilisées par les agriculteurs. Les entreprises semencières internationales sont de plus en plus impliquées dans l’industrie africaine des semences.

Voici quelques documents de référence sur les systèmes de semences en Afrique:

http://spore.cta.int/index.php?option=com_content&task=view&lang=fr&id=1130&catid=9

http://www.seedmap.org/

http://webapp.ciat.cgiar.org/africa/pdf/seed_pb6.pdf (en anglais seulement)

Semences paysannes, fondement de la souveraineté en Afrique:http://pubs.iied.org/14565IIED.html

Quelques organisations internationales travaillent sur les campagnes qui portent sur des questions de semences et souveraineté alimentaire :

http://www.grain.org/accueil/

http://viacampesina.org/fr/

http://www.seed-sovereignty.org/FR/index.html

En février et mars 2011, Agro Radio Hebdo a publié une série d’articles sur la question de la souveraineté semencière, qui incluait des histoires en provenance du Burkina Faso, de l’Afrique du Sud et de la Zambie. Consulter les éditions numéros 146, 148 et 149 : http://hebdo.farmradio.org /2011/03/

Radios Rurales Internationales a produit des textes radiophoniques au sujet des semences:
Deux rizicultrices parlent de leurs meilleures pratiques de conservation des semences. Pochette 85, numéro 5, septembre 2008. http://farmradio.org/francais/radio-scripts/85-5script_fr.asp

Établir une banque communautaire de semences. Pochette 56, numéro 6, juillet 2000.
http://farmradio.org/francais/radio-scripts/56-6script_fr.asphttp://farmradio.org/francais/radio-scripts/56-7script_fr.asp

Collecter des semences pour la banque communautaire. Pochette 56, numéro 7, juillet 2000.

Conversez vos propres semences, première partie: sélection des semences. Pochette 42, numéro 1, octobre 1996. http://farmradio.org/francais/radio-scripts/42-1script_fr.asp

Conservez vos propres semences, deuxième partie: entreposage des semences. Pochette 42, numéro 2, octobre 1996. http://farmradio.org/francais/radio-scripts/42-2script_fr.asp

Nous espérons que l’envie vous viendra de produire vos propres émissions sur les semences et l’appropriation de semences. Parce qu’il s’agit d’un sujet vaste, vous pourriez choisir un angle spécifique et inviter les gens à débattre des pour et des contre. Voici quelques questions de départ:

Utilisation et gestion des semences traditionnelles:

-Quelles variétés de semences traditionnelles utilisez-vous sur votre ferme?
-Comment avez-vous obtenu ces semences?
-Comment ces semences vous permettent-elles d’assurer la sécurité alimentaire de votre famille?
-Y a-t-il une banque de semences communautaires dans votre région? Quelles sont les cultures et les variétés qui sont stockées dans la banque?

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Notes aux radiodiffuseurs sur la collecte des eaux de pluie

La rareté de l’eau touche déjà plus du tiers de la population mondiale. Avec le changement climatique, ce nombre augmentera indubitablement. Mais il existe de nombreuses solutions pratiques aux pénuries d’eau. L’une d’entre elles est la récupération de l’eau. La récupération de l’eau de pluie - souvent avec un toit pour recueillir l’eau et un réservoir de stockage - est largement utilisée, même s’il existe de nombreux systèmes traditionnels et modernes pour récupérer l’eau de surface et l’eau souterraine.

D’autres stratégies pour s’adapter à la pénurie d’eau, notamment le recyclage de l’eau, la promulgation et l’application de lois visant a protéger les cours d’eau et les rivières, ainsi que l’utilisation de cultures et de variétés tolérant la sécheresse.

Récupérer l’eau de surface implique de recueillir l’eau de ruissellement après une tempête de pluie ou l’eau de cours d’eau intermittents, de rivières ou de zones humides dans des bassins ou des réservoirs à ciel ouvert. Cette eau de surface stockée est généralement utilisée pour l’irrigation, le bétail et l’aquaculture. Pour un usage ménager, cette eau nécessiterait un traitement.

L’eau de surface peut être récupérée indirectement en la détournant vers des bassins et/ou en la répandant sur une plus grande superficie. Cette opération augmente l’humidité du sol et les rendements des cultures et s’appelle irrigation de crue. La récupération de l’eau de surface - à petite ou grande échelle - rétablit et améliore la productivité du sol et permet la culture, la plantation d’arbres et l’élevage de bétail.

Les techniques courantes de récupération de l’eau de surface comportent :

  • des remblais en pierre ou en terre utilisés comme diguettes en courbes de niveau;
  • l’aménagement de terrasses;
  • des systèmes traditionnels comme le système soudanais trus (voir l’encart ci-après);
  • des murs de protection semi-circulaires comme des demi-lunes; et
  • des fosses, incluant zai et tassa en Afrique de l’Ouest ou chololo et ngoro en Afrique de l’Est.

Radios Rurales Internationales a produit un certain nombre de textes pour la radio, sur la récolte des eaux de pluie, y compris les deux textes suivants :

-Collecte des eaux de toiture (Pochette 89, Numéro 6, décembre 2009) http://www.farmradio.org/francais/radio-scripts/89-6script_fr.asp

- Un agriculteur du Malawi récupère l’eau pour ses cultures dans des tranchées et des fosses (Pochette 75, Numéro 2, juin 2005) http://www.farmradio.org/francais/radio-scripts/75-2script_fr.asp

Il y a une grande quantité d’informations et des listes de ressources supplémentaires sur la récolte des eaux de pluie, dans la série d’enjeux suivante :

La récupération de l’eau : Série d’enjeux (Pochette 89, Numéro 3, décembre 2009) http://www.farmradio.org/francais/radio-scripts/89-3script_fr.asp

Agro Radio Hebdo a également publié quelques histoires sur la collecte des eaux de pluie, y compris:

- Sahel: Lutter contre la malnutrition par le biais de la sécurité alimentaire locale et les initiatives de gestion de l’eau (ARH 122, août 2010) http://hebdo.farmradio.org/2010/08/02/sahel-lutter-contre-la-malnutrition-par-le-biais-de-la-securite-alimentaire-locale-et-les-initiatives-de-gestion-de-leau-irin-rfi-reuters-bbc-icrisat/

- Zimbabwe: La collecte des eaux de pluies en ville (ARH 141, janvier 2011) http://hebdo.farmradio.org/2011/01/17/zimbabwe-la-collecte-des-eaux-de-pluies-en-ville-ips/

- Kenya: la collecte des eaux de pluie améliore les moyens de subsistance ruraux (ARH 15, mars 2008) http://hebdo.farmradio.org/2008/03/17/1-kenya-la-collecte-des-eaux-de-pluie-ameliore-les-moyens-de-subsistance-ruraux-diverses-sources/

Si vous voulez créer des programmes sur la récolte de l’eau, vous pourriez parler aux agriculteurs progressistes, aux agriculteurs âgés qui sont plus traditionnels, aux agriculteurs biologiques, aux ONGs qui s’intéressent particulièrement aux questions d’eau ou d’adaptation au changement climatique, et aux représentants de gouvernements ou de sociétés ayant un intérêt pour les questions d’eau.

