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Numéro 03

Dépêche de Nouvelles Agricoles Africaines

Vous êtes invités à utiliser les articles ci-dessous de la façon qui convient à votre organisation. Vous pourriez avoir envie de lire l’un ou plusieurs des articles directement à l’antenne, de les adapter pour être plus pertinents pour votre public, ou tout simplement de les utiliser pour des idées de reportages locaux. Si vous utilisez un des articles dans la dépêche de nouvelles agricoles africaines, nous aimerions le savoir! S’il vous plaît laisser un commentaire sur site web d’ARH en ligne ou par courriel à farmradioweekly@farmradio.org.

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1. Afrique de l’Ouest: La hausse des prix des céréales est bien accueillie par les agriculteurs, mais suscite des inquiétudes chez les autorités, Par : Idy Sy Diop pour ARH à Dakar

Suivant une tendance notée sur les marchés à l’échelle mondiale, les prix des céréales en Afrique de l’ouest connaissent une hausse relative dans certains pays, et ceci en dépit d’une production à la hausse.

Les producteurs de riz dans la vallée du fleuve Sénégal, qui viennent de commencer la collecte de leurs récoltes pour 2007-2008 ont noté la hausse des prix avec satisfaction.

Djiby Diaw, le responsable d’une association d’agriculteurs dans la vallée du fleuve Sénégal, a déclaré à Agro Radio Hebdo que les tendances sont prometteuses et les rendements sont normaux .

Il dit que le prix du riz non décortiqués varie actuellement entre 9000 et 10 000 FCFA (jusqu’à 22 dollars Américains ou 15 Euros) par sac de 85 kg. C’est presque le double de ce que les agriculteurs recevaient les années précédentes, lorsque les prix se situaient entre 5000 et 6000 FCFA (jusqu’à 13 dollars Américains ou 9 Euros).

M. Diaw explique que les agriculteurs de sa région ne connaissent pas toutes les raisons pour lesquelles les prix des céréales ont augmenté, mais ils seront heureux si les prix restent élevés.

Les chiffres fournis par le gouvernement du Burkina Faso montrent que les prix ont augmenté plus modestement dans certaines provinces: une hausse de 22 % pour le maïs blanc, 12 % pour le sorgho et 11 % pour le mil.

Toutefois, les autorités affirment que ces augmentations de prix ont eu lieu uniquement dans les provinces où les déficits de production ont été signalées.

Salife Diallo est le ministre burkinabé de l’Agriculture. Il a accusé les commerçants véreux d’être à l’origine des augmentations dans les provinces où la production céréalière est suffisante.

Les gouvernements du Sénégal et du Burkina Faso sont préoccupés par ces augmentations. Des prix plus élevés peuvent rendre les céréales cultivées localement inaccessibles aux pauvres, surtout à un moment où les prix des céréales importées telles que le riz et le blé, en particulier, ne cessent de grimper.

Selon les derniers chiffres fournis par le Comité inter-état de lutte contre la sécheresse au Sahel (dont la plupart des pays ouest-africains sont membres), la production céréalière en 2007 s’élève à environ 15 millions de tonnes, soit une hausse de près de 17% comparée à la moyenne des 5 dernières années.

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2. Afrique: les promesses et les dangers potentiels des biocarburants (Diverses sources)

Alors que le coût des combustibles fossiles et les inquiétudes quant aux changements climatiques augmentent, la demande pour les biocarburants - ou carburants fabriqués à partir de produits végétaux et autres biomasse - ne cesse d’augmenter aussi. Les gouvernements et les sociétés de nombreux pays africains investissent dans des machines pour le traitement en combustible des cultures telles que le maïs, le sorgho, la canne à sucre et le jatropha, dans l’espoir de générer de meilleurs moyens de subsistance et des profits. Mais de sérieuses inquiétudes ont été soulevées quant à la production de biocarburants, en particulier qu’elle pourrait mener à des pénuries alimentaires, par le détournement des terres agricoles de la production alimentaire vers la fabrication de carburants.

Le point crucial de cette question a été soulignée récemment en Afrique du Sud. Citant des problèmes de sécurité alimentaire, le gouvernement sud-africain a annoncé qu’il n’autoriserait pas que le maïs soit utilisé pour produire des biocarburants. Quelques jours plus tard, le gouvernement est revenu sur sa position suite à des pressions excersées par les producteurs de maïs.

