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Agro Radio Hebdo est un service de nouvelles et d'informations pour les radiodiffuseurs en Afrique sub-Saharienne. Ce service est offert par le Radios Rurales Internationales.

numéro 28

Salutations chaleureuses à tous!

Nous espérons que la semaine qui vient de se terminer a été une bonne semaine pour nos lecteurs à travers l’Afrique et à travers le monde! Cette semaine, nous souhaitons une bienvenue spéciale à tous nos nouveaux abonnés africains: Renatus Raphael du RCADC Kibengwe Telecenter en Tanzania, George Ambwene du KBC Community Initiative Services en Tanzania, Lazarus Musyoki de la Radio Mang’elete au Kenya, Soumaré Demba de la voix du Guidimakha/Association Foyer du Guidimakha en Mauritanie, Paul Ananou de la Radio Mono FM Comè au Bénin.

La plupart des agriculteurs sont intéressés à augmenter, de façon abordable, le rendement de leurs cultures. Cette semaine, nous avons deux histoires sur des agriculteurs qui ont fait exactement cela. Lilianne Nyatcha, notre correspondant au Cameroun, a écrit une histoire sur les agriculteurs dans la ville de Nkongsamba qui ont constaté que les engrais naturels sont une excellente alternative aux engrais chimiques coûteux. À partir de l’Ouganda, nous avons une histoire sur un groupe de femmes, qui, dans la quête de meilleures semences, a établi une coopérative de production de semences améliorées qui compte 450 membres.

Nous aimerions aussi dire un merci spécial à tous ceux qui nous ont envoyés des histoires par courrier électronique. Si nous ne vous avons pas encore contacté, soyez assuré que nous vous contacterons bientôt pour discuter de la façon dont votre contribution peut faire partie d’un prochain numéro d’ARH. Nous aimerions aussi vous rappelez que le site Web d’ARH (http://hebdo.farmradio.org/) est un excellent endroit pour laissez un commentaire sur comment vous utiliser les informations incluses dans un numéro d’ARH!

Bonne lecture!

-L’équipe d’Agro Radio Hebdo

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Cameroun : Les agriculteurs trouvent que les engrais organiques sont un bon substitut aux engrais chimiques (écrit par Lilianne Nyatcha, pour Agro Radio Hebdo, à Douala, Cameroun)

À Nkongsamba, ville agricole située à environ 200 km de Douala, la capitale économique du Cameroun, la flambée des prix des engrais chimiques a changé la perspective des agriculteurs envers les engrais naturels.

Au cours de la dernière année, le sac d’engrais chimique de 50 kg est passé de 12000 FCFA (29 dollars américains ou 17 euros) à 18000 FCFA (43 dollars américains ou 27 euros). Mme Lisette YOUTCHEU, 58 ans, utilisait toujours des engrais chimiques sur ses 3 petits champs de maïs, de manioc et d’arachides. Mais, depuis que le prix des engrais chimiques a augmenté, elle essaye maintenant d’utiliser la fiente de porc. Elle explique que cette année, elle a déboursé 9000 FCFA (21 dollars américains ou 14 euros) pour se procurer un demi-sac d’engrais chimique et 4800 FCFA(11 dollars américains ou 7euros) pour acheter 4 sacs de 50 kg de fiente séchée. C’est le mélange de ces 2 fertilisants qu’elle a utilisé pour sa culture, ce qui lui a permis de faire de substantielles économies. Elle dit avoir obtenu la même qualité et quantité de production que dans les années précédentes où elle n’utilisait que des engrais chimiques. Cette agricultrice regrette d’avoir ignoré aussi longtemps ces engrais naturels.

Mme Anne Ngoueke, 63 ans, est plus amère. En effet, en 2007, elle a emprunté 30000 FCFA (72 dollars américains ou 46 euros) pour s’offrir les 2 sacs d’engrais nécessaires pour alimenter les 3 parcelles qu’elle cultive. Sa récolte avait baissé parce que, faute d’argent, elle n’avait mis de l’engrais qu’une seule fois au lieu de 2. Pendant ce temps, son fils, éleveur de porc, jetait sous ses yeux, les fientes issues de sa porcherie… Aujourd’hui, à cause de la hausse vertigineuse des prix des engrais chimiques, elle a changé ses habitudes, suivant des exemples de son entourage. Désormais, avant la période des semences, elle collecte, sèche et stocke elle-même les fientes de porc, qu’elle utilise au moment opportun pour ses cultures de haricot et de maïs.