Cherchez à savoir si les agriculteurs font la collecte des eaux de pluie ou des eaux de surface, dans votre zone d’écoute.

Quelles méthodes utilisent-ils? Ces méthodes sont-elles efficaces quand il y a une longue période de faibles précipitations? Quels autres changements apportent-ils à leur agriculture et à leur vie domestique pour s’adapter aux faibles précipitations?

Les agriculteurs cultivent-ils des plantes résistantes à la sécheresse? Ou peut-être des variétés de cultures vivrières tolérantes à la sécheresse? Les agriculteurs font-ils des efforts collectifs pour faire la collecte des eaux de pluie? Est-ce que le gouvernement ou les ONG contribuent à ces efforts? Quels sont les résultats de ces efforts de collecte d’eau de pluie ou d’eau de surface?

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Concours pour les femmes et les jeunes scientifiques professionnels d’Afrique

Le CTA (Centre Technique de Coopération Agricole et Rurale) et les partenaires du consortium invitent les personnes éligibles à soumettre des résumés de contribution pour un concours qui s’adresse aux femmes et aux jeunes scientifiques professionnels d’Afrique. Le concours vise à reconnaître et à récompenser les contributions de femmes et de jeunes professionnels impliqués dans la recherche, la communication ou le plaidoyer pour des changements au niveau politique. Le thème général est « Nourrir 1 milliard d’Africains dans un monde en évolution. »

Il y a deux concours distincts: un pour les jeunes professionnels (25-40 ans) et l’autre pour les femmes scientifiques, chercheures, éducatrices, agentes de vulgarisation, agro-entrepreneures ou agricultrices. Pour chacun des deux concours, autant les individus que les groupes d’individus peuvent soumettre leur candidature.

Les soumissions admissibles comprennent toutes celles qui touchent à la science, aux technologies et à l’innovation liée à la recherche et les activités de développement liées au thème « Nourrir 1 milliard d’Africains dans un monde en évolution », qui ont été entreprises au cours des cinq dernières années et montrent un impact significatif sur le développement agricole ou les moyens de subsistance ruraux en Afrique.

Vous pouvez soumettre un résumé détaillé (1000-2000 mots) à l’adresse suivante : scicom2012@cta.int en adressant une copie conforme à agsci_award@fara-africa.org.

Tous les demi-finalistes seront invités à participer à la 6e Semaine africaine des sciences et à l’Assemblée générale du FARA prévues en juin 2013 à Accra, au Ghana. Des prix en argent seront remis aux lauréats.

Date limite: 14 mai 2012.

Pour de plus amples renseignements sur les deux concours:

Concours « Femmes et sciences en Afrique » 2012-2013 :

http://knowledge.cta.int/fr/Media/Multimedia/Appel-a-resumes-Concours-Femmes-et-sciences-en-Afrique-2012-2013

Concours « Jeunes professionnels et sciences en Afrique » :

http://knowledge.cta.int/fr/Media/Multimedia/Appel-a-resumes-Concours-Jeunes-professionnels-et-sciences-en-Afrique-2012-2013

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Clubs de radios « Mécanisme de développement propre pour l’Afrique »

Il s’agit d’un club de radio en ligne ouvert aux journalistes radio et aux stations de radio d’Afrique. Il vise à faire de la sensibilisation sur le Mécanisme pour un développement propre (MDP) en Afrique. Les journalistes et les stations peuvent se joindre au club en saisissant leurs coordonnées sur le site.

Les journalistes radio peuvent promouvoir leur travail et participer à des concours divers. Les membres peuvent écouter et télécharger gratuitement une grande variété de programmes radio qui sont prêts pour la diffusion.

Visitez le site à l’adresse suivante : http://cdm.unfccc.int/about/multimedia/africanradioclub/

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Rite FM accueille une stagiaire canadienne

Rite FM est un partenaire radiodiffuseur de Radios Rurales Internationales basé à Somanya, dans le district de Yilo Krobo, dans la région est du Ghana. Rite FM s’auto-proclame « la station pour le développement agricole et social ». Cette station a récemment accueilli Michelle Zilio pour un stage de six semaines. Quelques jours avant de partir au Ghana, Michelle a obtenu un diplôme universitaire axé à sur les droits humains et le journalisme, dans le cadre du programme de journalisme de l’Université Carleton. Michelle vient de Cambridge, en Ontario, au Canada.

Elle dit: « Mes fonctions à la station sont variées : j’utilise mes compétences pour apporter un soutien général en matière de production de nouvelles et de reportages. J’écris des textes, j’édite des clips et des documentaires, je mène des entrevues, j’effectue des reportages en direct et je suis des reporters locaux, étant donné qu’ils parlent le Twi [langue locale]. Je suis très heureuse de mon choix de me joindre au personnel de Rite FM. Cela m’a permis de découvrir comment le journalisme fonctionne dans un pays différent, tout en remettant constamment en question les normes culturelles auxquelles je suis habituée. »

Michelle écrit un blog pendant son séjour au Ghana. Vous pouvez suivre ses expériences et ses pensées, qu’elle décrit comme « la plus grande aventure de ma vie » à l’adresse suivante : http://michellezilio.wordpress.com/ghana/ (en anglais seulement)

Quand elle retournera à Ottawa, à la fin du mois de mai, Michelle commencera un stage au bureau d’Ottawa Citizen, le plus grand quotidien de la capitale nationale. Nous espérons qu’elle partagera ses expériences du Ghana avec ses nouveaux collègues.

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Un agriculteur kenyan utilise des méthodes de culture biologique

Le texte radiophonique de cette semaine raconte l’histoire de M. George Opondo, un agriculteur biologique de l’ouest du Kenya. M. Opondo parle de certaines des pratiques biologiques qu’il utilise : le contrôle naturel des ravageurs, les plantes médicinales et les aliments biologiques pour animaux, et une fosse à compost de type tranchée. Il est convaincu que l’agriculture biologique lui permet d’avoir une bonne santé et de bons rendements. Lorsqu’on lui demande pourquoi il pratique l’agriculture biologique, il répond: « C’est sain, c’est durable, et c’est abordable. »

http://www.farmradio.org/francais/radio-scripts/75-7script_fr.asp

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L’accaparement de terres : un danger pour les agriculteurs à travers l’Afrique

Le 17 avril a été désigné Journée internationale des luttes paysannes par La Via Campesina. Cette journée vise à sensibiliser le public aux droits des petits agriculteurs du monde entier. Un de ces droits est le droit à la terre.

