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Agro Radio Hebdo est un service de nouvelles et d'informations pour les radiodiffuseurs en Afrique sub-Saharienne. Ce service est offert par le Radios Rurales Internationales.

numéro 199

L’eau et les agriculteurs: avantages et enjeux

Les deux articles de cette semaine se concentrent sur la relation entre les agriculteurs et l’eau. Notre première histoire provient de la Tanzanie, où un projet d’irrigation s’avère bénéfique pour les agriculteurs, dans la partie nord du pays. Normalement, les agriculteurs doivent attendre que les pluies commencent à tomber pour planter, puis espérer que leurs cultures mûrissent avant le début de la saison froide. Mais, maintenant que l’eau d’irrigation est disponible, ces agriculteurs peuvent planter des variétés à maturation rapide plus tôt et s’assurer qu’ils auront un bon rendement.

Notre deuxième histoire vient du Congo-Brazzaville et dresse un portrait très différent de la relation entre les agriculteurs et l’eau. À Pointe-Noire, au Congo-Brazzaville, les agriculteurs vivant dans les plaines inondables délaissent leurs terres à cause des inondations annuelles. Mais une famille a décidé de rester et ses membres gagnent très bien leur vie en cultivant et en vendant des légumes.

Jetez un coup d’œil à la section Action de cette semaine. L’Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires (AMARC) a publié une déclaration pour marquer la Journée mondiale de la liberté de la presse, qui a été célébrée le 3 mai dernier. L’AMARC lutte pour le droit des stations de radio communautaires à travers le monde afin qu’elles se développent et travaillent dans des environnements économique et judiciaire sécuritaires.

Bonne lecture!

-L’équipe d’Agro Radio Hebdo

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Tanzanie: Un projet d’irrigation dirigé par des agriculteurs leur rapporte une récolte exceptionnelle (par Paddy Roberts, pour Agro Radio Hebdo en Tanzanie)

Par un beau matin de fin avril, Vincent Hugo regarde le ciel assombri de gros nuages pleins d’humidité. La pluie est arrivée très en retard cette année. Normalement, les agriculteurs du nord de la Tanzanie s’attendent à voir la pluie tomber à la fin février. Mais depuis 5 à 10 ans, les pluies arrivent de plus en plus en retard. Parce que la plupart des agriculteurs plantent seulement après le début des premières pluies, ils espèrent avoir assez de temps pour voir leurs cultures mûrir avant que la saison froide n’arrive.

M. Hugo et les 168 autres membres de la UWAMALE Irrigators & Marketing Co-operative Society Limited ont semé tôt cette année. M. Hugo montre les jeunes plantes en disant : « … ce champ a été planté le 29 janvier, et celui-ci le 15. » Il a un bon accès à l’eau et a choisi de planter une variété de riz appelée wahiwahi, ce qui signifie « allez, vite ! ». Par conséquent, ses semences de riz sont déjà d’aspect laiteux, dans leurs cosses. M. Hugo sourit. Il sait qu’il aura une récolte exceptionnelle.

La coopérative UWAMALE a été lancée à Lekitatu, près d’Arusha, dans le nord de la Tanzanie. À ses débuts, en 1997, elle comptait 15 membres. Elle a été enregistrée en tant que coopérative un an plus tard. Les membres d’UWAMALE travaillent ensemble pour maintenir, réhabiliter et étendre le système d’irrigation local. Cinq canaux d’irrigation transportent l’eau de la rivière Usa vers les 600 hectares de terres où l’on cultive riz paddy, maïs et haricots, ainsi que fruits et légumes. Financé par des subventions des gouvernements central et local, ce projet d’irrigation dirigé par des agriculteurs est largement considéré comme étant le plus réussi en Tanzanie. Il permet aux agriculteurs de planter avant la saison des pluies et de prendre des mesures pour contrôler la situation. Les agriculteurs récoltent jusqu’à six tonnes de riz par hectare, deux fois par an. Avant le système d’irrigation, les rendements d’une ou deux tonnes à l’hectare étaient monnaie courante.

Depuis qu’il s’est joint à la coopérative, M. Hugo a augmenté sa surface de plantation d’un demi-hectare à plus de trois hectares et demi. Alors que lui et sa famille vivaient avant dans une maison d’une seule pièce, faite de bâtons et de boue, ils ont déménagé dans une nouvelle maison en briques, à partir de laquelle M. Hugo dirige un petit magasin, où il vend du savon, de l’huile et des articles ménagers de base. Il peut se permettre de payer des travailleurs agricoles lors de la plantation et de la récolte, et il loue son nouveau motoculteur à d’autres membres de la coopérative.

