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Agro Radio Hebdo est un service de nouvelles et d'informations pour les radiodiffuseurs en Afrique sub-Saharienne. Ce service est offert par le Radios Rurales Internationales.

numéro 22

Bonjour à tous!

Nous vous souhaitons la bienvenue à une nouvelle édition d’Agro Radio Hebdo après deux semaines de repos! Suite à notre retour de vacances, nous sommes très heureux de vous amener une édition pleine des nouvelles et des ressources. Nous sommes particulièrement heureux de souhaiter la bienvenue aux nouveaux abonnés d’ARH en provenance du Bénin, du Burnika Faso (2), du Burundi, de la République Démocratique du Congo, de la Guinée, du Malawi (10 !), du Togo et de l’Ouganda (2). Ibrahima Sory Sano est le premier abonné à partir de la Guinée.

Au cours de notre arrêt de publication, certains lecteurs ont utilisé la section commentaire du site d’ARH (http://hebdo.farmradio.org/) pour partager leurs idées avec la communauté. Nous voulons remercier Jean Jacques Kabusala de la République Démocratique du Congo qui a donné son opinion sur les activités minières qui perturbent les communautés rurales, et Lawal Ali Garba, qui a laissé un commentaire sur un incident d’intoxication alimentaire dans une école nigériane. Suite au commentaire de M. Garba, nous avons fait le suivi sur ce cas d’intoxication causé par une application inadéquate des pesticides et nous vous amenons plus de détails sur cet incident avec une histoire dans la Dépêche de Nouvelles Agricoles Africaines.

Nous vous amenons aussi une histoire sur la popularité grandissante des légumes traditionnels. C’est une histoire qui prend une ampleur significative alors que les prix des denrées alimentaires augmentent car les légumes traditionnelles ont besoin moins d’engrais et de pesticides que leurs équivalents exotiques. Finalement, nous nous tournons vers le Soudan pour vous amenez une histoire inspirante de deux communautés où des groupes de bergers et d’agriculteurs vivent en paix et ont appris à coopérer.

Vous vous rappelez peut-être de nos annonces à propos du concours de rédaction radiophonique qui s’intitule Les stratégies des agriculteurs africains pour faire face aux changements climatiques, offert par les Radios Rurales et CTA. Eh bien ! Les résultats du concours sont maintenant disponibles et nous sommes très heureux de vous annoncer que trois des gagnants sont des abonnés d’ARH! Trois autres gagnants sont associés à des organismes où au mois une personne est abonnée à ARH! Vous trouverez tous les détails sur les résultats du concours de rédaction radiophonique dans la section Les actions des Radio Rurales.

Nous aimerions savoir ce que vous pensez de cette édition d’ARH! Quels articles étaient vos préférés, et quels enjeux aimeriez-vous voir dans les prochaines éditions? Envoyez-nous vos réactions à farmradioweekly@farmradio.org.

Bonne lecture!

-L’équipe d’Agro Radio Hebdo

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Cette semaine dans Agro Radio Hebdo:

Dépêche de Nouvelles Agricoles Africaines

1. Nigéria: Des intoxications alimentaires rappellent l’importance d’entreposer les haricots et les grains de façon sécuritaire (journaux nigérians divers, Réseau d’information régional intégré des Nations Unies, Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture)

2. Afrique de l’est : Les légumes indigènes reviennent en force (New Vision, New Agriculturalist)

3. Soudan: Des melons comme signe de paix entre les agriculteurs et les bergers (Réseau d’information régional intégré des Nations Unies)

Évènement à venir

-14 au 18 Juillet: Un cours qui s’intitule ‘International News’ pour les journalistes africains francophones

Banque de ressources pour la radio

-De nouvelles TIC pour la radio rurale (par Mark Leclair, stagiaire des Radios Rurales Internationales)

Les actions des Radio Rurales

-Des membres de la communauté ARH parmi les lauréat(e)s du concours continental de rédaction de textes radiophoniques

-Protéger les céréales stockées contre les dégâts causés par les coléoptères

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1. Nigéria: Des intoxications alimentaires rappellent l’importance d’entreposer les haricots et les grains de façon sécuritaire (journaux nigérians divers, Réseau d’information régional intégré des Nations Unies, Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture)

Les sacs de haricots stockés peuvent être très avantageux durant la saison sèche – une source de mets nutritifs à déguster pendant que les cultures pour la saison suivante sont en train de se développer. Mais des rapports récents d’intoxications alimentaires dans certaines parties du Nigéria ont amèrement rappelé que la nourriture stockée avec des pesticides non sécuritaires peut causer des maladies et même la mort.Au mois d’avril, dans l’état de Gombe, des élèves de l’École Gouvernementale Secondaire pour Filles ont consommé un plat de haricots. Ces filles sont tombées malades presque immédiatement, souffrant de vomissements et de diarrhée. Plus de 100 élèves ont dû être conduites d’urgence à l’hôpital. Heureusement, elles se sont toutes rétablies.

