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numéro 100

4. Zimbabwe: Les éleveurs s’adaptent aux nouvelles conditions climatiques (Zimbabwe Standard)

Raphael Shirto est un agriculteur dans la province de Matabeleland, une région aride dans l’ouest du Zimbabwe. Au cours des dernières années, les effets des changements climatiques sur sa ferme laitière sont évidents. Les pâturages sont bruns et poussiéreux à certains endroits. Des broussailles épineuses poussent maintenant à des endroits où l’herbe devrait pousser. Les forages deviennent de plus en plus faibles.
M. Shirto a dû apporter des changements majeurs à la façon dont il nourrit ses animaux et fait pousser ses cultures. Il ne peut plus uniquement compter sur la pluie pour arroser ses pâturages et ses cultures.

Debout au milieu de plusieurs enclos de vaches, M. Shirto explique qu’il pratique maintenant une technique zéro pâturage. Plutôt que de brouter dans des pâturages, son bétail reste dans des enclos et M. Shirto leur apporte la nourriture.

M. Shirto n’avais jamais irrigué ses champs de sorgho et de mil dans le passé, mais il doit maintenant le faire. Il a appris la technique d’irrigation au goutte à goutte. Cette méthode fournit l’eau directement à la racine de la plante, faisant ainsi une utilisation plus efficace du peu d’eau disponible.
Le professeur Ntombizakhe Mpofu est un spécialiste en matière de bétail qui fait des recherches sur les effets des changements climatiques dans la province de Matabeleland. Il dit que cette zone a toujours été aride, mais que les pluies sont de plus en plus imprévisibles. Au début de 2008, les pluies sont devenues des crues soudaines.

Joseph Ndlovu est également un éleveur de bétail ainsi qu’un cultivateur dans la province de Matabeleland. Il explique que la saison des pluies a grandement changé. En 2008, les crues soudaines, suivi par la sécheresse, ont détruit son acre de maïs.

M. Ndlovu dit que le sorgho et le mil ont survécu à ces changements et promettent une bonne récolte. Il dit qu’il pense changer tous ses champs pour faire pousser du mil et du sorgho, parce que ces cultures sont plus résistantes. Il envisage également de faire pousser des variétés de maïs de courte saison.

La recherche de M. Ndlovu pour des variétés résistantes à la sécheresse s’étend également à ses bovins. Il dit que les agents de vulgarisation lui ont conseillé d’envisager une hybridation des races indigènes avec des races qui sont mieux adapter aux conditions arides.

Professeur Mpofu a une proposition pour les éleveurs qui font face à l’incertitude qu’apportent les changements climatiques. Il explique que les éleveurs doivent préserver le stock d’alimentation en balles ou en enclos pour être prêt à faire face à des pâturages appauvris et des mauvaises récoltes.

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5. Burkina Faso: Un groupe de femmes trouvent de nouvelles utilisations pour « l’or vert» (par Mahoua Hien, pour Agro Radio Hebdo, au Burkina Faso)

L’arbre de karité a longtemps été connu comme étant « l’or vert » des femmes en Afrique de l’Ouest. Plusieurs parties de l’arbre sont cultivées, mais sa plus grande valeur économique se trouve dans la noix de karité. Le beurre produit à partir de la noix de karité est utilisé localement et est maintenant en demande partout dans le monde.

Jusqu’à très récemment, la pulpe verte du fruit de karité était jetée dans le processus de transformation du beurre de karité. Les femmes et leurs enfants dégustaient le fruit alors qu’ils travaillaient dans les champs, mais le fruit n’était jamais utiliser à son plein potentiel.

Tout cela a changé lorsqu’un groupe de femmes au Burkina Faso a décidé de transformer et de vendre le fruit.

L’Association Songtaab Yalgre a acquis une renommée mondiale car elle est la première organisation à produire et à vendre de la confiture de karité. Vendu sous la marque Karidélice, ce nouveau produit a créé encore plus d’emplois dans cette grande coopérative de femmes.

Marceline Ouedraogo est la présidente de l’Association Songtaab Yalgre, ou ASY. Elle explique que les fruits de karité était connus localement comme une délicatesse saisonnière. En créant le Karidélice, l’ASY a trouvé un moyen de préserver le fruit qui pousse en abondance pendant une courte période chaque année.