Trois des quatre histoires de cette semaine traitent de la question de « l’accaparement des terres », qui sont, dans de nombreux cas, des violations des droits fonciers des agriculteurs. Notre première histoire se déroule au Burkina Faso et raconte comment les terres détenues par des petits agriculteurs sont cédées à des personnalités importante qui ne sont que des « agriculteurs du dimanche ». Le gouvernement fait le pari qu’encourager les investisseurs à créer de grandes exploitations agricoles modernes permettra d’atteindre l’autosuffisance alimentaire. Mais beaucoup de grands propriétaires terriens n’utilisent même pas leur nouvelle terre pour l’agriculture, et les petits agriculteurs sont de plus en plus exclus du marché foncier.

Notre deuxième histoire vient du Libéria, où le gouvernement a signé un bail à long terme avec une multinationale minière. L’accord a donné lieu à la réinstallation de milliers d’agriculteurs locaux. Plus tôt cette année, les agriculteurs ont intensifié leurs protestations contre ce qu’ils considèrent être des promesses non tenues en matière de logement, d’accès à l’eau, de création locale d’emploi, et d’autres problèmes.

Notre troisième et dernière histoire parle de « l’accaparement des terres » en Tanzanie. Les détracteurs d’un bail foncier à long terme, signé entre le gouvernement tanzanien et une firme américaine, ont causé le retrait de l’Université d’État de l’Iowa, l’un des partenaires-clés dans cette transaction. Les opposants au projet ont souligné le manque de consultation avec les populations locales, et ont fait valoir que l’accord n’allait pas créer des emplois locaux, et conduirait les agriculteurs locaux à devenir des métayers ou des ouvriers de plantation.

Notre dernière histoire vient du Congo-Brazzaville, où le gouvernement a mis en place une politique de vente des produits agricoles au poids, plutôt que par tas, par tasse ou par bol. Les agriculteurs se réjouissent que les prix soient plus élevés pour leurs produits. Mais les consommateurs doivent payer plus cher, et les commerçants sont pris entre deux feux.

La section Actions de cette semaine souligne l’adaptation d’un des textes de Radios Rurales Internationales pour un magazine pour enfants, au Canada. Le magazine présente également le profil de George Atkins, le fondateur de Radios Rurales Internationales.

Finalement, nous prendrons une petite pause de publication le 23 avril. Mais, rassurez-vous, nous serons de retour le 30 avril.

Bonne lecture!

-L’équipe d’Agro Radio Hebdo

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Burkina Faso : Les petits producteurs agricoles se font confisquer leur terres par des « investisseurs » locaux (par Nourou-Dhine Salouka pour Agro Radio Hebdo au Burkina Faso)

Néboun est un village situé à 130 kilomètres au sud de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. Adamou Nignan est un homme célèbre. Il est à la fois producteur agricole, crieur public et manœuvre à tout faire au dispensaire du village. Cependant, ce n’est pas pour son hyper-activité qu’il est connu. C’est plutôt à cause du symbole qu’Adamou représente. Il est dans son village, l’une des premières victimes de l’accaparement des terres.

Tout le monde connaît sa triste histoire. Les chefs coutumiers responsables de la gestion foncière lui ont pris son exploitation. Son champ a été donné à un haut fonctionnaire, qui vit à Ouagadougou. Adamou Nignan raconte : « En 1997, mon champ a été donné… sans que je ne reçoive la moindre compensation. Personne ne s’est soucié de savoir ce que j’allais devenir ».

Ça a été le début des malheurs de M. Nignan. Devenu « sans terres », il a commencé à travailler comme manœuvre au dispensaire puis il est devenu crieur public. Mais ses revenus ne suffisaient pas à nourrir sa famille de 5 personnes. Par conséquent, sa femme et ses enfants l’ont quitté. Face à ce drame, son père lui a octroyé 3 hectares sur lesquels il a planté des manguiers. Il récolte juste le minimum pour vivre.

Des ministres, des députés, des hauts fonctionnaires et des grands commerçants en quête de terre, on en trouve à foison à Néboun. Ces « agriculteurs du dimanche » se servent du prestige dont ils jouissent pour demander de grandes superficies. Moussa Nignan, le chef de village, confirme. « Quand un homme important vient vous demander des terres, c’est un honneur pour tout le village. Refuser serait une offense ! »

Profitant de leur influence, certains hommes politiques ont réussi à se faire octroyer par des chefs de villages des exploitations faisant jusqu’à 300 hectares. Ils promettent d’user de leur influence pour implanter des dispensaires et des écoles dans les villages. Mais très peu tiennent leurs promesses.

D’autres, par contre, préfèrent appâter les jeunes avides d’argent. En échanges de quelques milliers de francs, ils reçoivent de grandes superficies. Les jeunes utilisent cet argent pour s’acheter de grosses motos et épouser de nouvelles femmes.

Ousmane Nignan est le fils du chef de Néboun. Il a vendu 20 hectares de la propriété familiale à l’insu de son père. « J’ai vendu 20 hectares à 300 000 francs CFA (environ 600 dollars américains). Je voulais utiliser l’argent pour construire une maison moderne en parpaing. Mais je n’ai pas réussi à le faire. J’ai utilisé l’argent pour faire la fête. Je le regrette aujourd’hui », confie Ousmane, honteux.

Les dons incontrôlés et les ventes sauvages ont commencé dans les années 2000, suite à une décision de l’État visant à promouvoir l’agrobusiness. En clair, le gouvernement invitait ceux qui avaient de l’argent à investir dans l’agriculture en créant de grandes exploitations modernes. Le gouvernement espérait à court terme atteindre de l’autosuffisance alimentaire. Malheureusement, les acheteurs ont immobilisé des terres cultivables. Ils ne les exploitent pas; les petits producteurs non plus.

On ne sait pas vraiment ce que les nouveaux propriétaires font de leurs nouvelles terres. Mais, dans le cas de Adamou Nignan , le haut fonctionnaire qui a pris sa terre l’utilise. Il y a planté des arbres fruitiers ainsi que des céréales. Alors que plusieurs personnes influentes se retrouvent propriétaires de centaines d’hectares de terre, le haut fonctionnaire qui a pris la terre M. Nignan ne possède que 10 hectares.

