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Agro Radio Hebdo est un service de nouvelles et d'informations pour les radiodiffuseurs en Afrique sub-Saharienne. Ce service est offert par le Radios Rurales Internationales.

Numéro 09

Opsett Media/Africa Farm Bureau effectue des reportages qui font une différence

Voici un extrait d’une entrevue réalisée par Nelly Basilly de Radios Rurales Internationales avec Joshua Kyalimpa, qui travaille pour Opsett Media/Africa Farm Radio Bureau, partenaire de Radios Rurales Internationales.

Radios Rurales : Parlez-nous d’Opsett Media/Africa Farm Radio Bureau.

Joshua : « Opsett Media est une abréviation pour Opinion Setters. Nous avons débuté comme un groupe de journalistes et nous examinons le rôle que nous pouvons jouer dans le développement de notre pays. Nous nous sommes rendu compte que les médias en Ouganda sont très stimulés par le journalisme événementiel. Nous nous demandons par conséquent de quelle façon nous pouvons faire une différence pour dynamiser le développement et la croissance de notre pays? Ce que nous faisons, c’est d’élaborer du contenu et des émissions qui sont orientés vers le développement et d’utiliser les médias pour atteindre cet objectif. Nous n’avons pas notre propre station de radio. Nous utilisons des stations de radio existantes.

La radio est l’un des médias les plus efficaces pour l’Afrique parce que peu de gens savent lire et écrire. À l’heure actuelle, nous avons établi un partenariat avec différentes stations de radio. Par exemple, l’une de ces stations s’appelle Vision Voice Radio. Nous avons élaboré avec elle une émission appelée Harvesting Money. C’est un magazine destiné à améliorer les techniques agricoles. Nous avons des entrevues, nous avons des reportages et nous avons, par exemple, un segment appelé Farmer of the Week, durant lequel nous présentons une agricultrice ou un agriculteur qui peut en inspirer d’autres. Nous ne ciblons pas de très grosses fermes, mais plutôt la petite exploitation agricole. »

Radios Rurales : Durant ce segment, Farmer of the Week, pouvez-vous nous donner l’exemple d’une personne qui avait une histoire intéressante à raconter?

Joshua : « Nous avons produit une histoire avec un groupe d’agricultrices ougandaises qui ont regroupé leurs ressources en main d’œuvre parce qu’elles n’avaient pas les ressources suffisantes par elles-mêmes. Elles ont démarré modestement en commençant par faire pousser des tomates. L’une des femmes du groupe a fourni la terre et les autres la main d’œuvre, afin de pouvoir démarrer la culture des tomates. Elles ont été en mesure d’accroître les rendements de leurs jardins et d’exporter leurs tomates vers le sud du Soudan.

Nous entendons souvent des agriculteurs et des agricultrices nous dire qu’ils n’ont pas le capital. Dans cette histoire, ce qui est donc intéressant c’est que les agricultrices avaient la terre et la main d‘œuvre, qu’elles ont fournies elles-mêmes. Le coût d’achat des semences n’était pas si élevé que cela et elles se débrouillent très bien à l’heure actuelle. »

Radios Rurales : Chez Opsett Media/Africa Farm Radio Bureau, quels sont certains des projets sur lesquels vous travaillez ou espérez travailler dans un avenir rapproché?

Joshua : « Nous travaillons sur un projet qui, je l’espère, améliorera l’agriculture dans notre pays. Ce que nous voulons faire, c’est produire de l’information centralisée. Nous réalisons que nous ne pouvons plus continuer à courir d’une station à une autre. Nous souhaitons produire une émission souscrite sur l’agriculture, qui peut alimenter des stations de radio. Nous sommes à la recherche de partenaires afin d’avoir un petit studio, des ordinateurs et un accès à Internet. Nous voulons produire une émission hebdomadaire de type magazine qui peut être téléchargée. Nous avons différentes idées pour des méthodes de distribution. Dans l’une des propositions, nous disons que vous pouvez distribuer l’émission par ligne téléphonique, si bien que les gens peuvent appeler et obtenir l’information. Cette émission serait produite dans la langue locale afin de pouvoir cibler les agriculteurs qui ne parlent pas l’anglais. »

Les émissions que produit actuellement Opsett Media/Africa Farm Radio Bureau sont en anglais et en luganda, langue qui est parlée dans la région centrale en Ouganda.

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Salutation cordiale à tous !