L’entreprise a créé deux recettes de confiture de karité. Dans une recette, on utilise le miel pour faire ressortir la saveur naturelle du karité, qui est semblable à une date ou à une figue. L’autre recette est vendue sans sucre ajouté.

La production massive de la confiture de karité est devenue possible grâce à une étudiante en génie industriel du Canada qui a travaillé avec les femmes de l’association afin de développer des procédures de contrôle de qualité. Le Karidélice est vendu en Europe, et en mars 2008, l’ASY cherchait à commercialiser le produit aux États-Unis.

L’ASY détient les droits de production pour le Karidélice et est toujours le seul organisme à transformer et à vendre le karité en confiture. L’innovation a remporté de nombreux prix à l’organisation. Mme Ouedraogo explique que l’argent et la notoriété qu’entraînent ces bourses a permis à l’organisme de poursuivre d’autres façons de traiter et de commercialiser les produits de karité.

L’ASY a vu le jour il y a 15 ans, lorsque 30 femmes se sont réunies pour apprendre à lire et à écrire. Aujourd’hui, plus de 3000 femmes font partie de l’organisation et travaillent à faire la transformation du karité et la vente du beurre de karité et de la confiture de karité. ASY a également un centre d’information visant à améliorer la santé des femmes - donnant des formations sur la santé maternelle, la prévention de la propagation du VIH, et la lutte contre la pratique de l’excision.

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6. Mozambique – Des agriculteurs échangent des semences localement adaptées lors des foires de semences (LEISA)

À l’abri du soleil, des agriculteurs se rassemblent pour un marché spécial. Ils étalent des tapis et des tissus aux couleurs vives pour exposer leurs marchandises. Mais aujourd’hui, ils ne vendent pas des récoltes fraîches. Ils vendent plutôt de petites quantités de graines séchées et de boutures. Ces agriculteurs participent à une foire de semences dans la province de Nampula, dans le nord du Mozambique. Au lieu de repartir avec de l’argent dans leurs poches, ils ramèneront avec eux des variétés de semences adaptées aux conditions locales et auront appris comment les faire pousser.

Ana Leite a participé à une telle foire pour la première fois, en 2009. Elle s’est procuré trois nouvelles variétés de semences. L’une d’entre elles était une semence de manioc à peau claire. Cette variété est très recherchée car elle n’est pas amère et peut être consommée crue. Mme Leite a également acheté des semences d’une sorte de canne à sucre qu’elle n’avait jamais vue auparavant. L’agriculteur qui lui a vendu la canne à sucre lui a aussi expliqué comment la cultiver.

Les foires de semences locales permettent aux pratiques d’agriculture traditionnelle de se développer. Il est commun pour des agriculteurs voisins d’échanger des variétés de semences. Lors d’une foire de semences, l’échange se fait à une plus grande échelle. Semences et boutures sont vendues à un prix abordable (bien moindre que dans les magasins).

En 2002, l’Union des Coopératives Agricoles de Nampula a organisé sa première foire de semences dans la province. Le syndicat avait remarqué que les populations locales se détournaient des cultures locales telles que le manioc, la patate douce, le sorgho et le mil. Ils voulaient offrir aux producteurs un lieu d’échange de semences adaptées aux conditions locales qui permette aussi l’échange d’expériences sur la production de ces semences. Par exemple, les agriculteurs peuvent apprendre qu’il y a des variétés qui sont connues pour mûrir rapidement ou pour résister à des parasites communs. Ils peuvent aussi trouver des cultures adaptées aux conditions du sol et de l’eau sur leur propre ferme.

Au fil des années, la foire de semences est devenue très populaire et le syndicat des agriculteurs s’est agrandi. Maintenant, le syndicat organise cinq salons simultanés dans différentes parties de la province. Plus de 700 membres de l’union des agriculteurs ont participé aux plus récentes foires.
Margarita Amisse a pris part à sa troisième foire de semences. Elle a apporté des arachides au marché et est retournée chez elle avec des semences de sésame, de niébé et de riz. Elle a également acheté des semences de maïs pour son voisin. Mme Amisse affirme que les semences disponibles à la foire sont moins coûteuses et beaucoup plus variées que celles vendues dans les magasins.

