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Agro Radio Hebdo est un service de nouvelles et d'informations pour les radiodiffuseurs en Afrique sub-Saharienne. Ce service est offert par le Radios Rurales Internationales.

numéro 14

Bonjour à tous les membres de la communauté ARH!

Alors que nous vous envoyons cette édition d’Agro Radio Hebdo, la Journée internationale des femmes vient de se terminer. Nous espérons que notre numéro spécial à cette occasion vous à donner quelques idées sur la manière de célébrer l’événement sur vos ondes. Si vous souhaitez voir d’autres thèmes liés à l’agriculture et au développement rural dans un numéro spécial ou une série d’ARH, s’il vous plaît envoyer vos idées à la rédactrice-en-chef d’ARH Heather Miller au hmiller@farmradio.org!

Cette semaine, nous sommes heureux de vous apporter plus de voix de femmes et d’hommes qui gagnent leur vie dans la production alimentaire. Nous avons un rapport spécial de la République démocratique du Congo, rédigé par Sylvie Bora, journaliste avec l’ONG, Search for Common Ground. Mme Bora a investigué comment les mines antipersonnelles placées dans le sol pendant la guerre civile ont eu des répercussions sur les agriculteurs qui reviennent sur leurs terres dans la province du Sud-Kivu après des années passées dans des camps de réfugiés.

Nous avons aussi des histoires sur deux tendances très différentes qui aident les agriculteurs à améliorer leurs rendements et leurs profits. Une des histoires décrit comment l’accès aux agents communautaires en santé animale aide les éleveurs dans le nord de la Tanzanie afin de réduire de façon spectaculaire les taux de mortalité du bétail. Une autre histoire, qui parvient du centre de l’Ouganda, explore la manière dont les agriculteurs augmentent de plus en plus le rendement de leurs récoltes, en utilisant de l’urine humaine comme fertilisant.

Comme toujours, nous vous invitons à visiter le site Web d’ARH (http://hebdo.farmradio.org/) où vous pouvez laisser vos commentaires sur l’un des articles ou vous pouvez partager une idée ou une ressource avec d’autres radiodiffuseurs.

Bonne lecture!

-L’équipe d’Agro Radio Hebdo

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Cette semaine dans Agro Radio Hebdo:

Dépêche de Nouvelles Agricoles Africaines

1. République Démocratique du Congo: Les mines antipersonnelles menacent le retour des agriculteurs (par Sylvie Bora, pour Agro Radio Hebdo, à Bukavu, en République Démocratique du Congo)
2. Tanzanie: Les para-vétérinaires aident à garder les troupeaux en santé (Agro Radio Hebdo, Arusha Times)
3. Ouganda: Les agriculteurs estiment que l’urine est un moyen efficace de produire de l’engrais (The Monitor)

Évènement à venir

-31 mars 2008: Date limite pour l’inscription aux Prix d’excellence en Communication sur le VIH et le SIDA

Banque de ressources pour la radio

-AGFAX Radio fournit des pochettes d’entrevue audio

Les actions du RRRPD

-Le RRRPD demande au gouvernement canadien de se mobiliser pour la sécurité alimentaire, à l’OMC

Le texte radiophonique du RRRPD de la semaine

-Les agriculteurs peuvent gagner un revenu en produisant du compost

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1. République Démocratique du Congo: Les mines antipersonnelles menacent le retour des agriculteurs (par Sylvie Bora, pour Agro Radio Hebdo, à Bukavu, en République Démocratique du Congo)

Echa Byaombe a passé près d’une décennie de sa vie dans un camp de réfugiés en Tanzanie. La guerre civile dans son pays natal, la République Démocratique du Congo, a forcé Mme Byaombe à abandonner sa terre et sa maison. Même si elle a vécu des périodes difficiles en tant que réfugiée, elle a toujours gardé le rêve de retourner à son exploitation agricole - pour une fois de plus profiter des beaux matins dans les champs parfumés.

En octobre 2007, le rêve de Mme Byaombe était sur le point de devenir réalité. Alors que la province du Sud-Kivu regagnait la paix après le conflit, elle est retournée dans son pays natal, dans le cadre d’un effort de rapatriement soutenu par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Après des années de jachère, la ferme de Mme Byaombe était dans un état bien différent. Mais, travaillant très dur, elle a été en mesure de contrôler les mauvaises herbes et rétablir les cultures de maïs et de manioc.