Alors qu’Agro Radio Hebdo entame son troisième mois de publication, nous sommes ravis de voir comment la communauté ARH s’est développée. Nous vous remercions tous pour votre intérêt et votre participation à ce service, en particulier ceux qui ont pris le temps de partager des idées et des informations.

Cette semaine, nous poursuivons notre série sur les conflits et la sécurité alimentaire avec un regard sur la façon dont les agriculteurs et les commerçants au Libéria travaillent à la reconstruction du secteur agricole suite à la guerre civile. Nous avons également un article très spécial dans la section Les Actions du RRRPD. Aggrey Omondi est le coordonnateur exécutif de l’Ugunja Community Resource Centre. L’Ugunja Community Resource Center est un partenaire du RRRPD qui écrit souvent des textes radiophoniques pour les pochettes que nous envoyons aux partenaires du Réseau. Omondi a écrit un commentaire sur les causes et les solutions possibles au conflit dans son pays. Nous vous proposons un lien vers cet article qui a paru dans Pambazuka News.

Nous sommes également heureux de vous présenter deux histoires qui démontrent à quel point les femmes d’Afrique de l’Ouest demeurent partie intégrante de la production de céréales de base – et restent à la fine pointe de la culture commerciale du marché.

Ces histoires nous rappellent que la Journée internationale des femmes approche à grand pas. Agro Radio Hebdo publiera une édition spéciale dans la première semaine de mars, mettant en lumière le rôle des femmes africaines dans l’agriculture à petite échelle. Nous vous invitons à partager les histoires des agricultrices dans votre région avec la communauté ARH!

Nous vous rappelons qu’il y a toujours plusieurs façons de partager vos idées avec la communauté et l’équipe d’ARH. Vous pouvez laisser un commentaire sur le site Web d’ARH http://farmradio.org/francais/weekly/. Ou, vous pouvez nous envoyer un courriel directement à farmradioweekly@farmradio.org.

Bonne lecture!

-L’équipe d’Agro Radio Hebdo

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Cette semaine dans Agro Radio Hebdo:

Dépêche de Nouvelles Agricoles Africaines

1. Liberia: Les agriculteurs reconstruisent le secteur agricole après la guerre civile (allAfrica.com)
2. Mali: Les femmes commerçantes jouent un rôle crucial dans la fourniture de semences adaptées localement (L’Institut International de Recherche en Politique Alimentaire)
3. Burkina Faso : Les productrices de coton et de karité s’enchantent de l’engouement occidental pour les produits « bio » (Agence France-Presse)

Évènement à venir

-15 mars 2008 – Date limite pour soumettre un texte radiophonique pour le concours de rédaction radiophonique sur les changements climatiques

Banque de ressources pour la radio

-Un modèle de viabilité financière pour les stations de radios communautaires en Afrique australe

Les actions du RRRPD

-Un des partenaires du RRRPD publie un commentaire sur les causes de la violence au Kenya

Le texte radiophonique du RRRPD de la semaine

-Les femmes rurales transforment et vendent du beurre de karité en milieu rural

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1. Liberia: Les agriculteurs reconstruisent le secteur agricole après la guerre civile (allAfrica.com)

En observant ses champs de riz, de bananes plantains et de légumes racines, Lincoln Yeneken remarque l’amélioration de sa terre qui était en jachère il y a trois ans. Comme beaucoup d’autres agriculteurs, M. Yeneken et sa famille ont dû quitter leur maison pendant la guerre civile du Libéria. La paix a apporté la possibilité de retourner, et le défi de la reconstruction des moyens d’existence à partir de rien. Dans le village de Zolowee au nord du Libéria, une des régions de productions vivrières du pays, M. Yeneken a commencé avec un petit jardin de plantes qu’il connaissait bien. Aujourd’hui, sa terre produit suffisamment pour que sa famille mange à sa faim. Les poissons du ruisseau et le gibier sauvage de la brousse fournissent également de la nourriture et des revenus.

James Logan est le ministre adjoint de l’agriculture au Libéria. Il dit que le gouvernement reconnaît que la reconstruction de l’agriculture sera déterminante pour la reconstruction de l’économie du pays. Alors que plus d’un million d’anciens réfugiés retour sur leurs terres, le secteur agricole est nécessaire pour assurer l’alimentation et l’emploi.

Alors que des agriculteurs comme M. Yeneken mettent l’accent sur la survie de leurs familles, le gouvernement encourage les agriculteurs à aller au-delà de l’agriculture de subsistance, pour produire de la nourriture supplémentaire à vendre ou pour emmagasiner des graines de semences.