Du point de vue des agriculteurs, la transformation des biocarburants présente un nouveau marché pour leurs cultures. En Afrique du Sud, l’utilisation du maïs pour les biocarburants est considéré comme un plan de secours pour des agriculteurs qui ont du mal à faire des profits car leurs récoltes excédentaires ont bassé les prix du maïs depuis quelques années. Le gouvernement indique maintenant que, tant que les agriculteurs peuvent répondre à la demande alimentaire intérieure pour le maïs, les cultures excédentaires peuvent être vendus pour la transformation en biocarburants.

Il n’est cependant pas clair si l’agriculteur moyen bénéficiera de la production de biocombustible, ou si seules les sociétés ou individus avec de grandes plantations pourront en profiter. Une initiative au Mozambique qui transforme la chair de noix de coco en biodiesel a démontré comment il peut être difficile pour les petits agriculteurs de fournir une vaste usine de transformation de carburant.

Une centrale équipée pour traiter jusqu’à 5000 litres de biodiesel par heure a été ouverte à proximité de la capitale, Maputo, en août dernier. Mais, l’usine reste inactive parce que les agriculteurs locaux ne peuvent pas fournir suffisamment de chair de noix de coco de qualité. Comme l’explique Anna Lerner, une consultante avec la South African Development Community’s Programme de valorisation de la biomasse, les petits agriculteurs n’ont souvent pas les infrastructures nécessaires pour récolter et préserver correctement leurs cultures afin de les transformer en biocarburants.

De nombreux partis intéressés sont inquiets que les petits agriculteurs, dans l’impossibilité de participer à ce nouvel engouement pour les biocarburants, peuvent effectivement être forcés de quitter les terres les plus fertiles.

Mais, il y a aussi de grands espoirs pour le biocarburant fait à partir de graines d’une plante appelée Jatropha. Le Jatropha a été identifiée comme l’une des meilleures plantes de production de biocombustibles et il peut pousser sur des terres impropres à la plupart des cultures vivrières. Un projet pilote dans les provinces de l’est du Kenya teste le potentiel du Jatropha pour aider les agriculteurs à générer des revenus sur des terres semi-arides. Quelques 950 agriculteurs apprendront à cultiver le Jatropha et le transformer dans le cadre de ce projet.

Pendant ce temps, les analystes regardent les tendances mondiales dans la production de biocarburants. Ils en concluent que la forte augmentation de la demande pour les biocarburants aura nécessairement des répercussions sur les prix des produits alimentaires. Siwa Msangi est chercheur à l’International Food Policy Research Institute. Il croit que la nourriture et le prix du carburant seront étroitement liée à l’avenir, et que, lorsque les prix de l’énergie augmenteront, les prix des produits alimentaires augmenteront aussi. M. Msangi affirme que cette situation nuit à la cause des pauvres qui, en moyenne, consacrent plus de la moitié de leur revenu à la nourriture, mais génèrent peu de la demande de carburant.

Dr. Shem Arungu Olende est le secrétaire général de l’Académie africaine des sciences. Il met en garde que si la production de biocarburants pourrait stimuler la croissance dans l’agriculture et le développement rural, il n’y a aucune garantie que la nouvelle industrie aura un impact positif. Dr. Arungu Olende fait valoir que les gouvernements africains doivent développer des politiques volontaristes qui tiennent compte de la nécessité à la fois pour la nourriture et le combustible, afin d’éviter un conflit entre ces deux intérêts.

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3. Bénin : L’arbre Moringa oleifera aide les personnes vivant avec le VIH a retrouver des forces (Agro Radio Hebdo, AFP et All Africa)

Une ONG basée à Paris s’est alliée avec des associations de personnes vivant avec le VIH au Bénin pour faire une étude sur les avantages nutritionnels des produits alimentaires fait à partir des arbres de Moringa oleifera. L’ONG, Médecins du Monde, met à la disposition des personnes séropositives les graines de moringa et le support nécessaire pour sa récolte et sa transformation dans sept communes situées dans le sud du Bénin. Les personnes vivant avec le VIH dans ces communes font actuellement pousser leurs propres arbres sur des parcelles de terres offertes aux associations.

Le Moringa aussi appelé « kpatima » en langue locale Fon ou Horseradish-tree en anglais, est originaire de l’Inde et est réputée pour ses qualités nutritionnelles exceptionnelles. Par exemple, les feuilles de Moringa oleifera contiennent quatre fois plus de calcium et de vitamine A que le lait et les carottes, respectivement. Le Moringa oleifera est généralement utilisée dans la lutte contre la malnutrition infantile.