Malheureusement, Mme Byaombe ne savait pas que la plus grande menace pour son succès étaient les mines antipersonnelles qui se trouvaient sur son terrain. Un jour, alors qu’elle s’occupait de ses cultures, sa jambe gauche a heurté quelque chose de dur. Tout ce dont elle se souvient ensuite, c’est qu’elle s’est réveillée dans un lit d’hôpital. Elle avait été frappée par une mine antipersonnelle et avait perdu la moitié de sa jambe gauche.

Elisée Masakala est l’épouse du directeur médical de l’hôpital du territoire de Fizi. Dans les mois qui ont suivi le retour des réfugiés sur leurs terres, elle a vu beaucoup de personnes comme Mme Byaombe qui ont perdu des membres à cause des explosions dans leurs champs.

DanChurchAid est une ONG danoise qui travaille à atténuer l’impact des mines antipersonnelles en République Démocratique du Congo. L’organisation signale que plus de 160 personnes dans la province du Sud-Kivu ont été blessées par des mines antipersonnelles.

DanChurchAid fait partie d’un petit nombre d’organisations ayant la capacité de supprimer en toute sécurité les mines antipersonnelles. Parce que le déminage prend beaucoup de temps, l’organisation se concentre sur les écoles, les dispensaires et les routes. Les fermes ne sont pas considérés comment des hautes priorités.

Toutefois, DanChurchAid s’efforce d’éduquer les agriculteurs et leurs enfants sur les risques des mines antipersonnelles. L’ONG recommande aux agriculteurs de s’informer pour savoir si leur communauté rurale a été affectée par les mines antipersonnelles avant de retourner dans leurs champs. On conseille également aux agriculteurs de ne pas toucher des objets métalliques trouvés dans leurs champs et de quitter leur terrain immédiatement s’ils soupçonnent qu’il peut y avoir une mine dans une partie de leur champ. Les agriculteurs doivent signaler de mines antipersonnelles, de sorte qu’un maximum de personnes dans leur voisinnage soient également conscientes du risque.

Les agriculteurs qui trouvent ou pensent avoir trouvé des mines dans leurs champs doivent souvent chercher un autre emploi jusqu’à ce que leur terre soit à nouveau sans danger. C’est le cas de Mme Byaombe. N’étant plus en mesure de subvenir aux besoins alimentaires de sa famille, Mme Byaombe a trouvé un nouveau rêve. Elle espère obtenir un prêt pour démarrer une petite entreprise.

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2. Tanzanie: Les para-vétérinaires aident à garder les troupeaux en santé (Agro Radio Hebdo, Arusha Times)

Le boubou rouge vif de Gidinyangu Ginyudu contraste fortement avec les plaines du nord de la Tanzanie, où il veille sur son bétail. Ce berger est entouré de ses bœufs et de ses ânes qui broutent dans le pâturage. Comme c’est le cas pour la plupart des gens Barabaig de son district, le bétail de M. Ginyudu constitue son moyen de subsistance. Jusqu’à récemment, son bétail a été constamment menacé par la maladie. M. Ginyudu affirme avoir perdu jusqu’à cinq animaux chaque mois. Le seul vétérinaire praticien disponible était un agent de vulgarisation agricole qui n’a ni l’équipement nécessaire ni les médicaments. Et les honoraires de vétérinaire sont trop élevés pour M. Ginyudu.

Heureusement, maintenant, un programme soutenu par le gouvernement britannique et une ONG qui appellée FARM Africa vise à améliorer l’accès aux soins vétérinaires pour les nomades éleveurs. FARM Africa forme des agents communautaires en santé animale, ou para-vétérinaires, pour prévenir et traiter les maladies courantes.

Dans les communautés du district de Hanang, où FARM Africa a formé des para-vétérinaires, les taux de mortalité animale sont passé de 20 % à seulement 3 %.

Le Dr. Jaribu Sultan est un vétérinaire en charge du système de livraison des animaux de FARM Africa. Il a expliqué que beaucoup d’animaux, en particulier les jeunes veaux et les chevreaux, meurent de maladies qui sont faciles à prévenir ou à traiter. Les maladies transmises par la mouche tsé-tsé et les tiques sont très fréquentes, de même que les vers parasites.