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Notes aux radiodiffuseurs sur l’appropriation de terres arables:

Au cours des deux dernières années, il y a de plus en plus de demande commerciale pour les terres agricoles et les terres forestières. Selon M. Michael Taylor, chargé de projet pour l’Afrique de l’International Land Coalition (ILC), les membres de l’ILC s’inquiètent de l’intérêt croissant des investisseurs étrangers vis-à-vis des terres africaines et du degré auquel les gouvernements africains semblent prêts à répondre à cette demande en terres arables. M. Taylor précise que, généralement, les investisseurs n’approchent pas les gens qui vivent sur les terres convoitées et dont les moyens de subsistance dépendent de ces terres. Et ça, c’est un problème.

Mais, selon un rapport publié par l’International Food Policy Research Institute (IFPRI), certaines mesures peuvent être mises en place pour assurer que de telles transactions puissent bénéficier à tous, surtout les petits agriculteurs. L’ IFPRI recommande la transparence dans les négociations, le respect des droits à la terre, une distribution équitable des bénéfices, le respect de l’environnement, ainsi que le respect des politiques commerciales nationales. Vous pouvez consulter le rapport de l’IFPRI dans son intégralité, à l’adresse suivante: http://www.ifpri.org/pubs/bp/bp013.asp (en anglais seulement, le document s’intitule: “Land grabbing” by foreign investors in developping countries: Risks and opportunities).

Voici quelques questions qui pourraient servir de piste de réflexion pour un reportage local sur les locations et/ou achats de terres arables dans votre région:

-Qui sont les investisseurs (compagnies privées, gouvernements ou autres) qui cherchent à louer ou acheter des terres arables dans votre région?
-Le gouvernement national a-t-il consulté les petits agriculteurs concernés par ces transactions? Si oui, quel a-été le processus? Si non, que s’est-il passé?
-Quel type d’agriculture (par exemple : commercial ou de subsistance) est couramment pratiqué sur ces terres arables? Quel type d’agriculture les investisseurs ou gouvernements étrangers veulent-ils y faire?
-Qui contrôlera les investissements et qui en profitera?
-Est-ce que les communautés agricoles locales bénéficieront vraiment de ces investissements ou des technologies agricoles promises?
-Si des communautés rurales ont été déplacées, où sont-elles allées? Comment font-elles pour continuer à subvenir à leur besoins alimentaires?
-Y a-t-il des alternatives qui pourraient bénéficier aux communautés rurales, s’agissant de l’achat ou de la location de terres agricoles?

Voici quelques ressources qui peuvent vous aider dans vos recherches sur les achats ou locations de terres arables qui se négocient en Afrique:

-Land grab or development opportunity? Agricultural investment and international land deals in Africa: http://www.iied.org/pubs/display.php?o=12561IIED (en anglais seulement)
-Second wave of colonialism in Africa: http://mostlywater.org/second_wave_colonialism_africa (en anglais seulement)
-Un rapport produit par l’ONG GRAIN qui s’intitule « Main basse sur les terres agricoles en pleine crise alimentaire et financière »: http://www.grain.org/briefings/?id=213
-Voici une carte publiée dans Google Maps par l’International Food Policy Research Institute qui illustre tous les pays où des transactions de terres agricoles ont eu lieu:
http://maps.google.com/maps/ms?ie=UTF8&hl=en&msa=0&msid=100237997621038330776.000468b0a95f89721a96e&ll=18.646245,15.820313&spn=120.933723,198.632813&z=3&output=embed
-Le site Web suivant vous fournit les dernières nouvelles sur les locations et les achats de terres arables à travers le monde: http://farmlandgrab.org/

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Notes aux radiodiffuseurs sur l’aviculture:

Cette histoire démontre le pouvoir qu’à la radio pour soutenir les agriculteurs dans leurs efforts de maintient de la sécurité alimentaire dans les ménages. Si vous avez une histoire à propos de la façon dont votre station de radio a aidé les agriculteurs (par exemple, avec l’augmentation de leur production, avec la réduction des pertes, ou l’amélioration de la commercialisation), s’il vous plaît envoyez vos histoire à la réédactrice-en-chef d’ARH, Heather Miller : hmiller@farmradio.org.

Pour en savoir plus sur l’Initiative de recherche sur les radios rurales en Afrique, visitez le site Web suivant: http://www.farmradio.org/francais/partners/afrri/

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