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Agro Radio Hebdo est un service de nouvelles et d'informations pour les radiodiffuseurs en Afrique sub-Saharienne. Ce service est offert par le Radios Rurales Internationales.

numéro 25

Bienvenue à tous!

Comme le savent les lecteurs réguliers d’ARH, nous consacrons parfois toute une édition à un problème particulier et pertinent pour les agriculteurs, souvent en rapport avec la célébration d’une journée spéciale des Nations Unies. Ainsi, les deux prochaines éditions d’ARH exploreront le problème de la désertification et, associé à celui-ci, le problème des changements climatiques.

Le 17 juin est la Journée Mondiale de lutte contre la désertification. La désertification, définie comme la dégradation du sol dans les zones arides et semi-arides, peut directement affecter les agriculteurs en rendant leurs champs inutilisables. Les changements climatiques, marqués par des températures de plus en plus hautes et des précipitations irrégulières, rendent la situation de l’agriculture encore pire dans ces régions-là.

Cette semaine, nous présentons comment certains agriculteurs nigériens, qui doivent affronter la désertification et les changements climatiques, maintiennent leurs terres en état en y plantant des arbres. Nous avons aussi une histoire qui nous vient de Joshua Kyalimpa, notre correspondant à Kampala, sur une compagnie ougandaise honorée en tant que pionnière en matière d’utilisation d’énergie durable. En faisant la promotion de séchoirs solaires et du commerce des fruits séchés, Fruits du Nil a amélioré la qualité de vie de centaines d’agriculteurs en n’utilisant que des quantités minimes de carburants à base de carbone.

Dans la section Banque de ressources pour la radio, vous trouverez des liens vers une référence intéressante pour vous permettre de visualiser l’impact des changements climatiques et de la désertification : des photos satellite de certaines parties de l’Afrique, collectées par le Programme environnemental des Nations Unies sur une période de 30 ans. Et, dans la section Les Actions de Radios Rurales Internationales, vous pourrez lire comment la leader d’un groupe d’agricultrices nigérianes a su captiver l’attention d’hommes et de femmes d’affaires à l’échelle internationale, en décrivant les effets des changements climatiques dans sa région.

Nous saluons tout particulièrement un nouvel abonné africain – Moussa Sodea Sylvestre, de la radio Sawtu Linjiila, au Cameroun – et espérons que cette édition lui donnera un aperçu de ce qu’ARH a à offrir. Pour en avoir une meilleure idée, nous vous encourageons à visiter le site d’ARH (http://hebdo.farmradio.org/) pour y afficher des commentaires et discuter de l’édition de cette semaine avec d’autres membres de la communauté ARH. Nous saluons aussi tous nos lecteurs, nouveaux et réguliers, dans le reste du monde.

Ne manquez pas la prochaine édition d’ARH, dans laquelle nous présenterons d’autres histoires de petits agriculteurs qui doivent faire face aux changements climatiques et à la désertification, et doivent développer des techniques nouvelles pour s’y adapter.

Bonne lecture!

-L’équipe d’Agro Radio Hebdo

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Cette semaine dans Agro Radio Hebdo:

Dépêche de Nouvelles Agricoles Africaines

1. Niger : Les agriculteurs qui plantent des arbres aident à freiner l’avancée du désert sur leurs terres (plusieurs sources)

2. Ouganda: les fruits de l’innovation – une compagnie ougandaise remporte le prix de l’énergie verte (Joshua Kyalimpa, pour Agro Radio Hebdo, à Kampala, Ouganda)

Évènement à venir

-1er août, 2008: Date limite pour le concours du Commonwealth Broadcasting Association Awards

Banque de ressources pour la radio

-Le PNUE publie Afrique: Atlas de notre environnement Changeant

Les actions de Radios Rurales Internationales

-Une collaboratrice de Radios Rurales Internationales s’adresse à des chefs d’entreprises à propos des changements climatiques

Le texte radiophonique de la semaine

-Régénérer la terre dégradée : planter des arbres dans des fosses

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1. Niger : Les agriculteurs qui plantent des arbres aident à freiner l’avancée du désert sur leurs terres (plusieurs sources)

Ibrahim Danjimo est un agriculteur nigérien dans la quarantaine. Il laboure le sol sablonneux et rocailleux de son petit village depuis son enfance. Il y a environ 20 ans, M. Danjimo avait réalisé que les arbres commençaient à disparaître. Les vents sahéliens soufflaient fort. Les dunes de sable menaçaient d’engloutir sa hutte. Son puits d’eau s’asséchait. Dans les années 1970 et 1980, à cause d’une grave sécheresse ainsi qu’une explosion démographique et des pratiques d’élevage et d’agriculture qui se détérioraient, de vastes étendues de terre ont été dénudées. Le désert semblait déterminé à tout avaler.

M. Danjimo et d’autres agriculteurs dans le village de Guidan Bakoye, au Niger, ont pris une décision qui semblait à l’époque radicale. Ils n’allaient plus enlever les jeunes arbres de leurs champs avant de cultiver les semences, comme ils l’avaient fait pendant des générations. Au lieu, ils protègeraient les arbres et laboureraient soigneusement autour des semis de mils, de sorghos, d’arachides et d’haricots.