Yacouba Diakité est le maire de la commune de Léo, une commune proche de Néboun. Pour lutter contre l’accaparement de terres, il refuse d’établir des documents de vente de terres ayant une superficie supérieure à 10 hectares. Il sensibilise également les chefs coutumiers afin qu’ils ne bradent pas les terres. Mais il se heurte à des personnalités puissantes. Il avoue, impuissant : « Quand vous militez pour la limitation des superficies à vendre, vous subissez les pressions de grandes personnalités. Que peut un petit maire comme moi contre elles ? »

Adamou Nignan aussi se sent impuissant. Pour l’instant, les paysans sans terre sont livrés à eux-mêmes. Il dit qu’il ne sait pas s’il récupérera sa terre un jour. Il explique: « Ma vie est brisée. Nous sommes nombreux dans cette situation. J’ai accepté de témoigner en espérant que mon histoire ferait réagir les autorités ».

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Libéria: Les transactions foncières impliquant des entreprises étrangères pourraient engendrer de nouveaux conflits (AllAfrica, The Guardian)

Les villageois et les citadins du comté de Mont Grand Cape, dans le nord-ouest du Libéria, tentent de récupérer des terres qui, selon eux, ont été saisies et remises à une société malaisienne.

En janvier, des représentants politiques du peuple ont envoyé une pétition à la Présidente Ellen Johnson Sirleaf, exigeant la restitution de leurs terres.

Mai Freeman est une femme de 42 ans vivant dans la ville de Sinje. Elle a dit : « C’est intolérable. Notre gouvernement doit prendre soin de nous et ne doit pas permettre à ces personnes de nous tuer en silence… Cette terre nous appartient. Nous sommes nés ici et nous donnons naissance à nos enfants ici aussi. C’est le seul endroit que nous connaissons. »

Pa Sando est le chef du village de Konja. Regardant les terres agricoles s’étendant à l’horizon, il dit : « J’ai récolté du cacao sur cette ferme pendant plus de 30 ans. Mon grand-père l’avait planté pour nous. Toute cette zone m’appartenait et maintenant tout est parti. »

M. Sando dit qu’on ne lui a jamais demandé s’il voulait abandonner sa terre. Il a vu des bulldozers dans la brousse, puis sa terre a été saisie.

Une grande partie de la population rurale du Libéria vit sur des terres qui ont été une propriété familiale depuis des générations. La plupart ne peuvent pas se permettre les frais du processus compliqué d’acquisition de titres fonciers, et en vertu du droit libérien, le gouvernement possède toutes les terres publiques. M. Sando n’avait pas enregistré sa terre et par conséquent, cette terre appartient au gouvernement.

La compagnie Sime Darby Plantation (Libéria) est la propriété de la multinationale Malaisienne Darby-Sime. En avril 2010, le gouvernement a accordé à cette société un permis pour cultiver 10 000 hectares de palmiers à huile dans les comtés de Bomi et Mount Grand Cape. Le terrain a été loué pour 63 ans. La société a depuis demandé près de 15 000 hectares supplémentaires dans le comté de Mount Grand Cape et 20 000 autres hectares dans le comté de Gbarpolu.

Les résidents du village de Singhiam ont très vite exposé quels problèmes cela causait, et dans quelle mesure ils estimaient que le gouvernement et la société avaient manqué de tenir leurs promesses d’offrir des emplois pour les populations locales et de ne pas nuire à l’agriculture locale. Leur principal problème est la perte de leurs moyens de subsistance. L’agriculteur Fakaomoh Touray explique : « Il n’y a pas de travail ici, maintenant. Personne ne fait rien. Ce n’est pas une blague. C’est pourquoi vous voyez les gens courir vers Madina jour après jour, pour des réunions. Ils n’ont pas de nourriture ici. »

Les villageois montrent avec dédain un bâtiment contenant quatre latrines, l’un des seuls gains concrets découlant de la présence de l’entreprise.

En janvier, un article paru dans le New York Times, publié quatre jours seulement après l’investiture de la présidente Ellen Johnson Sirleaf, avait déclaré que le nouveau gouvernement « est peut être en train de semer les germes de futurs conflits en remettant de vastes étendues de terres à des investisseurs étrangers, et en dépossédant les Libériens qui vivent en milieu rural. »

La présidente a immédiatement réagi aux préoccupations exprimées dans le comté de Mount Grand Cape en visitant la région et ses résidents. Elle a admis que le gouvernement aurait dû négocier différemment. Toutefois, elle a dit aux résidents que lorsque le gouvernement signe des documents avec des entreprises étrangères, ceux-ci ne peuvent pas être modifiés.

Sime Darby a fermement démenti les accusations portées contre elle. Des communiqués de la compagnie ont souligné son engagement pour une agriculture durable et « un engagement régulier et direct avec les communautés, le respect des lois et règlements nationaux, le leadership en matière d’environnement et l’utilisation de meilleures pratiques agricoles. » La compagnie fait valoir que sa zone de concession au Libéria se trouve sur « des terres agricoles abandonnées qui ont été négligées au cours des guerres civiles, et des forêts dégradées. »

Helmy Basha est le vice-président des plantations de la division agro-alimentaire de Sime Darby. Il dit : « Pour les 15 prochaines années, nous avons prévu investir dans des infrastructures comme des routes, des ponts, l’électricité et l’eau courante. Nous allons également mettre en place des moulins. »

Le Libéria a signé des accords d’exploitation de ressources naturelles avec des investisseurs étrangers, qui ont une valeur projetée de 19 milliards de dollars. Selon un rapport du Centre pour la résolution des conflits internationaux de l’Université de Columbia, un fonctionnaire du Ministère de la planification a déclaré que ces offres couvrent presque la moitié de la superficie terrestre totale du pays.
À Mount Grand Cape, M. Sando parle d’une zone qui était autrefois constituée de marécages et de mangrove. Il dit que cette région a maintenant beaucoup de terrains prêts pour la plantation d’autres palmiers. Les villageois n’ont désormais plus d’endroit pour pêcher ou planter du riz. Comme il n’y a plus de marais, les maisons ont été inondées durant la saison des pluies, et le ruisseau a presque tari.

Les agriculteurs ont été indemnisés, mais la compensation ne couvre généralement qu’une seule récolte. Fatu Kamara a dit qu’on lui avait donné 200 dollars américains pour la terre où elle cultivait le manioc - seulement 3 dollars américains pour chaque année que la compagnie Sime Darby a le droit de l’occuper.

