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Agro Radio Hebdo est un service de nouvelles et d'informations pour les radiodiffuseurs en Afrique sub-Saharienne. Ce service est offert par le Radios Rurales Internationales.

numéro 24

Bonjour à tous!

La semaine dernière, le sommet de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) sur la sécurité alimentaire a attiré l’attention des dirigeants du monde, et le monde des médias, vers les petits agriculteurs. Survenant à la suite d’une flambée fulgurante des prix des denrées alimentaires de base, aussi qualifiée de « crise alimentaire », la réunion est devenue un forum de discussion sur la façon dont plus de nourriture pourrait être produite à l’échelle mondiale, en particulier dans les pays où la nourriture est devenue inabordable pour de nombreuses personnes.

L’équipe d’Agro Radio Hebdo a suivi la conférence en utilisant les fichiers audio publiés sur le site web de la FAO, et grâce à la couverture de médias alternatifs tels que la télévision du Forum social mondial. Nous étions désireux de faire écho à la voix des agriculteurs africains, mais nous avons constaté que, bien que des représentants d’organisations paysannes étaient présents à Rome, leur point de vue n’a pas été représenté dans la déclaration finale du sommet. Les dirigeants de groupes représentant les petits agriculteurs d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique de l’Est ont suggéré que les pays africains doivent s’éloigner de la libéralisation du marché agricole et devraient plutôt donner des subventions à leurs agriculteurs et imposer des droits de douane sur l’importation afin de protéger leurs marchés locaux et d’assurer l’approvisionnement alimentaire. Nous avons également un article qui nous vient d’un nouveau correspondant, Joshua Kyalimpa, à Kampala, en Ouganda. L’article de Joshua parle de la façon dont une politique agricole protectionniste - rejetant les principes de la libéralisation du marché - a conduit à une augmentation rapide de la production de riz ougandais au cours des dernières années.

Les politiques commerciales et leur impact sur les agriculteurs sont toujours des sujets qui suscitent des discussions et des débats intéressants. Nous vous invitons à utiliser les documents présentés dans l’édition d’ARH de cette semaine afin de générer une discussion sur vos ondes (peut-être en utilisant les suggestions de la section Notes aux radiodiffuseurs), et à visiter le site Web d’ARH (http://hebdo.farmradio.org/) pour y laisser vos commentaires et partager vos idées avec d’autres lecteurs d’ARH.

Enfin, nous tenons à saluer les nouveaux membres de la communauté ARH - John Yvon Mutombo, de Jeunesse en Mission pour Christ, en Afrique du Sud, Pungu Lukombe, de la Radio Télévision Amani, en République Démocratique du Congo ainsi que 10 nouveaux abonnés de l’Ouganda! S’il vous plaît, n’oubliez pas de partager les articles d’ARH avec tous vos collègues en leur envoyant les articles par courrier électronique ou en les invitant à s’abonner à ARH : http://www.farmradio.org/francais/partners/fr_weekly_subscribe.asp.

Bonne lecture!

-L’équipe d’Agro Radio Hebdo

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Cette semaine dans Agro Radio Hebdo:

Dépêche de Nouvelles Agricoles Africaines

1. Afrique de l’est : les droits de douane sur le riz importé encouragent la production locale (écrit par Joshua Kyalimpa, pour Agro Radio Hebdo, à Kampala, en Ouganda

2. Italie: les dirigeants du monde se tournent vers les petits agriculteurs, mais sont-ils à l’écoute de ses derniers? (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, TV Forum social mondial)

Évènement à venir

-30 juin 2008: Date limite pour soumettre sa candidature pour le Prix Lorenzo Natali

Banque de ressources pour la radio

-Audacity: logiciel d’édition audio libre et à source ouverte

Les actions des Radio Rurales

-Le guide pour l’établissement d’une station de radio communautaire est maintenant en ligne

Le texte radiophonique de la semaine

-Former une coopérative d’agriculteurs efficace

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1. Afrique de l’est : les droits de douane sur le riz importé encouragent la production locale (écrit par Joshua Kyalimpa, pour Agro Radio Hebdo, à Kampala, en Ouganda)

Sur son acre de terre, l’agriculteur ougandais Geoffrey Bisubirwa peut cultiver assez de riz chaque saison pour gagner au moins 150 000 shillings, soit l’équivalent de 100 dollars américains ou 60 euros. C’est un bon investissement, considérant qu’un agriculteur qui fait pousser du maïs, une des cultures les plus prisées en Ouganda, gagnerait moins de 75 000 shillings ougandais – environ 50 dollars américains ou 30 euros.

Jusqu’à il y a quelques années, Geoffrey Bisubirwa n’était pas en mesure de vendre son riz parce que le marché local était saturé de riz meilleur marché en provenance d’autres pays comme l’Inde, le Vietnam et le Pakistan. Les gouvernements dans ses pays asiatiques subventionnent les producteurs de riz. Toutefois, la production de riz en Ouganda est à la baisse depuis les années 1990 parce que le gouvernement, à l’instar de nombreux autres pays africains, avait fortement réduit ou éliminé les droits de douane sur les importations de riz, dans le cadre d’un effort mondial vers la libéralisation des marchés.