Au fil des années, de plus en plus de Nigériens ont compris l’importance de planter des arbres et, ainsi, quelques-uns des effets de la désertification ont été inversés. Ibrahim Idy est un agriculteur nigérien d’un village de la région de Zinder. Une vingtaine de baobabs poussent dans son champ. M. Idy vend les feuilles et les fruits du baobab, ce qui lui rapporte environ 300 dollars américains de revenu additionnel à chaque année. Il a utilisé ses gains additionnels pour acheter une pompe à eau motorisée qui lui permet d’irriguer ses plants de choux et de laitues. Ainsi, ses enfants ne doivent plus porter de l’eau vers son champ et M. Idy peut maintenant se permettre de les envoyer à l’école.

Le Dr. Mahamane Larwanou est un expert en agroforesterie à l’université de Niamey, au Niger. Il croit que plus les arbres poussent au Niger, mieux sera l’adaptation des gens aux changements climatiques. Il dit que de planter des arbres donne aux agriculteurs un contrôle sur ses changements. Par exemple, la plantation d’arbres peut aider à prévenir la destruction de cultures ainsi que des inondations parce que les racines aident à retenir l’eau dans le sol et empêchent le ruissellement de l’eau au-dessus des champs rocailleux et arides ainsi que la création de ravins.

En effet, une compagnie qui s’appelle Tree Nation demande l’aide des gens pour financer la plantation d’arbres dans la communauté de Dosso, au Niger. Selon le site Web de la compagnie, c’est aussi facile que de choisir un arbre, l’acheter en ligne, lui donner un nom et le planter. Le coût? Il varie selon l’arbre que l’internaute achètera. Un arbre Acacia Sénégal coûte 10 euros ou environ 15 dollars américains tandis qu’un baobab coûte 75 euros ou 115 dollars américains. La compagnie Tree Nation dit qu’elle travaille de près avec les communautés locales et les pépinières afin de s’assurer que la croissance des arbres se fait dans les meilleures conditions. Elle espère planter 8 millions d’arbres au Niger. À date, plus de 31 000 arbres ont été plantés.

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2. Ouganda: les fruits de l’innovation – une compagnie ougandaise remporte le prix de l’énergie verte (Joshua Kyalimpa, pour Agro Radio Hebdo, à Kampala, Ouganda)

Il n’y a pas si longtemps, Dorothy Mugabe avait des bananes à ne plus savoir qu’en faire. Madame Mugabe cultive des bananes, ainsi que du café et des plantains, sur sa ferme de 20 acres, dans le district de Lyantonde, dans le centre de l’Ouganda. Parfois, sa récolte de bananes était si abondante qu’elle ne pouvait pas la vendre assez vite : certains fruits pourrissaient avant l’écoulement de son stock.C’était un problème commun dans le milieu des cultivateurs ougandais de fruits et légumes. Des infrastructures routières peu développées rendent difficile le transport de produits frais vers les marchés éloignés. Et comme le pays n’a pas d’industrie de fabrication du verre ou du métal, cela ne facilite pas le conditionnement des fruits et légumes sous forme de conserves.

Heureusement, l’ougandais Angelo Ndyaguma et le britannique Adam Brett, deux entrepreneurs à l’esprit innovateur, ont établi Fruits du Nil, une compagnie qui a su exploiter l’énergie solaire et changer la vie de beaucoup d’Ougandais. Cette compagnie a récemment été reconnue comme une pionnière mondiale en matière d’énergie solaire et nominée parmi les finalistes pour les prestigieux Prix Ashden pour l’énergie durable.

Angelo Ndyaguma, co-fondateur de Fruits du Nil, a parlé avec les Radios Rurales depuis Londres, en Angleterre, où le grand prix pour l’énergie verte sera remis cette semaine. M. Ndyaguma a expliqué que la compagnie a commencé avec la création séchoirs solaires facile à construire. Ces claies sont faites à partir de bois local. Des moutiquaires disponibles sur place sont utilisées pour protéger les récoltes sucrées contre les insectes. Un revêtement spécial en plastique, qui filtre les rayons UV et prévient le brunissement des fruits, constitue le seul élément importé pour le processus de séchage.

Les deux entrepreneurs ont ensuite tenu une série d’ateliers pour les agriculteurs locaux, en leur montrant comment utiliser les séchoirs solaires et préparer les fruits séchés pour répondre aux standards du marché. Les agriculteurs peuvent acheter les séchoirs solaires à la compagnie, à prix coûtant ou en obtenant un petit prêt.

Aujourd’hui, 700 agriculteurs des villages du sud, du sud-ouest et du centre de l’Ouganda fournissent des fruits frais pour les opérations de séchage. Des bananes, des ananas, des papayes et des piments séchées Fruits du Nil sont vendus en Ouganda même et envoyés en Europe.