Bien que la coopérative ait été couronnée de succès, elle est confrontée à certaines difficultés. Les coûts de production sont en hausse et les agriculteurs savent qu’ils ont besoin d’un bon système de gestion des ravageurs pour éloigner les parasites comme les mouches blanches et augmenter les niveaux de rendement. Ils obtiennent peu de soutien du gouvernement et ont de la difficulté à faire entendre leur voix. M. Humphrey Msoya est le président d’UWAMALE. Il note: « Il y a plusieurs systèmes d’irrigation dans le pays. Il serait bénéfique d’avoir une association qui puisse être suffisamment organisée afin de présenter un message unifié aux politiciens. »

La coopérative attend que le gouvernement central tanzanien débloque des fonds d’aide venant du Japon pour la construction d’un local qui sera voué au stockage des semences. Cela permettra aux membres de vendre leurs produits tout au long de l’année, plutôt que de tout vendre au moment de la récolte. En outre, ils veulent avoir accès au crédit. Parce qu’aucune institution financière n’est actuellement disposée à leur offrir des prêts, les membres veulent mettre en place une coopérative locale d’épargne et de crédit.

Les agriculteurs comme M. Hugo et M. Msoya ont amélioré leurs rendements en choisissant soigneusement leurs variétés et en entretenant le système d’irrigation. Leurs vies ont été améliorées grâce à leur travail acharné et leur investissement dans la distribution de la plus précieuse des matières premières: l’eau.

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Congo-Brazzaville: Un agriculteur tire profit d’une plaine inondable (par Jean Pierre Ndinga, pour Agro Radio Hebdo au Congo Brazzaville)

Dans le quartier OCH de Pointe-Noire, la maison en planches de César Ibala, un maraîcher trentenaire, contraste avec les habitations en béton qui l’entourent. Pourtant, l’ameublement d’intérieur est à l’égal de celui des maisons de hauts fonctionnaires. Salon en simili-cuir, téléviseur, table en bois d’okoumé, réfrigérateur… C’est grâce au maraîchage que César Ibala réussit à mener ce train de vie.

M. Ibala exploite un terrain acheté il y a vingt ans par son frère. Située au bord de la Tchinouka, une rivière qui traverse la ville de Pointe-Noire, la parcelle était en proie à des inondations. À chaque fois qu’il pleuvait, César et sa famille avaient toujours les pieds dans l’eau. C’est pourquoi ils se sont installés  deux cents mètres plus loin. Mais faire de l’agriculture sur ce terrain inondable n’était pas gagné. La tendance dans tout le pays est de vendre les terrains situés dans des vasières et des zones inondables.

Rojas Boulingui et sa famille vivaient à cinq mètres de la rivière Songolo. Il explique : « En janvier 2007, suite à une très forte pluie, les eaux ont envahi notre maison. La famille a ainsi décidé de liquider la parcelle. » Aujourd’hui, M. Boulingui et sa famille vivent en location.

Pour sa part, le frère de César voulait vendre le terrain à cause des multiples inondations, mais M. Ibala a refusé. Il se dit convaincu que la richesse vient de la terre. « La meilleure rentabilisation de la terre, c’est l’exploitation agricole », souligne-t-il. « C’est pourquoi, poursuit-il, j’avais opté pour la culture des endives, des tomates, des choux et d’autres légumes, sur le terrain de mon grand frère. » Aujourd’hui, toute la famille se félicite des revenus issus du maraîchage fait sur la parcelle.

Contrairement à M. Ibala, les jeunes de Pointe-Noire rêvent de travailler dans des entreprises pétrolières, considérées comme des creusets de la richesse et donc de la réussite sociale. Ils considèrent l’agriculture comme une sale besogne réservée aux moins lettrés. Même ceux qui ont étudié l’agronomie songent à changer d’activité. C’est le cas d’Alain Malonga. Il est étudiant au lycée agricole public de Brazzaville. Il rêve de s’exiler en France pour étudier l’économie. Il dit : « Après mon Bac en machinisme agricole, je vendrai notre parcelle et j’irai en France pour apprendre un métier décent… tout simplement parce que l’agriculture ne paie pas chez nous. »

M. Ibala se montre donc décomplexé face à ses collègues qui exercent les métiers dits luxueux. Il gagne bien sa vie et ses enfants vont dans les meilleures écoles. Il explique : « En vendant au moins 500 kilogrammes de légumes par mois pendant la saison sèche… je boucle le mois avec près de 300 000 francs CFA (environ 600 dollars américains). Un montant difficile à atteindre quand on est fonctionnaire ». Le salaire minimum au Congo est fixé à 50 000 francs CFA par mois (environ 91 dollars américains).