Mais les agriculteurs qui s’efforcent de reconstruire leurs cultures doivent le faire sans le soutien dont ils bénéficiaient avant la guerre.

Lusu Sloan est la présidente du Liberia Marketing Association. Elle dit que, avant la guerre, les agriculteurs avaient accès à des prêts de microcrédit. Ils pouvaient emprunter de l’argent pour acheter des engrais et des outils agricoles, et rembourser les prêts quand ils ont récolté leurs cultures. Les petites banques autorisaient également les agriculteurs et les commerçants à ouvrir des comptes d’épargne.

Sans accès à des comptes d’épargne et au0 crédit, les agriculteurs sont limités dans leur capacité d’acheter des intrants et d’accroître leurs productions. Les routes sont un autre obstacle. Dans une grande partie du Libéria, le réseau routier a été détruit pendant la guerre - soit délibérément ou par négligence. Le gouvernement fédéral affirme qu’il a un plan visant à reconstruire les routes. Mais, en même temps, l’accès à des outils agricoles et l’obtention de récoltes sur les marchés sont une lutte constante.

Malgré tous les obstacles, le secteur agricole est en convalescence. Pendant des années, le Libéria importait du riz. Mais l’année dernière, les agriculteurs libériens ont produit suffisamment de riz pour satisfaire la demande pour la nourriture de base.

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2. Mali: Les femmes commerçantes jouent un rôle crucial dans la fourniture de semences adaptées localement (L’Institut International de Recherche en Politique Alimentaire)

C’est tôt le matin dans un village malien. Alors que le soleil se lève, les commerçantes se préparent pour le marché hebdomadaire. Une femme étale un tissu sur le sol et organise sa marchandise. Elle a quelques seaux de grains à vendre, qui proviennent de la ferme de sa famille. D’autres commerçants, pour la plupart des femmes, se regroupent à proximité. Au cours des prochaines heures, les petites commerçantes céréalières vont vendre le mil et le sorgho à des fermiers locaux. La plupart utiliseront leurs gains pour acheter des légumes et des épices. Alors qu’elles effectuent leurs affaires, les commerçantes jouent également un rôle crucial dans le système agricole de leur communauté.

L’Institut International de Recherche en Politique Alimentaire ou IFPRI a découvert l’importance de la femme commerçante de semences quand il a entrepris d’étudier comment les variétés de céréales - considérées par l’IFPRI comme des ressources génétiques vitales - sont distribuées. Cet institut a mis l’accent sur le mil et le sorgho au Mali parce que ceux-ci représentent les cultures vivrières les plus importantes du pays.

Les agents de l’IFPRI ont constaté que, contrairement aux gros commerçants, les petites commerçantes vendent habituellement des céréales qui ont été lavées et équeutées à la main. Et contrairement à des commerçants qui achètent et revendent le grain de nombreux agriculteurs, les petites commerçantes ont des informations essentielles sur leur produit. Étant donné que le mil et le sorgho proviennent de leurs propres fermes, elles comprennent bien leurs qualités et comment ils grandissent.

Les agriculteurs maliens ne se tournent généralement pas vers le marché des semences de céréales. Mais quand ils le font, c’est par nécessité. Généralement, les agriculteurs enmagasinent une partie de leur graines ou échangent des semences avec leurs voisins. Mais des années de sécheresse ou de dommages dus aux ravageurs peuvent épuiser leurs approvisionnements. Ils peuvent aussi se tourner vers le marché si la faiblesse des précipitations cause l’échec de la saison.

Les petites commerçantes commercialisent des semences qui se sont adaptées à l’environment aride du Sahel. Les agriculteurs qui cherchent à acheter les graines ont besoin de savoir précisément d’où proviennent les semences de céréales parce que certaines graines ne poussent que dans une zone de 50 kilomètres.

Les femmes commerçantes apportent leurs connaissances sur le marché, en plus de leurs graines. Celles connues pour avoir une expertise particulière sont très recherchées par les agriculteurs. Elles vendent leurs graines à un meilleur prix.

Alors que le soleil commence à se coucher sur les marchés des villages du Mali, les commerçantes ramassent leurs biens et commencent le voyage du retour. Le commerce qu’elles ont fait les aidera à préparer des repas pour leurs familles - et cela leur permettra d’assurer la viabilité de l’agriculture locale.

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