Mme Mugabe fait sécher entre 200 et 300 kilogrammes de bananes pour Fruits du Nil, chaque mois. Une telle quantité de fruits séchés lui rapporte environ 750 000 shillings ougandais, l’équivalent d’environ 500 dollars américains, soit 300 Euros. Cette agricultrice se félicite de ce que ces revenus lui permettent de prendre soin de ses cinq enfants et de tous les envoyer à l’école.

M. Ndyaguma et son partenaire d’affaires sont, eux aussi, gracieusement récompensés. Étant parmi les sept finalistes internationaux pour le Prix Global de l’Énergie Verte, leur compagnie recevra un montant de 20 000 livres sterling s, l’équivalent de 65 millions de shilling ougandais (soit près de 40 000 dollars américains ou 25 000 Euros). L’un des finalistes sera choisi comme le « Champion de l’Énergie » et se verra remettre le grand prix, d’un montant de 40 000 livres sterling.

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Notes aux radiodiffuseurs sur comment combattre la désertification:

Comme le démontre cette histoire, la lutte contre la désertification n’est pas peine perdue si des efforts de protection des terres arables, tel que l’afforestation, sont faits pour rétablir les sols affectés par la désertification. Toujours reste-t-il que selon la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification : « La désertification constitue l’un des facteurs du changement des écosystèmes potentiellement le plus menaçant pour la survie des plus pauvres. » Ce qui signifie que les efforts de conservation des sols doivent être continus. Vous pouvez consulter la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification à l’adresse suivante : http://www.unccd.int.

Tout récemment, le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) a rendu public un Atlas qui démontre comment l’environnement du continent africain est en mutation. Au Niger, on a pu constater à travers des photos satellites prises dans la province de Tahoua en 1975 et en 2005, qu’il pousse aujourd’hui entre dix à vingt fois plus d’arbres que dans les années 70 et que cette avancée est le résultat des énormes efforts de plantation entrepris par les agriculteurs locaux.

Si vous regarder sur la page de l’Atlas qui détaille la province de Tahoua, au Niger, vous constaterez que les images démontrent plus d’espaces verts. Pour consulter cette page, suivez ce lien : http://na.unep.net/digital_atlas2/webatlas.php?id=356. Pour de plus amples détails sur l’Atlas et pour savoir comment consulter les détails sur votre pays, allez à la section Banque de ressources pour la radio.

Voici d’autres ressources intéressantes :

-L’ONG SOS Sahel est une organisation qui a plusieurs projets de lutte contre la désertification. Elle a des membres au Burkina Faso, au Mali, en Mauritanie, au Niger, au Sénégal, au Soudan et au Tchad. Elle a pour but principal d’aider par tous les moyens au développement des peuples du Sahel afin de leur permettre de se prendre en charge.

Selon Blaise Soyir Some, un animateur de SOS SAHEL International Burkina Faso : « Un bon projet de lutte contre la désertification doit avant tout prendre en compte les facteurs socioculturels de la région. La participation des acteurs locaux à toutes les étapes du projet, de la conception à l’évaluation finale, est un facteur indispensable. »
SOS Sahel offre une pléthore d’informations sur la désertification, dont des moyens pratiques et éprouvés de lutte contre la désertification sur leur site Web : http://www.sossahel.org/la_desertification

L’un des projets de SOS Sahel en cours au Sénégal est la plantation d’une bande d’arbres filaos (pour en connaître plus sur cette plante, consultez ce site Web : http://fr.wikipedia.org/wiki/Filao) destinée à protéger les cultures de l’ensablement progressif dû à la surexploitation de la nappe phréatique et des pratiques horticoles inappropriées des exploitants maraîchers.
Pour en connaître plus sur ce projet, visitez le lien suivant : http://www.sossahel.org/nos_actions/actions_en_cours/filaos_senegal)

- Le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) a aussi lancé « la campagne pour un milliard d’arbres » qui a pour but de planter un arbre par habitant sur Terre d’ici la fin 2009. Le projet a vu le jour en 2006 pour répondre aux défis environnementaux tels que le réchauffement de la planète, la perte de la biodiversité et le problème de la disponibilité en eau potable. Pour en apprendre plus sur ce projet, veuillez visiter : http://www.unep.org/Billiontreecampaign/french/. La compagnie Tree Nation, que l’on a mentionné dans l’article (www.tree-nation.com), ainsi que l’association Green Belt Movement (http://www.greenbeltmovement.org/) font aussi partie de cette initiative.

Finalement, voici des textes radiophoniques de Radios Rurales Internationales qui traitent de la désertification :

Arrêtez la désertification (Pochette 42, numéro 6, décembre 1996)

Un feuilleton en 13 épisodes sur la désertification - La longue saison sèche : conte de la cupidité et de l’ingéniosité (Pochette 77, mars 2006)

Des alignements de pierre pour réduire l’érosion (Pochette 43, numéro 8, mars 1997)

Rendre les sols arides productifs grâce aux trous de culture (Pochette 41, numéro 1, septembre 1996)

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