Les cultivatrices qui n’ont pas facilement accès à ces fertilisants, nouvellement mis en valeur à Nkongsamba, les achètent aux éleveurs. Cette reconversion des planteurs constitue pour eux une nouvelle source de revenus, comme nous l’a confirmé M. David Wambo, éleveur de volaille, de lapins et de porcs depuis 1963. En se basant sur la forte demande, le quinquagénaire affirme que depuis 4 ans, la cherté progressive des engrais chimiques, a poussé les agriculteurs à se procurer des fientes de porc et de poulet. Dans les années antérieures, il jetait ces déchets après en avoir utilisé une partie minime pour ses propres champs de soja, de maïs et de piment. Maintenant que la demande tend à dépasser l’offre, il vend le sac de 50 kg de fiente de porc à 1500 FCFA (4 dollars américains ou 2 euros) et celle de poulet à 2000 FCFA(5 dollars américains ou 3 euros). Le vieil éleveur regrette que les agriculteurs aient mis tant d’années avant de comprendre que ces excréments- précédemment bons pour la poubelle- constituent une vraie solution au coût toujours plus élevé des engrais chimiques.
Cliquez ici pour voir les notes aux radiodiffuseurs sur l’engrais organique

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2. Ouganda: Des semences améliorées pour améliorer les conditions de vie d’un groupe de femmes (New Vision, International Maize and Wheat Improvement Centre (CIMMYT))

Il y a maintenant près de 20 ans, des femmes du district d’Iganga, à l’est de l’Ouganda, ont formé un groupe pour améliorer leurs moyens de subsistance. Le groupe a commencé avec des objectifs modestes. Les femmes ont d’abord formé une troupe de théâtre visant à améliorer la vie des autres femmes vivant en zone rurale. Ensuite, elles ont été formées à cultiver des légumes et à produire de l’artisanat. Mais il a fallu un défi majeur pour lancer le groupe sur la voie d’un de ses plus grands succès.

Au cours des années 1990, les membres de la Bakusekamajja Women’s Development Farmers’ Association trouvait qu’il était difficile d’obtenir des semences améliorées car elles étaient trop coûteuses et difficiles à trouver.

Grace Bakaira est présidente de l’association. Elle dit que les semences non améliorées produisent de faibles rendements. Ces semences sont également plus sensibles aux parasites et aux maladies. En 1996, les cultures de maïs des femmes ont été affectées par des parasites. C’est alors que le groupe a commencé à travailler avec le National Crop Research Institute afin d’utiliser et de reproduire des semences améliorées.

L’association compte à présent 450 membres et fournit des semences de maïs et de riz à plusieurs entreprises de semences ainsi qu’à des ONG. Le succès de l’association dans la production de semences est dû à des normes strictes de qualité et à un travail coopératif.

Les membres de l’association font pousser des semences sur leurs propres champs, sous la direction d’un comité de sélection. Afin de maintenir la pureté de la variété des semences, les parcelles de production où les semences améliorées sont utilisées doivent être séparées des autres variétés par la distance ou le temps. Cela permet de s’assurer que le pollen des autres variétés n’atteindra pas les cultures de semences améliorées.
Les champs sont surveillés par les membres exécutifs tout au long de la saison.

Lorsque vient le temps de la récolte, le travail est fait en commun. La plupart des membres gardent un peu de riz ou de maïs pour leurs familles et vendent le reste à l’association. Les semences sont ensuite amenées au siège social pour le séchage, le décorticage et la transformation.

Edith Basele est la secrétaire de l’association. Elle explique que, grâce à la vente de maïs et de semences de riz en vrac, l’association économise sur les coûts de transport et obtient de meilleurs bénéfices. L’année dernière, l’association a produit 560 tonnes métriques de semences de maïs, qu’elle a vendu pour près de 200 millions de shillings ougandais (environ 120000 dollars américains, soit 80000 Euros).