Voici quelques articles d’actualité sur la question des investissements fonciers au Libéria:

Huile de Palme: Sime Darby au Libéria: http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/01/26/97002-20110126FILWWW00426-huile-de-palme-sime-darby-au-liberia.php

Sime Darby s’implante au Libéria: http://www.hubrural.org/Sime-Darby-s-implante-au-Liberia.html?lang=fr&id=28

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Tanzanie : Une transaction foncière perd un partenaire-clé, mais les communautés sont encore menacées d’expulsion (Oakland Institute, Pambazuka, IPP Media)

Une compagnie d’énergie américaine est sur le point d’obtenir un bail de 99 ans sur plus de 320 000 hectares de terres, dans l’ouest de la Tanzanie. La compagnie, AgriSol Energy, propose un investissement sur dix ans dans la région de Kigoma. Elle entend développer une vaste étendue de terres pour la culture à grande échelle, ainsi que la production de biocarburants et l’élevage animal. Mais, à cause de la pression internationale, l’accord a désormais perdu un partenaire essentiel, l’Université d’État de l’Iowa.

Selon AgriSol, l’objectif de ce projet était de « mettre en place un nouveau modèle de partenariat public / privé / académique qui allie l’agriculture commerciale à grande échelle aux autorités locales des programmes de sensibilisation et de sous-traitance pour les propriétaires de terre à petite échelle. » M. Iddi Simba est le président du Serengeti Advisers, une entreprise d’investissement tanzanienne qui travaille avec AgriSol. Il dit : « Nous allons travailler avec les entreprises publiques et privées pour développer et élargir les marchés locaux et améliorer la distribution alimentaire dans le pays. »

Mais le terrain en question sert de zone de réinstallation pour les réfugiés burundais depuis 1972. C’est là qu’habitent plus de 160 000 personnes et que se trouvent leurs fermes. Il faudrait que la région soit évacuée avant qu’AgriSol ne puisse utiliser les terres pour l’agriculture. Lorsque l’Institut Oakland s’est rendu compte de cette situation, en 2011, il y a eu un tollé international et le système d’accaparement de terres a été dénoncé. AgriSol et ses partenaires subissent une pression considérable, et leurs activités font l’objet d’un examen attentif.

Anuradha Mittal est la directrice générale de l’Institut Oakland. Elle dit : « Cette terre nourrit de nombreuses familles. Le projet de grande agriculture commerciale est mécanisé : il ne créera pas d’emplois pour ces petits exploitants agricoles… Au mieux, certains pourraient devenir métayers, d’autres pourraient, tout au plus, travailler sur des plantations. Mais cela va les placer en situation d’insécurité alimentaire. »

En février, l’Université d’État de l’Iowa a annoncé qu’elle avait abandonné son rôle de conseiller agricole pour le projet. L’Université s’était impliquée dans ce partenariat dans le but d’aider les petits agriculteurs. Mais elle a dit qu’elle n’arrivait plus à justifier son rôle dans ce projet africain et son partenariat avec AgriSol.

Babu Pascal Steven est à la tête du département des jeunes de la Kigoma Vijana Development Association. Il gérait un projet pour les jeunes dans le domaine agricole, mais il a cessé cette activité suite à un manque de financement. M. Steven dit que Kigoma a beaucoup de ressources naturelles et a été envahi, ces dernières années, par des investisseurs qui font signer des ententes sans la participation des habitants. Il poursuit : « Nous aussi, nous en avons été informés à travers les médias et le Parlement. Sinon, nous n’étions au courant de rien. »

Selon l’Institut Oakland, l’activisme universitaire et médiatique a joué un rôle dans le changement de décision de l’Université. Mme Mittal dit : « J’espère sincèrement que nous pourrons maintenir la pression et obtenir justice. » Mais pour l’instant, AgriSol a l’intention de poursuivre ses plans.

Pour en savoir plus sur cette question et lire d’autres articles sur les problématiques foncières en Tanzanie, veuillez visitez:
http://farmlandgrab.org/cat/show/62 (en anglais seulement)
http://www.tanzanialandportal.org/ (en anglais seulement)

Pour plus d’informations sur cette histoire (en anglais seulement) :
http://www.oaklandinstitute.org/land-deal-brief-eight-myths-and-facts-about-agrisol-energy-tanzania
http://www.oaklandinstitute.org/iowa-school-calls-it-quits-plantation-style-land-grab-tanzania
http://pambazuka.org/en/category/features/79967
http://www.slateafrique.com/83643/tanzanie-terres-accaparement-investissement-universites-americaines (en français)

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Congo Brazzaville : Une nouvelle politique d’utilisation de balances dans la commercialisation des produits agricoles ne fait pas l’unanimité (par John Ndinga-Ngoma pour Agro Radio Hebdo au Congo-Brazzaville)

Plus question de vendre les produits agricoles par tas. À Pointe-Noire, dans le sud du Congo-Brazzaville, les produits agricoles s’achètent et se vendent désormais au kilogramme.

Rachel Matouadi est maraîchère, à Pointe-Noire. Elle dit qu’en vendant ses produits au kilo, elle gagne plus que lorsqu’elle vendait ses produits par tas. Une cuvette de tomates fraîches, par exemple, se vend à 12 000 francs CFA (environ 24 dollars américains). Elle explique : « Une cuvette peut contenir plus de 26 kilogrammes. J’obtiens donc au moins 21 600 francs CFA de recette, à raison de 800 francs CFA le kilo. C’est pourquoi je préfère la vente au kilo à la vente par tas.»

En août dernier, le Ministère du commerce et des approvisionnements, à l’occasion de la 26ème Foire internationale de Pointe-Noire, a instauré l’utilisation de la balance dans la commercialisation des produits agricoles. Cette nouvelle politique vise à assurer un prix juste pour les consommateurs, les producteurs et les commerçants. La politique a bien été accueillie par les agriculteurs de la capitale économique congolaise.

Tout comme Rachel Matouadi, Marie Andrée Ngouamba est maraîchère. Elle voit en la balance un instrument efficace de gestion de ses produits : « Lorsque je vends au tas, je fais des pertes. Je n’arrive même pas à recouvrer le capital. Lorsque j’utilise la balance, je sais à l’avance ce que je vais gagner. Et je planifie mes dépenses ». Elle a appris la technique de la vente au kilo l’année dernière lors d’un séminaire organisé par le Ministère de l’agriculture sur la gestion de potager, séminaire visant à accroître les capacités des agriculteurs dans la gestion de leurs produits.

Mais, en dépit de ces atouts, la plupart des maraîchers de Pointe-Noire affirment qu’ils se heurtent à la résistance des commerçants. « Nous avons vraiment du mal à imposer la balance aux revendeurs de produits agricoles », explique Dominique Wamono, maraîcher.