Mais tout est loin d’être rose pour M. Ibala. En raison de l’impraticabilité de sa parcelle pendant la saison des pluies (octobre à juin), il développe ses activités à plus de 5 kilomètres en dehors de la ville où il loue un terrain. Comme d’autres maraîchers, il dit être confronté à la difficulté de l’accès aux espaces agricoles, du fait de la cherté des terrains imposée par les propriétaires terriens. Il rêve de devenir un grand exploitant agricole. « Pourvu, dit-il, que l’État et les bailleurs de fonds s’investissent en connaissance de cause dans la promotion de l’agriculture ».

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Notes aux radiodiffuseurs sur l’irrigation

L’irrigation est promue comme une méthode pour augmenter les rendements et les revenus des petits producteurs agricoles africains. Pourtant, en Afrique, seul un faible pourcentage de terres agricoles est actuellement irrigué. Les raisons en sont complexes, l’une d’entre elles étant liée aux coûts associés à cette pratique. Dans le texte de cette semaine, une coopérative d’agriculteurs gère un système d’irrigation. Les projets d’irrigation collectifs comme celui-ci réduisent les coûts par agriculteur.
De nombreux types d’irrigation sont adaptés pour les petits agriculteurs, y compris l’irrigation au goutte à goutte, l’irrigation par épandage, l’irrigation à la raie, et de nombreuses autres méthodes.
Il y a des perspectives intéressantes sur l’agriculture irriguée et l’Afrique, dans le blogue de Shanta Devarajan, économiste en chef à la Banque mondiale pour l’Afrique : http://blogs.worldbank.org/africacan/irrigation-and-climate-change

KickStart est un organisme à but non lucratif qui fait la promotion de pompes qui permettent d’augmenter la capacité des petits agriculteurs d’irriguer leurs cultures et d’améliorer leurs rendements et leurs revenus.
L’ONG Practical Action a sur son site Internet une section consacrée à l’irrigation, en particulier à l’irrigation au goutte à goutte et l’irrigation qui utilise une pompe à pédale: http://practicalaction.org/irrigation-techniques-1

Voici une histoire à succès portant sur un système d’irrigation au goutte à goutte fonctionnant à l’énergie solaire, en Afrique de l’ouest : http://www.voanews.com/learningenglish/home/a-23-2010-01-10-voa2-84659447.html
Et voici une histoire venant du Sénégal sur l’utilisation d’une pompe à pédale pour irriguer des terres agricoles : http://africastories.usaid.gov/search_details.cfm?storyID=359&countryID=21&sectorID=0&yearID=5

Radios Rurales Internationales a publié un certain nombre de textes au sujet de l’eau, y compris sur l’irrigation. Vous pouvez les consulter à l’adresse suivante : http://www.farmradio.org/francais/radio-scripts/water.asp

Agro Radio Hebdo a diffusé plusieurs histoires sur l’agriculture irriguée. Voir :

Zimbabwe: Les systèmes d’irrigation apportent de l’espoir aux femmes du district d’Insiza (ARH 193, mars 2012) http://hebdo.farmradio.org/2012/03/19/zimbabwe-les-systemes-dirrigation-apportent-de-lespoir-aux-femmes-du-district-dinsiza-par-zenzele-ndebele-pour-agro-radio-hebdo-au-zimbabwe/

Sénégal: l’irrigation au goutte à goutte augmente la production durant la saison sèche (ARH 30, juillet 2008) http://hebdo.farmradio.org/2008/07/28/1-senegal-l%E2%80%99irrigation-au-goutte-a-goutte-augmente-la-production-durant-la-saison-seche-christian-science-monitor/

Zimbabwe: Les éleveurs s’adaptent aux nouvelles conditions climatiques (ARH 17, juin 2008) http://hebdo.farmradio.org/2008/06/30/2-zimbabwe-les-eleveurs-s%E2%80%99adaptent-aux-nouvelles-conditions-climatiques-zimbabwe-standard/

Est-ce que les agriculteurs de votre région utilisent un système d’irrigation ?
Y a-t-il des grands périmètres d’irrigation appartenant au gouvernement ou parrainés par le gouvernement, dans votre zone d’écoute ? Si c’est le cas, parlez-en aux agriculteurs et demandez-leur si ces systèmes fonctionnent pour eux. Quels sont les avantages ? Quels sont les inconvénients ?
S’il y a des petits périmètres d’irrigation gérés par les paysans, posez des questions sur les avantages et les difficultés qui s’y rapportent.