En aidant d’autres femmes à produire leur propre nourriture avec des variétés à plus haut rendement et en leur permettant ainsi de gagner de l’argent par la vente des semences, les femmes de la Bakusekamajja Women’s Development Farmers’ Association ont atteint leur objectif d’améliorer la vie des femmes en zone rurale. Mais ces retombées positives vont au-delà des membres de l’association. En effet, l’association met également des semences améliorées à la disposition de plusieurs agriculteurs de la région. Et, bien que les membres de l’association fassent de bons profits, les prix des semences améliorées sont tout de même de 20 à 40 % moins élevés que ceux des autres semences améliorées.
Cliquez ici pour voir les notes aux radiodiffuseurs sur les semences améliorées

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Notes aux radiodiffuseurs sur l’engrais organique:

Il y a de cela quelques mois, Lilianne Nyatcha avait écrit une histoire sur les agriculteurs qui ont été frappés de plein fouet par la hausse des prix des engrais dans la région de Moungo (au Cameroun), sous le titre «Les agriculteurs disent qu’ils ont besoin de support financier pour augmenter leurs productions ». Les agriculteurs qu’elle avait interviewés alors n’avaient plus les moyens d’acheter la quantité et la qualité d’engrais chimiques qu’ils avaient l’habitude d’utiliser. Par conséquent, ils produisaient, ou s’attendaient à produire, des récoltes moins abondantes.

Cette semaine, l’histoire de Mme Nyatcha prouve que «la nécessité est la mère de l’invention». Les agriculteurs avec lesquels elle a parlé dans la ville agricole de Nkongsamba étaient initialement frustrés par la flambée des prix des engrais chimiques, mais ils ont très vite découvert qu’ils pouvaient combler leurs besoins avec des engrais organiques bon marché. Il est intéressant de noter que, même si le fumier est un engrais organique, de nombreux agriculteurs de cette ville l’ignoraient jusqu’à ce que les alternatives chimiques sont devenues inabordables. Il est prouvé que les agriculteurs dans d’autres parties du continent ont aussi fait face à la hausse des prix des engrais chimiques en recourant à des alternatives organiques moins coûteuses. (Se référer au texte : «Le son de riz peut être un substitut aux engrais chimiques»).

Radios Rurales Internationales a produit des textes radiophoniques sur la fertilisation des sols, que vous trouverez en ligne à l’adresse suivante: http://farmradio.org/francais/radio-scripts/fertilization.asp. Si vous diffusez cette histoire, vous souhaiterez peut-être la complémenter avec un des textes radiophoniques ci-dessous. Le premier explique comment améliorer la qualité du compost en utilisant du fumier et d’autres matières organiques; le second traite de la vente du compost:
- « Améliorer le fumier pour faire un meilleur engrais » (Pochette 80, numéro 9, avril 1998)
- «Les agriculteurs peuvent gagner un revenu en produisant du compost » (Pochette 80, numéro 3, mars 2007)

Vous pouvez également faire un reportage ou permettre à vos auditeurs de vous appeler ou de vous envoyer des messages-textes en ondes pour discuter de la façon dont les agriculteurs de votre région font face à l’augmentation des prix des engrais chimiques. Voici quelques questions que vous pourriez poser:
- Quel est le pourcentage d’agriculteurs de votre région qui utilisent généralement des engrais chimiques? Quelles autres stratégies utilisent-ils normalement pour assurer la fertilité de leurs sols?
- Comment le prix des engrais chimiques a-t-il évolué au cours de la dernière année, dans votre région?
- Y a-t-il des agriculteurs, dans votre région, qui produisent des rendements inférieurs parce qu’ils ne peuvent pas se permettre d’acheter la quantité ou la qualité des engrais chimiques qu’ils utilisaient normalement?
- Quelles autres techniques de fertilisation les agriculteurs de votre région utilisent-ils suite à la flambée des prix des engrais chimiques?