Toutefois, en 2004, la communauté d’Afrique de l’Est, un groupement de cinq pays (l’Ouganda, le Kenya, la Tanzanie, le Rwanda et le Burundi), avait décidé de réintroduire les droits de douane sur le riz importé. Maintenant, les droits à l’importation ont ramené le sourire sur le visage des agriculteurs ougandais, en leur donnant une raison de faire pousser à nouveau du riz.

En effet, les agriculteurs ougandais font pousser beaucoup plus de riz. Le Ministère ougandais du Commerce projette que la production de riz devrait atteindre les 180 000 tonnes métriques cette année, contre 135 000 en 2006 et 102 000 en 2005.

Okasai Opolot est le commissaire pour la production agricole et la commercialisation. Il s’attend à ce qu’il n’y ait bientôt plus d’importation de riz. L’Ouganda espère devenir le panier alimentaire de la région, ciblant des marchés comme le Sud-Soudan et l’est de la République Démocratique du Congo.

M. Okasi Opolot reconnaît que ces mesures vont à l’encontre des politiques établies par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. Mais il n’hésite pas à ajouter que ces mêmes organisations n’ont pas réussi à freiner les subventions qu’offrent d’autres pays à leurs agriculteurs.

Néanmoins, le gouvernement ougandais est prêt à faire face aux pressions qu’exerceront sûrement l’Organisation mondiale du commerce et la Banque mondiale pour que l’Ouganda rouvre son marché à l’importation de riz. Le gouvernement ougandais investit présentement dans la recherche de nouvelles variétés de riz qui pourraient faire concurrence au riz importé sur la base de leur qualité.

Le Dr. Ram Chaudhary est le chef du projet pour le Nouveau riz pour l’Afrique, connu sous le nom de NERICA. Il dit que son organisation a produit une nouvelle variété de riz appelé NERICA 10, qui fera fortement concurrence au riz importé. Selon le Dr. Chaudhary, le nouveau riz a réintroduit un arôme et un goût que les ougandais aiment, qui ne se retrouve pas dans les variétés de riz importé. Il dit que le NERICA 10 devrait être en mesure de faire concurrence au riz importé, même si les droits de douane sur les importations sont suspendus à l’avenir.

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2. Italie: les dirigeants du monde se tournent vers les petits agriculteurs, mais sont-ils à l’écoute de ses derniers? (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, TV Forum social mondial)

Loin des exploitations agricoles à petite échelle, où une grande partie de la nourriture mondiale est cultivée, les dirigeants de 181 pays se sont réunis pour chercher des solutions à la crise alimentaire actuelle. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a organisé un sommet sur l’alimentation à Rome, en Italie, au cours de la première semaine de juin.

La réunion a braqué l’attention du monde sur les petits exploitants agricoles et les gens qui travaillent sur leurs exploitations. La réunion s’est clôturée avec une déclaration sur l’importance de soutenir les petits agriculteurs afin d’augmenter la production alimentaire à l’échelle mondiale. Mais il y a eu peu d’indications démontrant que le sommet ou sa déclaration ont tenu compte des commentaires des organisations paysannes qui se sont rendues à Rome pour témoigner de la perspective des agriculteurs.

Les pays participants ont promis des milliards de dollars afin d’appuyer la déclaration de la Conférence et de soutenir les petits agriculteurs en leur facilitant l’accès aux semences, aux engrais et aux marchés de produits frais. Des groupes d’agriculteurs présents à la conférence partagent cet objectif – celui de soutenir les petits agriculteurs dans leur production et leur accès aux marchés. Cependant, il y avait une grande différence d’opinion sur le type de soutien dont les petits agriculteurs ont besoin.

M. Philip Kiriro est le président de la Fédération des agriculteurs d’Afrique de l’Est -Kenya. Il dit que les gouvernements africains doivent investir dans la petite agriculture - et qu’ils doivent être en mesure de fournir à ces agriculteurs des subventions et une protection contre la volatilité des marchés.

Ndiogou Fall est le président du comité exécutif pour le Réseau des organisations paysannes d’Afrique de l’Ouest. M. Fall est d’avis qu’il faut mettre un frein aux politiques de libre-échange afin d’accroître la production agricole des exploitations à petite échelle en veillant à ce que les agriculteurs tirent profit de leur travail. Fall dit que, depuis 40 ans, les gouvernements africains se font dire que la libéralisation du commerce est nécessaire, mais qu’il est maintenant temps de trouver une autre façon de faire.

Cependant, la Déclaration du sommet soutient une poursuite sur la voie vers l’ouverture des marchés mondiaux et la libéralisation du commerce mondial. En effet, la Déclaration stipule que la réduction des obstacles au commerce donnera aux agriculteurs, en particulier dans les pays en développement, de nouvelles possibilités de vendre leurs produits et de soutenir leur effort pour accroître la production.

