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Agro Radio Hebdo est un service de nouvelles et d'informations pour les radiodiffuseurs en Afrique sub-Saharienne. Ce service est offert par le Radios Rurales Internationales.

Numéro 06

3. Burundi : Les produits chimiques toxiques menacent la santé humaine et l’environnement (Syfia Grands Lacs)

Nestor Ntangorane est cultivateur au Burundi. Il dit que les produits toxiques comme le DDT l’ont toujours aidé à protéger ses récoltes et que les gens qui veulent interdire leur utilisation sont ses ennemis.Beaucoup de petits agriculteurs au Burundi ont régulièrement recours aux pesticides hautement toxiques pour protéger leurs récoltes de maïs, d’haricots et de petits pois des charançons, et pour traiter le coton et les plantations de café. Certaines personnes pensent que les initiatives prises par le gouvernement burundais et les Nations Unies pour mettre fin à l’utilisation du DDT et plusieurs autres pesticides hautement toxiques est une menace pour leurs moyens de subsistance.

Le Burundi a signé un traité international visant à protéger la santé humaine et l’environnement contre les pesticides connu sous le nom de polluants organiques persistants- des produits chimiques toxiques qui restent dans l’environnement pendant de longues périodes, qui s’accumulent dans les tissus humains et animaux, et qui parcourent de longues distances à partir de leur point d’utilisation. Le gouvernement a interdit l’utilisation du DDT en 1984.

Toutefois, le Burundi n’a toujours pas de lois réglementant la vente des pesticides. Les produits toxiques comme le DDT sont vendus en cachette au marché central de la capitale burundaise, Bujumbura.

Amissi Hamimou est un expert du ministère de l’Agriculture et de l’élevage au Burundi. Il dit que les petits agriculteurs préfèrent ses produits toxiques aux insecticides modernes et moins dangereux car ils coûtent moins chers.

L’association burundaise des consommateurs exige le retrait de ces produits et le recours à des produits moins nocifs. Le responsable de l’hygiène au ministère la santé publique au Burundi recommande aux agriculteurs d’utiliser des produits de substitution tels que les pyréthrinoïdes de synthèse - des produits chimiques similaires aux pyréthrines naturelles produites par certaines fleurs du pyrèthre ou les chrysanthèmes.

Salvador Kaboneka est agronome pour l’organisation des Nation Unies pour l’alimentation et l’agriculture ou FAO. Il dit que la FAO compte mener une campagne de sensibilisation auprès de la population sur le bien-fondé de l’utilisation de produits moins nocifs afin de décourager les marchands fraudeurs qui commercialisent encore le DDT.

Le DDT figure sur la liste des 12 produits chimiques dans la Convention de Stockholm, un traité mondial visant à protéger la santé humaine et l’environnement contre les polluants organiques persistants, qui est entrée en vigueur en 2004.

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4. Ouganda: Une machine qui décortique l’arachide réduit le temps de production et augmente les profits (New Vision et Agroinnovations Podcast)

Une machine qui décortique rapidement l’arachide a été mise à la disposition des petits agriculteurs en Ouganda. Le « Universal Nut Sheller » est le premier décortiqueur d’arachide mécanique, simple à utiliser et peu coûteux pour les petits agriculteurs. Il ne nécessite pas d’électricité ou de carburant pour fonctionner.Les arachides sont une importante source de nourriture et de revenus pour de nombreuses familles ougandaises – le décorticage des arachides à la main est un processus long et fastidieux, habituellement effectué par les femmes. Il peut abimer les mains et causer d’autres problèmes au fil du temps.

Cinq groupes d’agricultrices dans les villages du district d’Iganga, à l’est de l’Ouganda ont récemment été achetées ces machines. Chaque groupe sera en mesure de décortiquer jusqu’à 120 kilogrammes d’arachides à l’heure avec sa nouvelle machine.

Isanga Noah est le directeur du Women’s Alliance and Children’s Affairs, une organisation qui a aidé les groupes d’agriculteurs à acheter ces machines. Il a expliqué que les agriculteurs peuvent gagner plus s’ils peuvent efficacement décortiquer l’arachide dans leur communauté plutôt que de les transporter à un centre qui les décortique.

Le « Universal Nut Sheller » a été conçu par un ingénieur canadien suite à un séjour avec les Corps de la Paix au Mali. À l’origine, les organismes d’aide ont acheté les décortiqueurs d’une ONG américaine qui s’appelle « Full Belly Projet », qu’ils ont ensuite distribué aux petits agriculteurs en Afrique de l’Ouest et en Ouganda.