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Notes aux radiodiffuseurs sur les semences améliorées:

En faisant des recherches pour cette histoire, nous avons trouvé des rapports qui indiquent que les distributeurs de semences commerciales n’atteignent pas la plupart des régions rurales de l’Ouganda, et que les semences commerciales sont généralement trop coûteuses pour les petits agriculteurs. Par conséquent, les agriculteurs sont souvent incapables de trouver des semences qui répondent à leurs besoins. C’est une des raisons pour lesquelles le succès de la Bakusekamajja Women’s Development Farmers’ Association, dans le district d’Iganga, à l’est de l’Ouganda, a suscité beaucoup d’intérêt et d’appui de la part des bailleurs de fonds. Comme l’explique cet article, les membres du groupe n’étaient pas satisfaites des rendements des variétés de maïs non améliorées, et avaient également constaté que les variétés non améliorées sont plus sensibles aux maladies. Avec l’utilisation et la production de semences améliorées, elles ont amélioré la sécurité alimentaire et les revenus des familles de leur région, et elles ont également rendu les semences améliorées plus accessibles.

Bien que de nombreux agriculteurs ne jurent que par l’efficacité de semences améliorées et que beaucoup de grandes organisations de développement font la promotion de leur utilisation, ce n’est pas tout le monde qui est d’accord avec cette approche. Il y a également des agriculteurs et des organismes de développement qui estiment que les cultures traditionnelles, qui se sont adaptées aux conditions locales au cours du temps, sont toujours plus fiables que les variétés améliorées.

Pour lire d’autres articles sur la Bakusekamajja Women’s Development Farmers’ Association, consultez les sites Web suivants:
- article de l’International Maize and Wheat Improvement Centre: « Seed production: Can farmers supply themselves and earn a profit? »: http://www.cimmyt.org/english/docs/ann_report/recent_ar/D_Support/community.htm

- Rapport de l’Agence suisse pour le développement et la coopération « The good seed initiative: Field activities with food insecure farmers in South Asia and East Africa » (en anglais seulement): http://www.cabi.org/pdf/GSITechnicalReport.pdf

Des histoires passées d’ARH se sont penchées à la fois sur la valeur des cultures traditionnelles et sur celles des variétés améliorées. Voici deux liens: une histoire sur des agriculteurs nigérians qui font l’essai de variétés améliorées de mil, et une histoire de femmes maliennes qui assurent la disponibilité de variétés de semences traditionnelles localement adaptées de mil et de sorgho:
– « Les agriculteurs testent les meilleures variétés de mil pour des conditions sèches (allAfrica.com) » (numéro 6, janvier 2008)
– «Mali: Les femmes commerçantes jouent un rôle crucial dans la fourniture de semences adaptées localement (Institut International de Recherche en Politique Alimentaire) » (Numéro 9, février 2008)

Voici quelques questions que vous pourriez poser si vous souhaitez faire des recherches additionnelles et des reportages sur les expériences des agriculteurs dans votre région qui utilisent des variétés de semences améliorées:
- Qu’est-ce qui a mené les agriculteurs de votre région à essayer des variétés de semences améliorées? Ont-ils dû lutter contre un parasite ou une maladie? Espèrent-ils augmenter leurs rendements?
- Comment les agriculteurs de votre région ont-ils obtenu des semences améliorées? Est-il difficile d’atteindre les distributeurs? Est-ce que les semences améliorées sont chères par rapport aux semences traditionnelles?
- Comment ont-ils décidé quelle variété de semences était la meilleure pour leur exploitation? Ont-ils procédé à des essais sur le terrain, consulté des agents de vulgarisation, etc?
- Les semences améliorées nécessitent-elles plus de soins, des soins différents ou des intrants différents par rapport aux variétés qu’ils utilisaient auparavant?
- Quel a été le résultat de l’utilisation de variétés améliorées, en termes de rendement, de pourcentage de perte, de rendement par rapport au coût des semences, etc?
- Les agriculteurs ont-ils eu des problèmes inattendus avec les semences améliorées? Qu’ont-ils fait pour assurer la sécurité alimentaire de leur famille tout en essayant les semences améliorées?

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