Les haricots ont été examinés par l’Agence nationale pour l’administration des aliments et des médicaments (NAFDAC, en anglais), ce qui a révélé qu’ils contenaient des niveaux élevés d’un insecticide potentiellement fatal. Le lindane, aussi appelé Gammalin et d’autres noms de marques, semble avoir été utilisé pour protéger les haricots contres les attaques de ravageurs. Le lindane est une neurotoxine et possiblement un agent cancérogène qui est pourtant interdit dans 50 pays.

Alors même que les cas d’intoxications de l’École pour filles étaient largement relatés dans les médias nigérians, une autre crise d’échelle similaire s’est produite dans la région de Bekwarra, dans l’état de la Cross River. Selon la NAFDAC, plus de 100 personnes ont été hospitalisées après avoir mangé des haricots et du moi-moi, un gâteau de haricots cuit à la vapeur. On a rapporté que deux enfants sont morts. Là encore, des tests de laboratoires ont été faits sur la nourriture mise en cause. Les haricots provenant des maisons et des marchés contenaient des niveaux élevés de plusieurs pesticides hautement toxiques.

La NAFDAC a réagi en interdisant plus de 30 produits agrochimiques, incluant le lindane. Cette agence compte aussi de tenir des ateliers sur l’utilisation sécuritaire des pesticides utilisés pour la conservation alimentaire, en partenariat avec CropLife, un groupe qui représente des compagnies commercialisant des pesticides.

William Joseph est le directeur de recherche de l’Institut nigérian de recherche sur les produits entreposés. Il dit que beaucoup d’agriculteurs nigérians utilisent simplement n’importe quel agent chimique de conservation qu’ils peuvent trouver pour leurs produits. Joseph suggère que la plupart des agriculteurs ne font pas la différence entre les pesticides destinés à être utilisés dans les champs et ceux pour les aliments entreposés. Les pesticides destinés aux aliments entreposés sont généralement conçus pour durer plus longtemps et sont habituellement sécuritaires s’ils sont consommés en quantités minimes.

La FAO aussi souligne l’importance d’utiliser le produit adéquat pour l’utilisation correspondante. Lorsqu’ils ont à choisir un pesticide, les agriculteurs devraient consulter une source fiable, telle qu’un agent de vulgarisation du gouvernement ou une ONG reconnue. Les agriculteurs devraient ensuite rechercher des produits correctement emballés provenant de commerçants ayant une bonne réputation; si un produit chimique a une étiquette contrefaite ou un emballage laissant fuir son contenu, il doit être considéré comme non sécuritaire.

Par la suite, il est essentiel de suivre les directives d’utilisation pour assurer que les pesticides seront efficaces contre les ravageurs mais non toxiques pour les futurs consommateurs. La FAO note que les préparations en poudre de pesticides destinés aux aliments entreposés sont généralement les plus appropriées pour les cultures à petite échelle. Il convient de se protéger en portant des gants et un masque (ou un mouchoir) lorsque le produit est appliqué.

Il existe aussi des options biologiques. La cendre et le poivre de Cayenne ont tous deux une efficacité prouvée pour la protection de la nourriture entreposée contre les ravageurs.

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2. Afrique de l’est : Les légumes indigènes reviennent en force (New Vision, New Agriculturalist)

Un certain légume feuillu est de plus en plus populaire dans les champs et sur les marchés à travers l’Afrique de l’est. Sur la plantation familiale de la famille de Caleb Bangirana, dans le District d’Isingiro (dans l’ouest du Kenya), cette plante pousse au beau milieu des bananiers. Avec ses larges feuilles vertes regorgeant de nutriments, cette plante traditionnelle, de la famille des solanacées, sort de l’ombre des légumes exotiques.M. Bangirana explique que les agriculteurs de cette région avaient autrefois une attitude négative vis-à-vis de la culture de légumes. Et les légumes traditionnels comme ceux de la famille des solanacées (Solanum scabrum and Solanum villosum), la plante araignée (cleome gynadra), et les baies amères (Solanum giganteum) étaient souvent négligés, en faveur des choux, des tomates, des carottes et d’autres légumes exotiques.

Mais ces attitudes sont en train de changer. Maintenant, dans la paroisse où vit M. Bangirana, plus de 30 foyers font pousser des légumes en vue de les commercialiser dans leur district. Le fait que les légumes indigènes sont tellement faciles à cultiver a contribué à changer la perspective de la population. Les solanacées africaines et les amaranthes, par exemple, se sont très bien adaptées au climat local et résistent aux maladies et aux ravageurs qui peuvent détruire les légumes exotiques.

L’intérêt croissant des agriculteurs pour les légumes traditionnels a permis aux consommateurs de redécouvrir leur goût pour les aliments locaux. Au Kenya et en Tanzanie, un groupe d’ONG fait la promotion de cette tendance.