Quel genre d’irrigation est pratiqué? Peut-être que certains petits agriculteurs font l’irrigation au goutte à goutte pour les cultures de grande valeur telles que les tomates ? Peut-être que certains arbres fruitiers sont entretenus à l’aide d’un système d’irrigation ?

Demandez à des ONG et à des organismes gouvernementaux s’ils jouent un rôle de parrain ou de conseiller pour des projets d’irrigation gérés par des paysans. Une des difficultés posée par les projets d’irrigation est leur coût. Peut-être que des agriculteurs ou d’autres membres de votre auditoire ont trouvé des façons créatives de concevoir des systèmes d’irrigation efficaces et abordables. Renseignez-vous sur ces systèmes. Radios Rurales Internationales aimerait entendre vos témoignages. Envoyez-nous un courriel à farmradioweekly@farmradio.org , ou rendez-vous sur Barza www.barzaradio.org et partagez vos histoires avec notre communauté en ligne.

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Notes aux radiodiffuseurs sur l’agriculture dans une plaine inondable

La culture de plantes dans des zones inondables est possible en tant qu’activité saisonnière. Les petits agriculteurs vivant dans de nombreuses régions d’Afrique dépendent de l’agriculture qu’ils pratiquent dans des plaines inondables comme par exemple le bassin du Nil, qui est sans doute le plus grand et le plus connu. Les plaines inondables peuvent être des endroits très fertiles, étant donné que les inondations annuelles laissent le sol riche en éléments nutritifs. Toutefois, la possibilité d’inondations ou d’engorgement signifie que les agriculteurs ont besoin d’avoir de bonnes connaissances locales afin de planifier quelles cultures semer et à quel moment, afin de leur donner la meilleure chance de survivre.

Voici quelques liens vers des informations supplémentaires sur les systèmes d’irrigation et les plaines inondables en Afrique :

http://www.fao.org/docrep/013/a0444f/a0444f00.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/Lit_%28hydrologie%29

Radios Rurales Internationales a produit un certain nombre de textes liés à l’irrigation et à l’eau, que vous pouvez consulter ici : http://farmradio.org/francais/radio-scripts/water.asp

Et voici une histoire d’Agro Radio Hebdo sur la façon dont les agriculteurs font bon usage des ressources dans des zones humides :

- Mali: Des groupes de femmes restaurent les forêts et améliorent la pêche dans le Delta intérieur du Niger (ARH 122, mai 2010) http://hebdo.farmradio.org/2010/05/24/1-mali-des-groupes-de-femmes-restaurent-les-forets-et-ameliorent-la-peche-dans-le-delta-interieur-du-niger-wetlands-international-mali-ips/

Si vous diffusez dans une région où les fermes des agriculteurs se trouvent dans des plaines inondables, vous pouvez peut-être produire une émission qui se penche sur les complexités de l’agriculture dans les plaines inondables. Les agriculteurs pourraient partager leurs expériences sur le contrôle de l’eau, le choix approprié des cultures à utiliser ou les éléments à considérer pour savoir exactement quand planter pour profiter au maximum de l’eau disponible.

En plus de parler aux agriculteurs, vous pourriez également rencontrer des spécialistes de l’irrigation ou des agents de vulgarisation agricoles qui pourraient parler de bonnes pratiques adaptées pour votre région. Vous pourriez aussi discuter comment les pratiques ont changé au fil des années : y a-t-il plus ou moins d’eaux de crue maintenant ? Y a-t-il des plaines inondables qui ont été aménagées pour des activités commerciales ou d’autres utilisations ? Y a-t-il autant d’agriculture qui se pratique dans les plaines inondables qu’auparavant ? Les durées de plantation ont-elles changé ? Comment les agriculteurs ont-ils appris à s’adapter ?

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