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Agro Radio Hebdo est un service de nouvelles et d'informations pour les radiodiffuseurs en Afrique sub-Saharienne. Ce service est offert par le Radios Rurales Internationales.

numéro 16

Salutations à tous les lecteurs!

Nous sommes heureux de vous retrouver pour ce nouveau numéro d’ARH. Cette semaine, nous abordons l’un des grands débats de l’agriculture d’aujourd’hui - la valeur et la sécurité des organismes génétiquement modifiés (OGM). Notre principal sujet de reportage est la récente décision du gouvernement béninois de prolonger son moratoire sur l’importation, la production et l’utilisation des OGM. Dans la section Notes aux radiodiffuseurs, nous vous fournissons de nombreux liens et des idées pour de nouvelles recherches sur ce sujet complexe.

Nos autres reportages concernent la brusque apparition d’une maladie qui pourrait mettre en péril la sécurité alimentaire au Nigéria et ce que les agriculteurs peuvent faire pour prévenir sa propagation. Nous vous présentons aussi un reportage sur la manière dont certaines communautés en Tanzanie ont triplé leurs revenus en conservant des arbres sauvages et indigènes et en faisant la transformation de leurs fruits.

Nous sommes également très heureux de vous offrir un avant-goût de la Pochette 83 du RRRPD dans la section Texte radiophonique de la semaine. Cette nouvelle pochette de textes radiophoniques, qui est centrée sur les travaux agricoles, a été envoyée le 31 mars à nos partenaires et sera mise en ligne prochainement. Entre temps, vous pouvez consulter l’intégralité du texte radiophonique sur la gestion financière pour les petits agriculteurs.

Enfin, vous pouvez visiter le site Web d’ARH (http://hebdo.farmradio.org/) afin de partager vos idées et expériences sur les questions du jour et lire ce que d’autres radiodiffuseurs ont à dire.

Bonne lecture!

-L’équipe d’Agro Radio Hebdo

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Cette semaine dans Agro Radio Hebdo:

Dépêche de Nouvelles Agricoles Africaines

1. Bénin : Une approche précautionnaire au milieu des débats sur les organismes génétiquement modifiés (Inter Press Service et allAfrica.com)
2. Nigéria: Un Institut conseille aux agriculteurs de se prémunir contre le « yam dieback » (guardian.co.uk)
3. Tanzanie: Les groupes de conservation sauvent les arbres et font des profits (The East African)

Évènement à venir

-Académie estivale de l’IAJ pour les journalistes africains

Banque de ressources pour la radio

-Guide de l’UNESCO: “Comment faire de la radio communautaire”

Les actions du RRRPD

-Radio Yangeni travaille avec la FAO pour améliorer la nutrition et la sécurité alimentaire au niveau local

Le texte radiophonique du RRRPD de la semaine

-La gestion financière pour les petits exploitants

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1. Bénin : Une approche précautionnaire au milieu des débats sur les organismes génétiquement modifiés (Inter Press Service et allAfrica.com)

À l’oeil nu, le maïs ou le soja génétiquement modifié ressemble à du maïs ou du soja conventionnel. Ce n’est que lorsqu’on examine un grain au microscope que l’on découvre que les gènes de l’organisme ont subi des altérations.Les organismes génétiquement modifiés, ou OGM, sont définis comme tout organisme vivant dont le matériel génétique a été modifié artificiellement. Le débat sur leur développement et leur utilisation est un sujet à controverse. Les promoteurs de cette biotechnologie affirment que les OGM peuvent aider à résoudre la faim dans le monde, mais les opposants affirment que les OGM pourraient mettre en danger la santé humaine et pourraient menacer les ressources génétiques naturelles.

Certains pays africains ont interdit les OGM. En mars 2008, le gouvernement béninois a voté pour la prolongation d’un moratoire sur les OGM, initialement adoptée en 2002. En vertu de la loi, les OGM et de leurs dérivés ne peuvent être importé, vendu ou utilisé au Bénin, pour au moins les cinq prochaines années.

Jeanne Zoundjihékpon est professeur à la faculté des sciences agronomiques à l’Université d’Abomey-Calavi, au Bénin. Elle fait également partie de l’organisation GRAIN, une ONG qui estime que la diversité biologique est essentielle à la sécurité alimentaire. Avec l’organisation GRAIN, elle milite contre les OGM en Afrique francophone.

