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Agro Radio Hebdo est un service de nouvelles et d'informations pour les radiodiffuseurs en Afrique sub-Saharienne. Ce service est offert par le Radios Rurales Internationales.

numéro 100

Bienvenue à tous et à toutes !

Nous sommes ravis de vous accueillir pour cette 100e édition d’Agro Radio Hebdo! Avant de souligner cette occasion spéciale, nous voulons souhaiter la bienvenue à nos nouveaux abonnés: Mathieu Bilgo, de l’Association école des citoyens au Burkina Faso; Ficard Ndayimirije, du Réseau d’actions paisibles des anciens combattants pour le développement intégré de tous au Burundi; Dezai Kemonean de Radio N4GOWA en Côte d’Ivoire; Marcel Edson Abissa Kobenan, de Lusophilie Côte d’Ivoire; Noël Banimba Gaston, d’Urgence d’Afrique en République du Congo; Gomperts Michelle, de One Acre Fund au Rwanda; John O’Connell, de Turf-Ag Products en Afrique du Sud, et Ahmed Abdel-Azim, un vétérinaire du Soudan.

Pour célébrer cette occasion spéciale, nous nous apprêtons à republier quelques-unes des meilleures histoires des 99 premières éditions. Le premier article que nous republions cette semaine a été l’histoire la plus consultée sur le site Web d’Agro Radio Hebdo au courant de l’année qui vient de s’écouler. David De Dau a écrit cet article pour ARH. Il a visité les membres d’une communauté soudanaise dont les terres avaient été appropriées ou menacées d’appropriation par des soldats et par une compagnie pétrolière. C’était la première histoire dans notre série spéciale sur l’appropriation des terres agricoles en Afrique, qui a paru en juin et juillet 2009. Cette série s’est révélée extrêmement populaire parmi nos lecteurs. D’autres histoires dans la série sur l’appropriation des terres sont originaires du Malawi, de l’Ouganda et du Ghana. Chacune examine les différentes façons qu’ont adoptées les agriculteurs pour protéger leurs communautés contre des tentatives d’appropriation de terres.

La seconde histoire que nous republions a été l’histoire préférée des abonnés qui ont répondu au sondage ARH 2009. La rédactrice-en-chef d’ARH, Heather Miller, a écrit cette histoire après avoir visité le village de Kitete, dans l’est de la Tanzanie. Elle l’a fait cette visite en compagnie de Lilian Munyuka, une journaliste agricole. Plusieurs agriculteurs dans ce village se sont lancés dans l’élevage des volailles afin d’améliorer l’apport en protéines de leurs familles, ainsi que pour augmenter leurs revenus. L’histoire explique comment, avec l’aide de l’émission de radio que produit Lilian, ces aviculteurs ont appris à réduire leurs pertes.

Pour sélectionner d’autres histoires pour cette édition, nous avons examiné des sujets qui sont importants pour les abonnés d’ARH, ainsi que d’autres histoires préférées parmi celles qui ont été mentionnées dans le dernier sondage ARH. Étant donné que le changement climatique était le thème qui intéressait le plus nos lecteurs, nous avons décidé de republier deux histoires sur la façon dont les agriculteurs prennent des mesures concrètes pour s’adapter au changement climatique. James Ssenabulya, de la radio communautaire de Nakaseke en Ouganda, nous a dit que l’histoire des agriculteurs nigériens qui lutte contre la désertification a été son histoire préférée. « Si les agriculteurs peuvent se mettre à replanter ou laisser des arbres poussés dans leurs champs, ces actions contribueront à préserver l’environnement et en même temps, augmenteront leurs revenus, » dit Ssenabulya. Une deuxième histoire d’adaptation au changement climatique vient du Zimbabwe, où les agriculteurs ont découvert des techniques pour préserver leur bétail et leurs cultures, malgré des conditions météorologiques qui sont de plus en plus incertaines.

Les abonnés d’Agro Radio Hebdo ont également dit, qu’ils sont très intéressés à lire des histoires qui parlent des innovations des petits agriculteurs, des semences, et des femmes en agriculture. Nous republions donc une histoire à propos d’une innovation créée par une organisation de femmes du Burkina Faso, et une autre histoire à propos d’une foire de semences traditionnelles ravivées par des agricultrices au Mozambique. Mahoua Hien a écrit une histoire sur une coopérative de femmes burkinabés qui a créé un nouveau produit, et a trouvé un marché d’exportation, après avoir découvert de nouveaux usages pour le karité. Enfin, François Blackye Ngueye-Nze, de l’ONG Club de l’Amitié qui œuvre en développement rural au Gabon, nous explique pourquoi l’histoire en provenance du Mozambique était sa préférée. Il écrit que cette histoire l’a particulièrement intéressé car le Club de l’amitié voulait organiser ce type d’activité pour permettre aux agriculteurs d’échanger des semences.