Patrick Maundu est membre de l’ONG Biodiversité Internationale qui travaille sur un projet visant à promouvoir la production et la vente de légumes africains traditionnels. Selon Maundu, le premier supermarché qui a décidé de proposer des solanacées à ses clients a très vite écoulé ces stocks. Les solanacées, ainsi que l’aubergine africaine, sont désormais des articles faciles à trouver dans les épiceries et les marchés locaux en Afrique de l’Est.

M. Maundu dit que ces variétés de légumes traditionnels sont plus nutritives que leurs alternatives exotiques. Les solanacées africaines sont une bonne source de protéines, de fer, de vitamine A, d’iodine, de zinc et de sélénium, ce qui fournit de plus hauts niveau de ces nutriments par rapport au chou. Ces vitamines et micronutriments sont spécialement importants pour les personnes à risque de développer une malnutrition ou certaines maladies; ceci est particulièrement vrai pour les personnes vivant avec le HIV/SIDA.

Ainsi, le regain d’intérêt pour les légumes traditionnels bénéficie à la fois aux consommateurs, qui tirent avantage de leur valeur nutritive, et aux agriculteurs, qui améliorent leurs revenus financiers. Cela fait trois ans que la famille de M. Bangirana, sans difficulté particulière, fait pousser des légumes traditionnelles sur leur plantation de bananes, assurant un revenu additionnel de 30 à 50 000 shillings ougandais (environ 30 dollars américains, soit 20 euros) par mois.

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3. Soudan: Des melons comme signe de paix entre les agriculteurs et les bergers (Réseau d’information régional intégré des Nations Unies)

Les agriculteurs du village de Gereigikh, au Soudan, ont une bonne raison de planter des melons. Ce n’est pas pour les déguster durant les jours chauds qu’ils les font pousser. C’est plutôt dans l’espoir d’attirer le bétail et les chameaux des troupeaux des pâturages.Ad-Dukhri Al-Sayed est un leader dans la communauté de Gereigikh. Il explique que, il y a de cela bien longtemps, les agriculteurs avaient remarqué que quand les troupeaux visitaient leurs champs, leurs excréments stimulaient la production agricole. Les agriculteurs ont très vite compris qu’en plantant des melons, ils avaient plus de chance d’obtenir de l’engrais ‘naturel’ gratuitement.

Gereigikh est situé dans l’état du Kordofan Nord, à quelques centaines de kilomètres seulement du Darfour, où de violents conflits perdurent depuis plusieurs années. À Gereigikh comme dans de nombreuses régions où les activités pastorales et les activités agricoles sont toutes deux pratiquées, il y a un historique de tensions liées aux droits de la terre et au droit de pâture. M. Al-Sayed dit que la paix entre les bergers et les agriculteurs, dans son village, s’est établie lorsque ces deux groupes ont réalisé qu’ils pouvaient bénéficier l’un de l’autre.

La coopération entre les Gawamha, un groupe dont les membres sont traditionnellement des agriculteurs, et les Kawahla, qui sont traditionnellement des bergers, s’étend maintenant bien au-delà des melons. Faisal Eljack a étudié les relations entre ces deux groupes pour une ONG britannique, SOS Sahel. Il explique que les bergers fournissent aux agriculteurs des produits comme le lait, le beurre et le fromage. Les agriculteurs, quant à eux, approvisionnent les bergers en produits de la terre : millet, sorgho et légumes.

Ces rapports avantageux ont conduit le peuple berger Kawahla à passer plus de temps dans le village. Des mariages entre les deux groupes ont solidifié leurs liens.

Certaines ONG internationales ainsi que l’Université de Khartoum ont développé un intérêt particulier pour le village de Gereigikh et pour celui d’Iyal Ali, une autre communauté de l’état du Kordofan Nord, où les agriculteurs et les bergers vivent en harmonie. Les chercheurs notent que les changements climatiques jouent aussi un rôle dans la raréfaction des ressources partagées par ces deux groupes, et ils essaient de s’expliquer comment ces villages parviennent à maintenir la paix.

Il y a, de temps en temps, des conflits entre les Gawamha et les Kawahla, habituellement en lien avec les animaux qui broutent dans les champs cultivés ou les points d’eau partagés. Un système traditionnel bien établi s’est avéré efficace dans la résolution des conflits. Durant des sessions de médiation, appelées judiyya, les chefs traditionnels en appellent à la sagesse et à l’honneur des parties impliquées. Ils s’efforcent de trouver des solutions acceptables pour toutes les parties.

Et pour chaque dispute, il y a un exemple de bergers et d’agriculteurs mettant en commun leurs ressources, même en temps de sécheresse. Les deux groupes partagent la croyance que toute personne devrait aider ses voisins, quand elle le peut, car elle pourrait bien avoir de mauvais jours dans le futur et elle pourrait alors avoir à demander de l’aide à ces mêmes voisins.

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