Le professeur Zoundjihékpon considère que la décision du gouvernement Béninois de reconduire, pour une autre période de 5 ans, un moratoire sur les OGM est une victoire pour les agriculteurs et les consommateurs béninois. Elle dit que cela permettra de prendre plus de recul en ce qui concerne les impacts qu’ont les OGM sur l’environnement et la santé humaine.

Mais ce ne sont pas tous les gouvernements africains qui ont eu une approche précautionnaire comme celle du Bénin. L’Afrique du Sud est le premier et le seul pays africain à faire pousser et à commercialiser des OGM. Les entreprises agro-industrielles, telles que Monsanto, la plus importante firme agro-chimique américaine, sont au centre de la mise en place des cultures transgéniques en Afrique du Sud. Ces sociétés font valoir que la biotechnologie est nécessaire pour améliorer la sécurité alimentaire en Afrique par la création de variétés qui sont résistants aux maladies et qui produits de meilleurs rendements.

Le Dr. Melaku Worede est un chercheur éthiopien en génétique de renommée internationale. Il n’adhère pas à la vision des compagnies agro-industrielles. Il affirme plutôt que les Africains doivent intensifier leurs efforts pour protéger leurs ressources phytogénétiques. Le Dr. Worede souligne qu’il n’est pas contre la technologie moderne mais qu’il s’inquiète que la prolifération des OGM dans le contexte actuel pourrait donner aux grandes sociétés de transformation agro-alimentaire, le monopole et le contrôle des ressources végétales du continent au détriment des cultures traditionnelles et des besoins des collectivités locales.

Une préoccupation commune au sujet des OGM, c’est que les agriculteurs ne peuvent sauver les semences de plantes OGM. Les agriculteurs qui achètent des semences OGM sont habituellement tenus de signer des accords avec l’entreprise agro-alimentaire qui stipulent qu’ils ne sauveront pas les semences. Mais, même s’ils les sauvent, les semences d’OGM comme les semences hybrides, ne peuvent se multiplier dans la génération suivante. Par conséquent, les agriculteurs doivent acheter de nouvelles semences de l’agro-entreprise, avant de les planter à nouveau.

Actuellement, une semence d’OGM connu sous le nom de «Terminator» soulève de nouvelles inquiétudes concernant le contrôle qu’ont les agriculteurs sur leurs ressources végétales. Les semences « Terminator » contiennent des gènes qui empêchent les plantes de former de graines que l’ont peut cultiver à nouveau. Beaucoup s’inquiètent que cette caractéristique génétique pourrait affecter les plantes conventionnelles – empêchant ainsi les agriculteurs de sauver des graines, même les semences de leurs cultures traditionnelles.

Ainsi, certains pays africains résistent aux OGM. L’Angola, le Soudan et la Zambie ont refusé toute aide alimentaire sous forme d’organismes génétiquement modifiés. Aussi, l’ONG African Biodiversity Network, en Ethiopie, milite pour le droit des agriculteurs de refuser les semences génétiquement modifiées.

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2. Nigéria: Un Institut conseille aux agriculteurs de se prémunir contre le « yam dieback » (guardian.co.uk)

L’assombrissement des feuilles sur un plant d’igname peut être un signe d’un sérieux problème dans le sol. L’anthracnose, une maladie fongique également connue sous le nom de « yam dieback », se manifeste par un noircissement des feuilles et peut entraîner le vieillissement précoce de la plante, ce qui produit la croissance insuffisante des tubercules. Une alerte a été lancée auprès des agriculteurs nigérians après que la maladie a été signalée dans les états d’Enugu et d’Anambra. Ces états font partie de la ceinture de l’igname, une région du Nigéria qui assure environ 70 % de la production mondiale d’igname. Les ignames sont principalement cultivées par des petits agriculteurs, qui font souvent l’agriculture intercalaire de céréales et de légumes.

Le Dr. Kenneth Nwosu est directeur exécutif du National Root Crops Research Institute, qui a enquêté sur l’incidence du « yam dieback » dans l’Anambra et l’Enugu. Il dit que la maladie pourrait se propager rapidement. Et puisque les ignames sont un aliment de base au Nigéria, on craint que cela ne conduise à une crise d’insécurité alimentaire.

La maladie a probablement été introduite dans la ceinture de l’igname par des boutures ou des semences d’ignames infectées. Si un agriculteur utilise des plants infectés, la maladie peut se propager rapidement à des domaines voisins. Lorsque la maladie se transmet par l’eau, les fortes pluies et l’humidité favorisent la dissémination de la maladie.