Bonne lecture!

-L’équipe d’Agro Radio Hebdo

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Cette semaine dans Agro Radio Hebdo:

Dépêche de Nouvelles Agricoles Africaines

1. Soudan : La communauté de Madi conteste l’appropriation de terres (écrit par David De Dau, pour Agro Radio Hebdo, à Juba, au Sud-Soudan)

2. Tanzanie: Les agriculteurs améliorent leurs moyens de subsistance grâce à l’aviculture (Agro Radio Hebdo)

3. Niger : Les agriculteurs qui plantent des arbres aident à freiner l’avancée du désert sur leurs terres (plusieurs sources)

4. Zimbabwe: Les éleveurs s’adaptent aux nouvelles conditions climatiques (Zimbabwe Standard)

5. Burkina Faso: Un groupe de femmes trouvent de nouvelles utilisations pour « l’or vert» (par Mahoua Hien, pour Agro Radio Hebdo, au Burkina Faso

6. Mozambique – Des agriculteurs échangent des semences localement adaptées lors des foires de semences (LEISA)

Événements à venir

-AMARC-RIF accepte les soumissions dans le cadre de sa campagne de diffusion pour la Journée internationale des femmes

Banque de ressources pour la radio

-En direct de l’Afrique : un guide pour les journalistes de la radio africaine

Les actions de Radios Rurales Internationales

-Radios Rurales Internationales partage ses histoires préférées tirées des 99 premières éditions d’ARH

Le texte radiophonique de la semaine

-« Le fumier : un travailleur magique » et « De l’engrais organique à portée de main »

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1. Soudan : La communauté de Madi conteste l’appropriation de terres (écrit par David De Dau, pour Agro Radio Hebdo, à Juba, au Sud-Soudan)

Beatrice Okayo est debout devant sa cuisine, s’apprêtant à aller cultiver son champ. Elle nettoie la boue sur les lames de ses outils agricoles. Non loin se trouve la petite parcelle de terre où elle cultive du manioc et du maïs. Mme Okayo pointe du doigt une autre parcelle de terre.

«Vous voyez la parcelle de terre, de là à là? Un soldat de la Sudan People’s Liberation Army (SPLA) me l’a prise par la force », explique-t-elle.Mme Okayo vie sur une des fermes de Nimule. Nimule est le chef-lieu de la communauté de Madi, dans le sud du Soudan, à la frontière avec l’Ouganda. Au cours de la guerre civile au Soudan, la communauté de Madi a accueilli des soldats de la SPLA et des milliers de personnes déplacées de leurs foyers par la violence. Mme Okayo avait hébergé un soldat sur une partie de sa terre. Le chef de la communauté de Madi, Alfred Gore, ne pense pas que le système juridique pourra résoudre le problème. Il affirme que la communauté est prête à manifester si le gouvernement du Sud-Soudan n’agit pas en leur nom.

Un accord de paix a été signé au Soudan en 2005. Les personnes déplacées par la violence sont rentrées chez elles. Mais à leur retour, de nombreux Soudanais du Sud ont trouvé que leurs terres avaient été illégalement prises. Les terres de Madi sont connues pour être fertiles et sans moustiques. Elles sont donc très convoitées.

Mme Okayo a demandé au soldat qui occupait sa terre de partir. Mais il a refusé. Il a menacé de la tuer si elle le signalait aux autorités. Mme Okayo dit que beaucoup d’autres personnes ont vu leur terre ainsi saisie à Nimule.

Un autre cas implique une compagnie pétrolière somalienne. Cette compagnie a construit des stations d’essence sur des terres réservées à la production agricole. Il est allégué que le Major Général Wilson Deng aurait vendu des terrains à des investisseurs somaliens.
La communauté de Madi était déterminée à mettre fin aux activités de cette compagnie somalienne. Les anciens de la communauté ont convoqué M. Deng, mais il a refusé de se présenter.