« Ils n’aiment pas la balance. Et ils menacent de faire affaire avec d’autres maraîchers. En ce moment, on est obligé de céder à leur désir de vendre par tas. On ne peut pas garder nos produits sinon ils finiront par pourrir ».

Les commerçants tentent de se justifier. Adèle Ndoulou est vendeuse dans un petit marché de quartier. Elle dit : « Lorsque j’ai essayé de vendre au kilo, les clients ont commencé à me tourner le dos, parce qu’ils ont assimilé la nouvelle pratique à l’augmentation des prix. Voilà pourquoi j’ai vite renoué avec la vente par tas. »

Cet argument rejoint celui des consommateurs. Prisca Mankou est enseignante et femme de ménage. Elle dit : « Supposons que vous ayez 2 000 francs CFA. Si vous achetez un kilo de tomates à 1000 francs CFA et un kilo d’aubergines au même prix, qu’est-ce qui restera dans le porte-monnaie ? Rien. C’est dire que les pouvoirs publics n’ont fait qu’accentuer le phénomène de la vie chère. » Elle dit que même le demi-kilo ne saurait être avantageux.

Pour beaucoup de maraîchers, l’instauration de la balance devrait rimer avec la baisse des prix des produits agricoles. Une baisse devrait résulter d’une forte production. Pour qu’il y ait forte production, il faut que les charges des agriculteurs soient allégées. Jean Gilbert Kaya est président de « La Main Verte », une association de maraîchers. Il explique : « Certes, la vente au kilo arrange les agriculteurs en ce qu’elle leur permet de réaliser des bénéfices acceptables. Mais il faut qu’on pense au consommateur. Il faut qu’en achetant au kilo, le consommateur gagne ce qu’il perdrait en achetant par tas. » Il dit que la vente au kilo est la bonne solution car elle réduit la fluctuation des prix.

La vente par kilo n’est pas une loi, c’est seulement une politique. L’objectif du gouvernement était que les producteurs, les négociants et les consommateurs soient satisfaits des prix des denrées alimentaires. Il voulait réduire la spéculation dans la commercialisation des produits agricoles, de sorte que personne ne se sente floué. Mais les différences d’opinion des agriculteurs, des commerçants et des consommateurs montrent qu’une telle question est compliquée et qu’elle ne peut pas être résolue par l’utilisation de la balance. Les conséquences et les implications de ce qui semblait être une intervention simple sont nombreuses et variées.

Et Rachel Matouadi de renchérir : « Gagner seul, ce n’est pas toujours bien. Il faut que les prix des produits arrangent aussi bien les agriculteurs que les commerçants et les consommateurs. C’est ce que nous appelons des prix verts ».

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Notes aux radiodiffuseurs sur les terres agricoles

La question des terres génère beaucoup de débats passionnés et des opinions divergentes, car c’est un sujet très important pour les agriculteurs. En d’autres termes, pour les agriculteurs, la terre, c’est la vie. Cela signifie que c’est leur histoire, leur patrimoine, mais aussi leur avenir. Pour les petits agriculteurs africains, dont la vie est si intimement liée aux terres sur lesquelles ils vivent et travaillent, la terre est essentielle à la survie et au progrès.

De récentes acquisitions de grande envergure de terres agricoles par des investisseurs étrangers ont attiré beaucoup d’attention dans les médias, à travers le monde. Selon l’Institut Oakland (voir ci-dessous), en 2009, 16 millions d’hectares de terres ont été louées ou achetées dans les pays en développement, dont 75% en Afrique. Certains observateurs considèrent que cet investissement est nécessaire dans le secteur agricole. Mais pour beaucoup, ces offres ne font que confisquer aux agriculteurs la terre qui leur revient. L’expression « accaparement des terres » est souvent utilisée par les agriculteurs qui ont peu de recours légaux. Les lois traditionnelles et coutumières sur l’héritage des terres peuvent être en contradiction avec les politiques ou les lois du gouvernement, et de nombreux agriculteurs n’ont pas les documents pour prouver qu’ils possèdent la terre qu’ils cultivent. Même quand ils en ont, ils font face à de puissants adversaires tels que de grands investisseurs étrangers. Les agricultrices ont souvent un autre désavantage : dans de nombreux pays, il est encore rare pour les femmes de posséder des terres, ou d’hériter des terres de leur mari.

Lorsque l’accès à la terre ou le titre de propriété foncière est menacé, les moyens de subsistance des agriculteurs sont en jeu. Une option pour les radiodiffuseurs et le personnel de développement est d’essayer de valoriser les voix des agriculteurs et leurs expériences. Une telle discussion, dédiée à la célébration de la Journée internationale des luttes paysannes, contribuerait de façon modeste à présenter les préoccupations des agriculteurs relatives à la terre à un public plus large. Nous espérons que vous contribuerez à cet effort, en diffusant certaines de ces histoires, ou des histoires similaires touchant votre pays.

Voici quelques sites-clés auxquels vous pouvez vous référer pour en savoir plus sur les enjeux actuels et les nouvelles liées à la terre:
-http://www.oaklandinstitute.org/land-rights-issue - L’Institut Oakland est un institut indépendant de réflexion, de recherche et de promotion du débat sur les principaux enjeux environnementaux, sociaux et économiques. L’institut a effectué des recherches approfondies sur l’achat et la location de terres situées dans des pays en développement par des pays riches et des investisseurs privés internationaux. L’Institut vise à accroître la transparence en matière de transactions foncières, et à documenter les impacts sur les agriculteurs et l’impact à long terme sur le développement de plusieurs pays africains.
- http://farmlandgrab.org - Ce site web présente un inventaire de reportages, dans diverses langues, sur « l’accaparement des terres», qui est défini comme « la ruée mondiale pour acheter ou louer des terres agricoles à l’étranger comme une stratégie visant à sécuriser les approvisionnements alimentaires de base ou tout simplement dans un but lucratif. » C’est une ressource complète pour les militants sociaux, les organisations non gouvernementales et les journalistes. Le site est mis à jour quotidiennement. Vous pouvez vous abonner par email ou par flux RSS.

- http://www.landcoalition.org/ -La Coalition internationale est une alliance d’organisations qui travaillent ensemble pour promouvoir un accès sécurisé et équitable à la terre ainsi que le contrôle des terres pour les femmes et les hommes pauvres. Sur ce site, vous pouvez trouver des nouvelles en provenance d’Afrique, des documents d’information sur les questions foncières, et des liens vers de nombreux sites Web connexes.

-http://landportal.info/- Il s’agit d’une communauté en ligne pour les personnes intéressées par les questions foncières. Vous pouvez vous y inscrire, avoir accès à des informations pertinentes et interagir avec d’autres utilisateurs.