Mais l’an dernier, trois ouvriers métallurgistes de l’Ouganda ont été formés à la production de leur propre « Universel Nut Shellers. » Ces Ougandais opèrent maintenant une petite entreprise produisant les machines qui coûtent environ 90 dollars américains, soit 50 euros chacun.

Henry Masagazi Kato est le directeur exécutif de Full Belly Ouganda. Il a expliqué que les machines sont conçues pour décortiquer l’arachide peu après la récolte. Les agriculteurs ont découvert qu’ils peuvent être modifiés pour décortiquer d’autres produits, y compris les baies de café humide, le karité, la noix de neem et les noix de jatropha.

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Notes aux radiodiffuseurs sur les accords de partenariat économique:

Vers la fin de 2007, alors que la date limite du 31 décembre pour la signature des Accords de partenariat économique (APE) approchait, il y a eu de nombreux rapports dans les médias sur les accords économiques et les arguments pour et contre leurs signatures par les différents pays africains. Comme beaucoup d’entre vous le savent, les APE sont un successeur à la Convention de Lomé – un accord d’aide et de commerce signée par 71 pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) et de l’Europe en 1975. La Convention de Lomé a permis aux pays ACP un accès aux marchés européens sans avoir à payer les taxes douanières, à l’exception d’un petit nombre de produits agricoles, comme le sucre et la viande bovine, qui entrait en concurrence avec les producteurs européens. En 2000, l’Accord de Cotonou a établi un cadre pour les APE avec les différents pays, qui devaient prendre effet en 2008. Les APE devraient ouvrir les marchés des pays ACP aux produits européens.

De nombreuses organisations de la société civile africaine ont exprimé des préoccupations majeures en rapport avec les APE et le principe du libre-échange entre l’Afrique et l’Europe, que les APE veulent promouvoir. En décembre, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest et de la Mauritanie ont déclaré qu’ils ne répondraient pas à l’échéance du 31 décembre, mais qu’ils souhaitaient négocier avec l’Union européenne au cours des 18 prochains mois pour un « véritable instrument de croissance et de développement ». Pendant ce temps, un certain nombre de pays d’Afrique de l’Est et d’Afrique Australe, ainsi que le Ghana et la Côte d’Ivoire, ont choisi de signer des accords de partenariat économique, avec des dispositions particulières pour protéger certains produits contre la concurrence européenne.

Comme le reportage d’Idy Sy Diop l’indique, les agriculteurs sénégalais craignent que les APE ne permettent l’importation de produits européens à bas prix qui pourraient entrer en concurrence avec leur production locale. Vous pouvez faire des recherches sur la situation dans votre propre pays ou votre zone de diffusion en vous posant les questions suivantes :
- Est-ce que votre gouvernement à signé les APE avant la date limite du 31 décembre?
- Si oui, quelles sont les produits locaux qui bénéficient d’une protection spéciale et que signifie cette protection? Quels produits locaux sont vulnérables à la concurrence européenne?
- Si non, quelles en sont les répercussions pour les producteurs locaux qui exportent vers l’Europe? Quel est le plan gouvernemental de négociation d’un accord avec l’Europe?
- Qu’est-ce que les agriculteurs de votre région savent à propos des APE, et qu’ont-ils besoin de savoir?
- Que font les petits agriculteurs et les associations d’agriculteurs afin de s’adapter à l’évolution de l’environnement commercial?

Deux liens Internet susceptibles de vous intéresser sont:
- Un communiqué de presse de l’Union européenne, daté du 11 janvier, sur le statut des APE (comprenant une liste de pays qui ont signé les accords et les dispositions de ces accords): http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=MEMO/08/15&format=HTML&aged=0&language=FR&guiLanguage=fr

- Un clip-vidéo du rappeur sénégalais Didier Awadi qui chante « On ne signe pas! ». Awadi chante en français, en anglais et en wolof: http://www.awadimusic.com/

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Notes aux radiodiffuseurs sur les variétés de mil:

Il y a de fortes chances que la plupart des agriculteurs aient une certaine expérience avec les essais de semences - qu’il s’agisse simplement d’une comparaison de leurs récoltes avec celles de leurs voisins ou de l’essai d’une nouvelle variété promue par un agent de vulgarisation agricole. Comme le montre cette histoire, les essais de semences peuvent aider les agriculteurs à découvrir ce qui pousse mieux dans leurs conditions climatiques. Dans le cas des agriculteurs de l’État de Katsina, l’introduction de nouvelles variétés de mil pourrait aider à faire face aux changements climatiques et à prévenir l’appauvrissement des sols, qui causent de mauvaises récoltes.