Les para-vétérinaires apprennent comment les maladies animales sont transmises, ainsi que les moyens de les éviter et de les soigner. Ils ne sont pas seulement appelés à visiter un troupeau lorsqu’un animal est malade, ils sont aussi là pour pulvériser des pesticides qui tuent les insectes vecteurs de maladies et pour effectuer des vaccinations de routine et des opérations de déparasitage.

Des animaux en santé produisent plus de lait et de viande. Ils produisent même plus de fumier, qui peut être utilisé comme engrais dans les jardins. Et lorsque les éleveurs vendent leur bétail, ils peuvent recevoir un bien meilleur prix.

Les para-vétérinaires améliorent aussi leurs moyens de subsistance. En plus d’être formés sur les soins vétérinaires et le contrôle des maladies, les para-vétérinaires apprennent à gérer une petite entreprise. Les revenus liés aux services fournis les aident à gagner leur vie et à reconstituer les stocks de médicaments.

Stephano Naaly est l’un des 100 para-vétérinaires formés par le programme de FARM Africa dans le Nord de la Tanzanie. Il dit que le fait de travailler en tant que para-vétérinaire lui a permis d’acheter davantage d’aliments nutritifs pour sa famille et d’envoyer sa fille aînée à l’école.

Toutefois, bon nombre des clients de M. Naaly n’ont toujours pas assez d’argent pour payer pour les soins des animaux. À ces gens, il offre un crédit - que certains seront en mesure de rembourser, et d’autres pas.

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3. Ouganda: Les agriculteurs estiment que l’urine est un moyen efficace de produire de l’engrais (The Monitor)

Jane Mugerwa a trouvé une façon novatrice et peu coûteuse de revitaliser sa plantation de bananes. Ses récoltes ont été affectées par la flétrissure bactérienne de bananes et elle sait qu’une meilleure fertilisation est nécessaire. Mais elle a appris que les engrais chimiques coûteux ne sont pas la meilleure solution. En effet, de bons engrais sont disponibles tout près…dans les latrines de son arrière-cour.

Comme beaucoup d’agriculteurs ougandais, Mme Mugerwa utilise maintenant l’urine humaine pour ses cultures, suite à des recherches qui ont révélé qu’elle constituait un engrais efficace et sans danger.

L’urine humaine contient de nombreux minéraux qui sont bénéfiques pour les plantes, notamment l’azote, le phosphore et le potassium. Les chercheurs de nombreuses régions du monde ont trouvé que cela peut doubler la production de légumes et fonctionne aussi bien, voire mieux que les engrais chimiques.

Le conseil municipal du département de la santé de Kampala a récemment travaillé avec la santé publique et des spécialistes de l’agriculture à l’Université de Makerere afin de tester la sécurité de l’urine utilisée comme engrais. Ils ont constaté que l’urine humaine doit être conservée dans un conteneur scellé hermétiquement pendant deux semaines avant d’être utilisée pour les cultures. Tous ses agents pathogènes seront détruits au cours de cette période.

Le conseil municipal utilise ces informations pour lancer un projet qui permettrait d’améliorer l’assainissement dans les régions de Kampala, tout en fournissant des engrais aux agriculteurs dans les zones rurales des alentours. Des toilettes écologiques d’assainissement spécialement conçues pour séparer l’urine des déchets solides ont été installées dans certaines zones urbaines.

Les membres du Nezikokolima Farmers Group, du district de Mukono ont reçu des livraisons d’urine. Ils ont appris à stocker l’urine pendant deux semaines et à la diluer avant de l’utiliser pour leurs cultures maraîchères et leurs cultures de maïs. L’urine transformée en engrais a été appliquée chaque semaine pendant deux mois.

Cissy Mukasa est l’un des membres du groupe qui ont essayé le nouveau fertilisant. Elle a dit qu’il exigeait beaucoup moins de main-d’œuvre que le fumier des engrais traditionnels, ce qui est important pour elle, les autres personnes âgées et les membres du groupe.

Elle a également déclaré que l’engrais d’urine repousse les pucerons qui causent des dommages aux feuilles de légumes. Cela rend les légumes encore plus sains, et lui permet de les vendre à un meilleur prix.

Les membres du Nezikokolima Farmers Group sont si satisfaits des résultats des engrais d’urine qu’ils prévoient l’achat d’une toilette EcoSan pour une école voisine, afin de garantir un bon approvisionnement d’urine. Les membres prévoient également économiser de l’argent pour construire des latrines EcoSan dans leurs propres foyers.

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