De nombreuses ONG internationales font également campagne sur la question des terres. En septembre 2011, Oxfam a publié un rapport examinant certains cas-clés d’investissements fonciers, dont des études de cas concernant l’Ouganda et le Soudan: http://policy-practice.oxfam.org.uk/publications/land-and-power-the-growing-scandal-surrounding-the-new-wave-of-investments-in-l-142858
Depuis la publication du rapport d’Oxfam, l’Organisation des Nations Unies a finalisé et proposé un ensemble de directives volontaires pour la gouvernance des terres. Vous pouvez consulter ce rapport ici : http://www.guardian.co.uk/global-development/2012/mar/14/negotiators-consensus-global-land-governance-guidelines (en anglais seulement)

Les directives de l’ONU seront présentées au Comité des Nations Unies pour la sécurité alimentaire mondiale (http://www.fao.org/cfs/cfs-home/cfs-about/fr/) en mai 2012. Les lignes directrices peuvent être consultées ici (c’est un document PDF de 40 pages) : http://www.fao.org/fileadmin/user_upload/nr/land_tenure/pdf/VG_en_Final_March_2012.pdf (en anglais seulement)

Radios Rurales Internationales a produit une variété de ressources sur la question foncière. Voici quelques faits saillants:

-En novembre 2010, Agro Radio Hebdo a publié une série d’articles, au sujet d’un programme de recherche du CRDI sur les femmes et l’accès à la terre : http://hebdo.farmradio.org/2010/09/20/des-pigistes-dagro-radio-hebdo-couvrent-le-colloque-du-crdi-sur-les-droits-fonciers-des-femmes-a-nairobi-au-kenya/ Vous pouvez consulter ces articles ici: http://weekly.farmradio.org/2010/11/

Vous pouvez également consulter un texte spécialement écrit sur la question du droit foncier des femmes : http://hebdo.farmradio.org/2010/12/20/le-droit-des-femmes-a-la-terre-est-necessaire-pour-le-developpement-communautaire/
Veuillez aussi consulter notre texte de la semaine pour une autre histoire sur les droits fonciers.

Ces ressources, ces histoires et ces textes pourraient vous motiver à faire des recherches sur la question foncière dans votre région. L’accès à la terre est un sujet vaste, et il vous sera plus facile de faire votre recherche et votre planification si vous choisissez un angle spécifique. Par exemple, vous pourriez examiner les questions de propriété foncière. Y a-t-il des règlements qui régissent la propriété foncière ou l’héritage? Est-ce que ceux-ci se contredisent ou sont-ils différents des règles traditionnelles? Comment les deux systèmes interagissent-ils? Comment les deux systèmes affectent-ils les femmes?
Les agriculteurs de votre région possèdent-ils des terres ou sont-ils plus souvent locataires? Comment cela affecte-t-il leur vie quotidienne et les décisions qu’ils prennent?
Essayez d’obtenir une variété de points de vue et des citations d’agricultrices et d’agriculteurs, de responsables gouvernementaux et d’organisations locales de défense des droits.

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Notes aux radiodiffuseurs sur la vente au kilo

Le long des routes, dans la plupart des pays d’Afrique, les agriculteurs et les commerçants vendent des pyramides de tomates, des sacs de cordes d’oignons ou d’oranges, ou des bols de haricots ou de farine. La sélection des meilleurs produits au meilleur prix est un travail qui prend du temps et des bonnes tactiques de négociation. Mais les agriculteurs peuvent être floués par cette méthode de fixation des prix, qui attribue un prix à leurs produits et à leur travail un peu au hasard. La vente des produits basée sur le poids est plus susceptible de donner aux agriculteurs un prix juste, mais c’est un grand changement pour les commerçants et les acheteurs.

Vous pouvez consulter nos archives de textes sur les petites entreprises, qui incluent des textes sur la gestion financière pour les agriculteurs, l’influence de l’offre et de la demande sur les prix et les critères de choix d’un lieu de vente : http://farmradio.org/francais/radio-scripts / enterprise.asp

Est-ce que cette histoire semble pertinente pour votre zone de diffusion? Dans quelle mesure est-il commun pour les agriculteurs de vendre par tas, ou au kilo? Vous pourriez enquêter pour déterminer quelle différence cela fait en matière de prix facturés aux consommateurs et de revenus pour les agriculteurs. Si la vente par tas est plus fréquente, demandez aux agriculteurs et aux consommateurs s’ils pensent que la vente au kilo est plus juste et pourquoi.

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Les prix Radio for Peacebuilding Africa 2012

Les prix RFPA récompensent les meilleures émissions radiophoniques qui contribuent à promouvoir la paix en Afrique. Les prix RFPA reconnaissent plus particulièrement les programmes de radio qui réduisent les tensions entre les groupes et les communautés, qui mettent en valeur les intérêts partagés, qui questionnent les stéréotypes des auditeurs, et/ou qui leur présentent des modèles positifs.

La compétition est ouverte à tous les professionnels de radio africains, hommes et femmes. Les prix seront décernés dans les catégories suivantes : Prix RFPA Genre, Prix RFPA Jeunesse et Prix Spécial du Jury. Trois prix seront distribués pour chacune de ces catégories. Le premier prix sera de 600 euros, le deuxième de 300 euros et le troisième de 150 euros. Les vainqueurs seront honorés au cours d’une cérémonie de remise des prix.

Les émissions peuvent avoir été diffusées dans n’importe quelle langue parlée sur le continent africain, mais doivent être accompagnées d’une traduction en anglais ou en français. Les émissions doivent avoir été diffusées entre le 1er janvier 2011 et le 31 décembre 2011 et doivent durer au minimum 20 minutes. Les participants peuvent soumettre plus d’une émission, mais chaque émission proposée doit faire l’objet d’un dossier de candidature distinct.

Les dossiers de candidatures peuvent être soumis en ligne à rfpa@sfcg.org ou par courrier à l’un des bureaux africains du SFCG (liste disponible à http://www.sfcg.org/sfcg/sfcg_world.html ) ou au bureau de SFCG à Bruxelles.

Toutes les soumissions doivent être reçues avant le 11 mai 2012.

Une liste des soumissions des anciens lauréats est disponible pour écoute et téléchargement, dans la section audio du site RFPA, à l’adresse suivante : www.radiopeaceafrica.org

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RRI dans un magazine pour enfants

L’histoire et le travail de Radios Rurales Internationales ont récemment été publiés dans un magazine pour enfants, au Canada. Le magazine s’appelle KAYAK. C’est le magazine de la Société d’Histoire du Canada pour jeunes lecteurs. Il s’adresse aux enfants de 7 à 12 ans. La section qui met en vedette Radios Rurales Internationales traite essentiellement de la façon dont le Canada a travaillé et a aidé les communautés à travers le monde afin de créer un « monde meilleur ».