Vous pouvez envisager d’étudier cette question avec les types d’émissions de radio suivants:
- Une discussion en studio avec des agriculteurs responsables d’associations et des agents de vulgarisation agricole sur le thème de la semence des variétés qui produisent de meilleurs résultats dans votre région.
- Un forum radiodiffusé permettant aux agriculteurs locaux d’appeler et de décrire à l’antenne leurs expériences en matière d’essais de semences ou de semences améliorées.

Vous pouvez également vous référer aux ressources du RRRPD suivantes:
- Cette semaine, le texte radiophonique du RRRPD (Pochette 68, numéro 8, Septembre 2003) propose quelques suggestions sur la façon de comparer les performances de différentes variétés de semences ou de plantes: http://farmradio.org/francais/radio-scripts/68-8script_en.asp
- Un des articles d’ARH numéro 2 sur la manière dont certains agriculteurs ont re-découvert des variétés traditionnelles qui se sont bien adaptées à leur climat local:
http://hebdo.farmradio.org/2007/12/10/1-afrique-la-redecouverte-des-cultures-traditionnelles-aide-les-agriculteurs-a-faire-face-aux-changements-climatiques-agro-radio-hebdo/

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Notes aux radiodiffuseurs sur les pesticides toxiques:

Comme le mentionne cette histoire, le DDT (malgré les conventions qui interdisent sont utilisation) et d’autres produits toxiques sont encore utilisés par les agriculteurs. Ces derniers achètent ces produits sur le marché noir, à bas prix, car ils ne connaissent peut-être pas leurs effets nocifs, ne peuvent pas se procurer d’autres produits moins toxiques ou n’ont simplement pas d’alternatives.

Le DDT ou dichloro-diphényl-trichloroéthane est l’un des 12 polluants organiques persistants (POP) interdits ou strictement réglementés en vertu de la Convention de Stockholm.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, le DDT peut persister dans l’environnement longtemps après son utilisation. Pendant ce temps, le DDT et ses produits de dégradation peuvent contaminer la chaîne alimentaire et s’accumuler dans le tissu adipeux.

Toujours selon l’OMS, on craint que le DDT n’ait des effets à long terme sur la santé humaine. Bien qu’il n’y ait à l’heure actuelle aucun lien direct démontré entre le DDT et un quelconque effet négatif sur la santé de l’homme, des données de plus en plus nombreuses semblent indiquer qu’il pourrait perturber les fonctions endocriniennes et de reproduction. Les pays qui ont ratifié la Convention peuvent continuer à utiliser le DDT pour lutter contre les moustiques qui causent le paludisme, tout en suivant les directives de l’OMS qui stipule une application effective et sécuritaire. Le DDT n’est pas une solution permanente pour lutter contre le paludisme. La Convention encourage donc les pays qui l’ont ratifié à envisager des alternatives au DDT qui sont sécuritaires et abordables.

Vous pouvez envisager de sonder l’opinion de votre auditoire sur l’utilisation des pesticides en leur posant les questions suivantes :

-Quelle sorte de pesticides les agriculteurs de votre région utilisent-il pour protéger leurs récoltes ? Ont-ils recours à des méthodes autres que l’utilisation de pesticides ?

-Est-ce que les agriculteurs de votre région remarquent des effets néfastes sur leur santé et leur environnement à cause des pesticides qu’ils utilisent ou que leurs voisins utilisent ? Si oui, quels sont ces effets et que font-ils pour y remédier?

Vous pouvez aussi consulter les textes radiophoniques du RRRPD qui traitent des effets néfastes des pesticides et des alternatives à l’utilisation de pesticides chimiques :
-Mesures de sécurité pour les insecticides: capsules radio (Pochette 50, Numéro 9
Décembre 1998)
-Messages radio : Peut-on lutter contre les organismes nuisibles sans l’aide des pesticides? (Pochette 72, Numéro 3, Septembre 2004)
-Lutte biologique : réduction naturelle des insectes nuisibles (Pochette 36, Numéro 6
Juin 1995)

Voici des ressources qui expliquent, de façon simple, les conventions internationales sur les déchets et les produits chimiques dangereux :http://www.pic.int/ResourceKit/A_General%20information/d.3Convention%20brochure/UNEP_threeConventions-fraV4.pdf

Pour voir la liste des 12 polluants organiques persistants: http://www.pops.int/documents/pops/default.htm

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