Lise Hélène Pourteau Adjahi est coordinatrice du projet Moringa de Médecins du Monde au Bénin. Elle dit que de faire pousser leur propre arbres permettra aux personnes séropositives d’améliorer leur alimentation. Toutes les parties de l’arbre Moringa oleifera sont comestibles, et le prix des semences est raisonnable. Il en coûte 2500 francs CFA, soit environ 5,5 dollars Américains ou 4 Euros, pour obtenir 100 graines.

Nicholas Ahouansou est le président d’une association de personnes séropositives, à Comè - une des communes qui fait partie du microprojet avec Médecins du Monde. Il dit qu’il n’avait jamais planté d’arbre dans sa vie mais que pour beaucoup de personnes séropositives qui sont rejetées et qui ont perdu leur activité professionnelle par manque de force, cette culture redonne espoir et dignité.

La mauvaise alimentation aggrave le déficit immunitaire des patients atteints du VIH et leur traitement antirétroviral peut ainsi être compromis. Stimuler le niveau nutritionnel chez les personnes vivant avec le VIH/sida est important afin de les garder en santé. Il est important de noter que la consommation de Moringa oleifera, quoiqu’hautement nutritionnelle, n’est pas une cure miracle et n’est pas un substitut aux antirétroviraux.

Valérie est une cultivatrice atteinte du VIH qui vit dans la commune de Kpomassé, à 35 Km de Comè. Elle dit que le Moringa oleifera est une plante magnifique et que cultiver son propre plant de Moringa oleifera la rend plus indépendante. Elle dit qu’elle mange tout dans l’arbre, des racines aux feuilles en passant par les fleurs.

Dans le futur, Médecin du Monde espère que les associations puissent faire la culture du Moringa oleifera comme une activité génératrice de revenus par la commercialisation des produits du Moringa transformés afin d’assurer la pérennisation de cette initiative.

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4. Ouganda: des coquilles d’œufs peuvent être une source de calcium et de profits (Le Moniteur)

Une nutritionniste Ougandaise a mis au point un produit qui pourrait rendre l’aviculture plus rentable.

Jessica Nanyunja étudiait la nutrition à l’Université de Kyambogo, à Kampala, lorsqu’elle a réalisé le fait que les coquilles d’œufs jetés sont un gaspillage d’une bonne source de calcium.

Elle a expliqué ses pensées à un journal local: «J’ai réalisé que l’aviculture augmente, mais que les coquilles d’œufs sont souvent mises à déchets. J’ai également réalisé que les agriculteurs obtiennent plus d’argent pour la vente des oeufs si les coquilles ont une certaine valeur économique. Ce sont ces facteurs qui m’ont encouragé à créer… le meilleur moyen de promouvoir leur utilisation au profit des éleveurs de volaille et d’exploiter ce gaspillage d’une bonne source de calcium ».

Dans le cadre de son projet d’université, Mme Nanyunja a préparé une pâte de poudre de coquille d’oeuf et de miel et l’a présentée à un panel de conférenciers. Le panel a apprécié la pâte nutritive et l’esprit entreprenant de Mme Nanyunja a décollé à partir de là.

Elle a donc décidé de commencer par acheter les coquilles des boulangeries locales. Elle lave et écrase les coquilles d’oeufs et vend la poudre obtenue dans des boîtes, comme un supplément de calcium. Chaque boîte de 400 grammes de poudre de coquilles d’œufs broyées se vend environ 6 dollars américains, soit 4 Euros. Mme Nanyunja vend des boîtes de conserve, ainsi que d’autres produits, à son centre de nutrition à Nateete, en banlieue de Kampala.

Les coquilles d’oeufs sont très nutritives en raison de leur forte concentration en calcium, un minéral dont l’organisme a besoin pour former et maintenir des os solides. Le calcium des coquilles d’oeufs est particulièrement bénéfique car il contient d’autres éléments tels que le magnésium et la vitamine D qui aide l’organisme à utiliser le calcium.

Mme Nanyunja dit qu’elle a déjà des clients fidèles qui achètent son supplément à base de coquilles d’oeufs écrasées, mais elle cherche à élargir son marché en déterminant les montants recommandés pour les suppléments en fonction des différents groupes d’âge, et même des différents goûts des coquilles d’oeufs écrasées. Dans leur état nature, les coquilles d’œufs broyées peuvent être saupoudrées sur les repas.

La nutritionniste et entrepreneure estime que ce genre de traitement et de promotion des produits alimentaires a un grand potentiel pour améliorer le revenu des agriculteurs.

Elle a également fait des expériences avec les traitements post-récoltes de certaines cultures locales. Elle achète les graines de citrouille, qui sont une bonne source de minéraux de zinc, et le katunkuma- une tomate minuscule et amère qui est bonne pour la tension artérielle.

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