La communauté a constitué un groupe de suivi sur la question, dirigé par leur chef, Alfred Gore. Ils ont publié un communiqué de presse, espérant inciter le gouvernement du Sud-Soudan à intervenir. Le Juba Post a publié la déclaration de la communauté. M. Deng a fait arrêter le journaliste qui a publié l’article. Le journaliste a été libéré avec l’aide de défenseurs de la liberté de la presse.

Agro Radio Hebdo a contacté M. Deng à son domicile, à Juba, pour avoir ses commentaires. Il a dit qu’il avait lutté pour les droits de la population du Sud-Soudan avec la SPLA. « Comment puis-je tourner le dos aux mêmes principes de libération pour lesquels j’ai risqué ma vie? » a-t-il demandé. M. Deng a rejeté les accusations portées contre lui, disant qu’on tentait de souiller son nom.

Au moment de la publication de cet article en juin 2009, M. Deng n’avait pas encore comparu en cour pour répondre aux accusations de détournement de terres. Il était clair pour la communauté de Madi que le nombre d’accaparement de terres augmentait et que le gouvernement du Sud-Soudan n’avait pas encore formulé de politiques pour arrêter ces pratiques.

Le chef de la communauté de Madi, Alfred Gore, ne pensait pas que le système juridique pourrait résoudre le problème. Il affirmait que la communauté était prête à manifester si le gouvernement du Sud-Soudan n’agissait pas en leur nom.

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2. Tanzanie: Les agriculteurs améliorent leurs moyens de subsistance grâce à l’aviculture (Agro Radio Hebdo)

Omar Msham montre fièrement son poulailler. Il s’agit d’un poulailler d’un mètre et demi de hauteur, dans lequel il faut s’accroupir pour inspecter les poulets. Au moment de son inspection, il n’y a que quatre poulets car les autres ont récemment été vendus. Mais c’est du poulailler lui-même que M. Msham est le plus fier. Les murs du poulailler sont faits de briques rouges et d’un robuste treillis métallique à l’avant du poulailler. La construction de ce poulailler a été un investissement important pour l’agriculteur, mais il est confiant qu’il sera en mesure de l’amortir. Il y a seulement un an que M. Msham a commencé à élever des poulets. À ce moment-là, son épouse et lui avaient du mal à nourrir leurs trois enfants. Leurs deux hectares de maïs fournissaient de la nourriture, et leur hectare de tournesol était cultivé pour la vente, mais malgré cela, la famille ne parvenait à manger que deux repas par jour.

L’an dernier, M. Msham a acheté des poussins à élever. Certains poulets sont utilisés pour la nourriture. D’autres sont vendus. M. Msham gagne ainsi environ 20 000 shillings tanzaniens (environ 15 dollars américains ou 11 euros) tous les six mois. Ces suppléments alimentaire et financier lui permettent maintenant d’assurer à sa famille trois repas par jour.

Mais cette nouvelle entreprise n’est pas sans problèmes. Les poulets sont vulnérables. Tous les six mois, M. Msham perd quatre à cinq poulets, suite à des maladies ou à des accidents de bicyclette. Les autres producteurs de poulet de son village (Kitete, dans le district de Morogoro, dans l’est de la Tanzanie) font face à des problèmes similaires. Nombreux sont ceux qui ont investi dans l’aviculture, mais qui perdent une partie de leur volaille chaque année à cause de blessures, de maladie, de vol et d’attaques par d’autres animaux tels que des oiseaux et des chats.

Les agriculteurs ont discuté de ce problème avec Radio Maria, une station de radio locale.Cette station de radio travaille avec Radios Rurales Internationales sur l’Initiative de recherche des radios rurales en Afrique ou IRRRA. Subventionné par la fondation Bill et Melinda Gates, IRRRA recherche à savoir la façon la plus efficace d’utiliser la radio pour améliorer la sécurité alimentaire. Dans le cadre de l’Initiative de recherche des radios rurales en Afrique, Radio Maria a demandé aux agriculteurs du village de Kitete d’énumérer les défis auxquels ils font face. Les agriculteurs de Kitete font face à de nombreux problèmes en lien avec la production et la commercialisation des récoltes et du bétail, mais Radio Maria a décidé de se pencher d’abord sur le problème de la perte de poulets.

Lilian Manyuka est bénévole à Radio Maria depuis plus de cinq ans.Elle anime une émission hebdomadaire qui s’appelle « Busy Village ». Les agriculteurs de Kitete disent qu’ils trouvent toujours le temps d’écouter son émission le samedi matin. C’est en suivant cette émission que les agriculteurs ont appris comment construire un poulailler: dimensions nécessaires et nombre maximal de poulets.