Jacques Diouf est le directeur général de la FAO. S’adressant à des journalistes à l’issue du sommet alimentaire, il a soutenu que la pénurie de denrées alimentaires a causé la hausse rapide des prix des denrées alimentaires, et que l’augmentation de la production sera la solution. M. Diouf a également fait valoir que la pénurie alimentaire est la motivation derrière les subventions alimentaires. Il a suggéré que, lorsque suffisamment de nourriture sera disponible, les gouvernements n’auront pas besoin de subventionner les agriculteurs.

Certains délégués se réjouissent de la déclaration de soutien des politiques de marché libre. Un groupe très vocal, qui représente la plupart des pays d’Amérique Latine, s’est plaint que beaucoup de produits alimentaires subventionnés par les États-Unis et l’Europe empêchent leurs petits agriculteurs d’avoir accès à leurs propres marchés locaux. Une vraie libéralisation des marchés mettrait un terme à ces subventions. M. Diouf a répondu aux questions sur les subventions agricoles des pays riches en disant qu’il appartenait à l’Organisation mondiale du commerce de résoudre ces différends.

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Notes aux radiodiffuseurs sur la production de riz local:

Ce reportage donne un exemple de la façon dont les subventions agricoles et les droits de douane affectent la capacité des agriculteurs à vendre leurs produits localement et, au fil du temps, encouragent ou découragent la production nationale d’une certaine culture. Dans les années 1990, les riziculteurs ougandais avaient du mal à gagner leur vie. Le marché local était saturé par des importations de riz qui se vendaient bon marché (parce que les agriculteurs dans les pays exportateurs reçoivent des subventions). Mais, depuis 2004, des droits de douanes ont fait augmenter le prix du riz importé, faisant une place sur le marché ougandais pour le riz localement cultivé.

Selon M. Godfrey Asea, un chef d’équipe des programmes de céréales pour le National Crops Resources Research Institute, les agriculteurs ougandais affirment qu’ils ne gagnent pas autant que les agriculteurs indiens. Les riziculteurs ougandais recoivent des conseils sur le type de cultures qu’ils peuvent faire pousser et sur la façon d’obtenir de bons rendements, par l’intermédiaire du Service national de conseils agricoles, mais ils ne reçoivent pas de subventions. Selon le Dr. Asea, un riziculteur indien peut gagner environ 10 000 roupies, soit environ 230 dollars américains ou 150 euros, en cultivant un hectare de riz. Comme nous l’avons appris dans l’histoire, un agriculteur ougandais peut gagner environ 150 000 shillings, soit environ 100 dollars américains ou 60 euros, pour la même quantité de travail. Maintenant que les droits de douane ont fait en sorte que le riz importé ne soit plus aussi présent sur les marchés locaux, de plus en plus d’agriculteurs ougandais ont trouvé une incitation financière pour la culture du riz.

Bien que les agriculteurs puissent faire pression sur leurs gouvernements pour changer les politiques nationales en matière de subventions, ils doivent tout de même faire face aux réalités du marché. Même sans l’appui du gouvernement, il existe des moyens pour les agriculteurs d’augmenter leurs marges bénéficiaires. Quelques textes radiophoniques des Radios Rurales Internationales décrivent comment les agriculteurs peuvent former une coopérative et rester au courant des prix du marché:

- « Former une coopérative d’agriculteurs efficace » (Pochette 83, Numéro 7, mars 2008)
- « Des femmes créent une coopérative d’achat et de commercialisation » (Episode 3 du texte de la série “Les femmes et le crédit,” Pochette 57, Numéro 5, octobre 2000)
- « Nouvelles des marchés de MEGA FM » (Pochette 83, Numéro 3, mars 2008)
- « Soutien aux agriculteurs : la radio et la vulgarisation aident les agriculteurs à planifier leur production » (Episode 5 de la série « Au marché, au marché » (Pochette 66, Numéro 10, mars 2003)

Vous pouvez aussi sensibiliser les agriculteurs aux façons dont les politiques nationales et internationales influencent la production de nourriture et le marché, dans votre pays, par des recherches sur des questions telles que:

- Est-ce que votre gouvernement subventionne la production agricole dans votre pays (par exemple, en fournissant des intrants comme des engrais à prix réduits, ou par l’achat de produits alimentaires auprès des agriculteurs à un prix plus élevé que celui du marché)? Quand est-ce que ce programme de subvention a commencé et quelle était la motivation du gouvernement pour sa mise en œuvre? Quel impact cela a-t-il eu sur le nombre d’agriculteurs qui ont des cultures subventionnées et le montant total des plantes cultivées? Qu’est-ce que les agriculteurs ont à dire sur les subventions et l’impact qu’elles ont eu sur leur entreprise agricole?

- Dans quelle mesure votre pays dépend-il des importations de denrées alimentaires? Dans quelle mesure ces produits importés sont-ils subventionnés dans leur pays d’origine et comment cela affecte-il les prix des produits alimentaires locaux? Votre gouvernement impose-t-il des droits de douane sur les produits alimentaires importés? Est-ce que les agriculteurs estiment que l’importation et la vente de produits alimentaires importés affecte leur capacité à vendre des denrées au niveau local et à en obtenir un bon prix?

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