Le Dr. John Ikeorgu est le coordinateur du programme d’igname pour le National Root Crops Research Institute. Il dit que le « yam dieback » du Nigéria a dévasté les cultures en 1992. Plus de 90 % des fermes étudiées à l’époque étaient touchées par la maladie.

L’institut a plusieurs suggestions pour les agriculteurs qui veulent prévenir l’infection de leurs cultures par le « yam dieback ». Les agriculteurs devraient se procurer de nouvelles semences ou boutures d’ignames à planter. Au Nigéria, ces dernières peuvent être achetées auprès de l’Agricultural Development Projects ou du National Root Crops Research Institute. L’institut affirme que ses plants hybrides sont résistants au « yam dieback » et peuvent produire deux récoltes par an.

Mettre la terre en jachère (une terre labourable qu’on laisse reposer) peut aussi aider. Le Dr. Ikeorgu explique que la culture de l’igname nécessite des sols très fertiles. Par conséquent, les agriculteurs ont pour habitude de laisser leurs champs en jachère pendant 5 à 10 ans entre les récoltes d’ignames. Mais les besoins croissants en nourriture et en revenus ont poussé les fermiers à planter des ignames plus fréquemment. Une conséquence de cette pratique est que les agents pathogènes des plantes âgées survivent dans le sol et pourraient réinfecter de nouvelles cultures.

D’autres conseils pour la prévention des maladies et la promotion d’un bon rendement d’ignames: planter les ignames au début de la saison des pluies, avant que le sol ne devienne trop humide, désherber les cultures quatre, huit, et 12 semaines après la plantation et appliquer l’engrais à la dose recommandée.

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3. Tanzanie: Les groupes de conservation sauvent les arbres et font des profits (The East African)

Mwadawa Luziga passe la plupart de son temps sur les terres boisées de Miombo, près de son domicile. Les arbres sont à la fois son moyen de subsistence et sa mission. La forêt offre une abondance de fruits sauvages et d’arbres indigènes. Mais afin de réaliser un profit à partir des fruits, les forêts locales doivent être préservées. Plus de 1200 personnes de la région de Tabaro, en Tanzanie, se sont joints à des groupes qui oeuvrent à conserver les terres boisées de Miombo. Ces vastes forêts sont situées dans le centre-sud de l’Afrique, s’étendant de l’ouest de l’Angola à l’est de la Tanzanie. Mais elles ont rapidement disparu en raison de la surexploitation des arbres.

En Tanzanie, une chute des prix des cultures vivrières avait contraint de nombreux agriculteurs à abandonner leurs champs pour se tourner vers la forêt, dont ils coupaient les arbres pour les vendre comme bois d’oeuvre et bois de chauffage. Mais maintenant, les habitants ont appris à vivre des ressources forestières sans avoir à abattre les arbres.

Tout a commencé quand un institut de recherche agricole a obtenu une bourse pour développer une technologie de transformation des fruits. À partir de là, des groupes de conservation ont été formés, entraînés et équipés avec du matériel pour la fabrication de confitures, de jus de fruits, et de vin.

Mme Luziga explique que les groupes ont parlé aux collectivités de l’importance de la conservation. En conséquence, affirme-t-elle, ce n’est plus ‘‘à la mode’’ de couper les arbres indigènes et sauvages pour le bois de chauffage. Les conversationnistes comme elle assurent aussi, de façon bénévole, la surveillance des forêts et la protection de ces dernières contre la surexploitation forestière.

Maintenant que tant de gens font la transformation de fruits, ils ont tout intérêt à préserver les forêts. Leurs confitures, jus, et vins sont vendus dans les villes et sont devenus populaires auprès des visiteurs dans la région.

David Mayanga est un agent de vulgarisation dans la région de Tabaro. Il dit que de nombreuses familles ont vu leur revenu tripler avec le développement de l’industrie de transformation des produits fruitiers. La promotion des fruits transformés a permis d’améliorer l’alimentation des familles et d’améliorer l’accès aux soins de santé et à l’éducation.

La demande pour des fruits produits localement a aussi augmenté. Maintenant, des groupes de conservation planifient d’utiliser encore plus les fruits de la forêt, qui se retrouvent dans des récoltes exceptionnelles une fois par an. Les groupes ont l’intention d’acheter des réfrigérateurs fonctionnant à l’énergie solaire afin de préserver plus de fruits assez longtemps pour assurer un traitement adéquat.

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