Un de nos textes (sur l’agriculture en sac) a été adapté sous forme d’histoire. La page suivante du magazine raconte l’histoire du fondateur de Radios Rurales Internationales, George Atkins. En suivant le lien ci-après, sur ​​le site de la Société d’Histoire du Canada, vous pourrez visualiser une interview vidéo avec Louise Atkins, la fille de George, et voir des photos de George Atkins: http://www.canadashistory.ca/Education/The-New-Digital-History-Education-(2)/The-New-Digital-History-Education-(1).aspx

Vingt mille exemplaires du magazine ont été distribués dans des écoles, partout au Canada. Vous pouvez le lire en suivant ce lien:
http://HistoireCanada.ca/Unmondemeilleur

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Pourquoi les femmes doivent être informées à propos des droits fonciers

Le texte de cette semaine date d’il y a 17 ans mais il est toujours d’actualité. « Pourquoi les femmes doivent être informées à propos des droits fonciers » parle de plusieurs des questions les plus importantes relatives aux femmes et à la propriété foncière. Le texte offre de précieux conseils pour les femmes et les hommes afin de les aider à s’y retrouver quand ils sont confrontés à des questions parfois intimidantes et difficiles à gérer, en matière de droits fonciers. Les radiodiffuseurs qui sont intéressés à produire des émissions sur les droits fonciers, ou tout simplement à en savoir davantage sur cette question devraient consulter ce texte car il suscite une bonne réflexion.

Pourquoi les femmes doivent être informées à propos des droits fonciers

Pochette 37, texte 7

Septembre 1995

En tant que femme agricultrice, que vous possédiez, louez ou empruntez la terre que vous cultivez, il est important d’en savoir plus sur vos droits à la terre. Le fait d’en savoir plus au chapitre des lois et régulations qui s’appliquent à la terre peut affecter votre travail et le bien-être de votre famille.

L’un des aspects les plus importants, quand on est cultivateur, c’est d’avoir un accès assuré à la terre. Parfois des agriculteurs possèdent leurs terres. D’autres en ont hérité de leurs parents ou de la famille. D’autres agriculteurs empruntent ou louent la terre au gouvernement ou à des propriétaire terriens.

Voici pourquoi il est important pour vous d’en apprendre plus sur la terre et pourquoi les femmes ont souvent des questions se rapportant aux droits de la terre.

La terre peut être un sujet délicat dans votre pays parce que de plus en plus de gens ont besoin de terre à cultiver, alors qu’il y en a de moins en moins de disponible. Quand on parle de la propriété de la terre, des gens peuvent avoir peur de perdre la terre qu’ils ont déjà. Vous sentez peut-être que certaines personnes de votre famille ou dans la communauté ne veulent pas discuter avec vous ou avec d’autres femmes de sujets concernant la terre. Mais la possession de la terre est quelque chose dont chacun, dans une famille ou une communauté devrait pouvoir discuter, y compris les riches et les pauvres, les jeunes et les vieux, les femmes et les hommes.

Sans terre, il n’y a pas de nourriture, et la nourriture concerne tout le monde.

Si vous voulez un prêt, vous devrez probablement montrer à la banque un acte notarié se rapportant à votre terre (aussi connu sous le nom de titre de propriété). Un acte notarié est d’habitude un morceau de papier sur lequel il est écrit que vous possédez telle terre. Un acte notarié est la preuve légale que vous possédez telle terre. Vous obtenez un acte notarié de la personne, qui possédait la terre avant vous, lorsque vous l’achetez ou en héritez.

Souvent les banques demandent aux propriétaires terriens de signer un contrat disant que la terre familiale est une garantie, connue également comme collatérale, pour le prêt. Cela veut dire que si l’emprunt n’est pas remboursée la banque prendra la terre. Parfois, les femmes ne savent pas qu’elles doivent avoir un acte notarié pour leur terre avant d’obtenir un prêt de la banque.

Des problèmes peuvent survenir si un mari prend un prêt et utilise la terre familiale comme garantie collatérale à l’insu de sa femme. La femme peut d‚couvrir, plus tard, que lorsqu’un emprunt n’est pas remboursée la banque a le droit de vendre la terre sur laquelle elle vit et cultive avec sa famille. La femme et sa famille peuvent perdre leur terre.

Dans chaque pays, il y a des lois qui réglementent l’achat, la vente, l’héritage de la terre. Ces lois peuvent être traditionnelles ou modernes.

Parfois les agriculteurs connaissent les règles traditionnelles s’appliquant à la terre mais pas les lois modernes. Et puis les lois modernes sur la propriété foncière édictées par des gouvernements peuvent changer. Lorsque les agriculteurs n’étudient pas les nouvelles lois se rapportant à la terre, ils peuvent se retrouver dans une position de faiblesse si quelqu’un remet en question leurs droits d’utiliser la terre, ou s’ils décident de vendre ou de distribuer des terres aux membres de la famille.

Alors que peuvent faire les femmes agricultrices pour mieux protéger et comprendre leurs droits à la terre ?

Pour commencer, si les sujets touchant la terre vous intéressent, demandez à un groupement local de femmes ou une association de cultivateurs s’il y a des gens ou des services qui peuvent vous aider. Vous pouvez recevoir de l’aide, pour la compréhension des textes de lois, d’une école locale, d’une église ou d’un centre de formation. Dans certains pays, les agriculteurs peuvent obtenir des services juridiques gratuitement.

Les femmes jouent un role important dans la production de nourriture, la collecte de l’eau, la plantation d’arbres, et les soins au bétail. Afin de protéger ces ressources, il est important que les femmes sachent qui possède la terre, qui peut la partager ou en hériter.

Si vous améliorez votre compréhension des droits à la terre et des lois, vous serez surement capable de mieux gérer votre terre et les autres ressources.

Remarque

Ce texte a été écrit par Helen Hambly Odame, recherchiste sur les femmes et l’environnement. Son adresse est: c/o Faculté des études environnementales, York University, 4700 Keele Street, North York, Ontario, Canada, M3J 1P3.

La production de ce texte a été rendue possible grâce au généreux support financier de Nancy’s Very Own Foundation, Toronto, Canada.

Pour obtenir plus d’information

Les lois concernant le droit à la terre sont différentes dans chaque pays. Des conseils pratiques concernant les droits à la terre sont toutefois disponibles par the Land Tenure Centre, University of Wisconsin-Madison, 1357 University Avenue, Madison, WI 53715, U.S.A.

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