M. Msham a été l’un des premiers du village de Kitete à construire un poulailler, au coût de 50 000 shillings tanzaniens. (environ 38 dollars américains ou 28 euros) Dans un autre village, des agriculteurs sont aussi en train de construire des poulaillers afin d’abriter leur volaille.

Havintishi Salumu a commencé à faire de l’aviculture l’année dernière quand elle a acheté une poule. Elle en a désormais une douzaine. Auparavant, il était difficile pour Mme Salumu d’acheter de la viande, mais maintenant, sa famille mange des oeufs deux fois par semaine et du poulet deux fois par mois. Les poulets sont devenus une importante source de protéines pour sa famille. Pourtant, elle se désole de voir certains de ses poulets volés et ses poussins tués par d’autres oiseaux.

Mme Salumu avait construit la structure extérieure de son poulailler avec des bâtons que son fils aîné a trouvés dans la forêt. Elle prévoyait achever la construction du poulailler en l’espace de deux mois. Elle espérait qu’avec moins de poulets perdus, elle gagnerait assez d’argent pour renvoyer son fils aîné à l’école.

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3. Niger : Les agriculteurs qui plantent des arbres aident à freiner l’avancée du désert sur leurs terres (plusieurs sources)

Ibrahim Danjimo est un agriculteur nigérien dans la quarantaine. Il laboure le sol sablonneux et rocailleux de son petit village depuis son enfance. Il y a environ 20 ans, M. Danjimo avait réalisé que les arbres commençaient à disparaître. Les vents sahéliens soufflaient fort. Les dunes de sable menaçaient d’engloutir sa hutte. Son puits d’eau s’asséchait. Dans les années 1970 et 1980, à cause d’une grave sécheresse ainsi qu’une explosion démographique et des pratiques d’élevage et d’agriculture qui se détérioraient, de vastes étendues de terre ont été dénudées. Le désert semblait déterminé à tout avaler.

M. Danjimo et d’autres agriculteurs dans le village de Guidan Bakoye, au Niger, ont pris une décision qui semblait à l’époque radicale. Ils n’allaient plus enlever les jeunes arbres de leurs champs avant de cultiver les semences, comme ils l’avaient fait pendant des générations. Au lieu, ils protègeraient les arbres et laboureraient soigneusement autour des semis de mils, de sorghos, d’arachides et d’haricots.

Au fil des années, de plus en plus de Nigériens ont compris l’importance de planter des arbres et, ainsi, quelques-uns des effets de la désertification ont été inversés. Ibrahim Idy est un agriculteur nigérien d’un village de la région de Zinder. Une vingtaine de baobabs poussent dans son champ. M. Idy vend les feuilles et les fruits du baobab, ce qui lui rapporte environ 300 dollars américains de revenu additionnel à chaque année. Il a utilisé ses gains additionnels pour acheter une pompe à eau motorisée qui lui permet d’irriguer ses plants de choux et de laitues. Ainsi, ses enfants ne doivent plus porter de l’eau vers son champ et M. Idy peut maintenant se permettre de les envoyer à l’école.

Le Dr. Mahamane Larwanou est un expert en agroforesterie à l’université de Niamey, au Niger. Il croit que plus les arbres poussent au Niger, mieux sera l’adaptation des gens aux changements climatiques. Il dit que de planter des arbres donne aux agriculteurs un contrôle sur ses changements. Par exemple, la plantation d’arbres peut aider à prévenir la destruction de cultures ainsi que des inondations parce que les racines aident à retenir l’eau dans le sol et empêchent le ruissellement de l’eau au-dessus des champs rocailleux et arides ainsi que la création de ravins.

En effet, une compagnie qui s’appelle Tree Nation demande l’aide des gens pour financer la plantation d’arbres dans la communauté de Dosso, au Niger. Selon le site Web de la compagnie, c’est aussi facile que de choisir un arbre, l’acheter en ligne, lui donner un nom et le planter. Le coût? Il varie selon l’arbre que l’internaute achètera. Un arbre Acacia Sénégal coûte 10 euros ou environ 15 dollars américains tandis qu’un baobab coûte 75 euros ou environ 115 dollars américains. La compagnie Tree Nation dit qu’elle travaille de près avec les communautés locales et les pépinières afin de s’assurer que la croissance des arbres se fait dans les meilleures conditions. Elle espère planter 8 millions d’arbres au Niger. À ce jour (février 2010), plus de 100 000 arbres ont été plantés.

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